A force de jouer avec le feu, la Fiorentina risque sérieusement de se brûler. "Errare humanum est, perseverare diabolicum", dit d’ailleurs la locution latine. Soit littéralement : "L’erreur est humaine, persévérer est diabolique". Après un maintien obtenu au terme d’une longue agonie la saison dernière, la Viola est encore en danger aujourd’hui. Comme si les tifosi n’en avaient pas assez bavé. Avec 29 points, l’équipe de Cesare Prandelli, de retour à Florence en novembre dernier pour succéder à Beppe Iachini, n’en a que sept d’avance sur la zone rouge.
Et la dynamique n’est pas vraiment des meilleures, malgré une belle victoire à Benevento (1-4) il y a une dizaine de jours, signée directement du très prometteur Dusan Vlahovic, auteur d’un triplé. Mais pas que. Attendu comme la bouée dans cette mission sauvetage, Franck Ribery avait lui aussi brillé, délivrant notamment une passe décisive. Une semaine plus tard, contre l'AC Milan, le Français a récidivé en marquant son deuxième but de la saison. Pas assez pour permettre aux siens de l'emporter (2-3). Mais avec lui, cette "mission maintien" a plus de chances d'aboutir. Un objectif par vraiment dans les standards de la carrière du Français. "Mais tous unis, on peut y’arriver", a-t-il récemment écrit sur les réseaux sociaux, comme focalisé sur une mission qu’il prend à cœur après une saison pas vraiment des plus simples.

Blessures et tristesse

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En privé, Franck Ribéry ne s’en cache pas. Le public lui manque. Beaucoup. "C’est un joueur de classe mondiale qui a fait les plus beaux stades du monde et qui a tout connu sans sa carrière, nous confie-t-on du côté de la Fiorentina. Ici, à Florence, les tifosi ont eu un coup de foudre pour son jeu et sa classe. Depuis que les stades sont à huis clos, il y a forcément un peu de spleen. Il lui manque quelque chose." Emporté par la foule, l’ex-Kaiser du Bayern Munich a toujours eu cette capacité à la transcender. Et vice-versa. Même quand celle-ci n’est pas acquise à sa cause.
Un jour de septembre 2019, c’est tout San Siro qui s’était levé après son récital face à l’AC Milan. Touché, reconnaissant, Ribéry s’en était ému avant de remercier la Scala par un applaudissement. A 37 ans, le public est évidemment source de motivation. Un regard vers les tribunes et l’âge disparaît, comme un endroit où puiser des forces pour effacer toutes les limites. Mais vides, elles ne dégagent que tristesse et morosité. Comme beaucoup de sportifs l’ont confié, notamment dans le monde du tennis, Ribéry en souffre aussi. Son amour pour le football, inconditionnel depuis le début de sa carrière, y survit mais en souffre.
Comme si cela ne suffisait pas, l’ancien international français a également connu plusieurs blessures cette saison. Au total, il a manqué une dizaine de matches avec la Fiorentina. C’est moins que l’an passé, où son opération à la cheville lui avait fait manquer quinze rencontres. Au niveau comptable, Ribéry a disputé 21 matches de championnat cette saison, pour un bilan de six passes décisives et deux buts. Le maintien de son équipe passera également par ses réalisations. Ensuite, il sera temps de se pencher sur la question épineuse de son avenir.

Un avenir, trois options

En fin de contrat, Franck Ribéry ne manquera certainement pas d’opportunités l’été prochain. Il y a quelques jours, le quotidien italien La Nazione, basé à Florence, en évoquait trois. La première, évidemment, serait celle d’une prolongation avec la Viola. Ribéry, c’est un peu l’œuvre d’art apporté par le sulfureux président du club italien Rocco Commisso au moment de se présenter à la ville de Dante Alighieri (entre autres) en 2019. L’homme d’affaires italo-américain va-t-il la laisser lui glisser des doigts aussi facilement ? La possibilité est réelle. En effet, la priorité des dirigeants florentins serait celle de prolonger Vlahovic, considéré comme un diamant brut et d’ores et déjà très prisé sur le marché. Le départ du Français aurait un avantage pour la Fiorentina : économiser son salaire de 4 millions d’euros. Pas des miettes dans ce contexte économique difficile.

Franck Ribéry (Fiorentina)

Crédit: Getty Images

La deuxième option considérée par La Nazione, ce serait un départ de "FR7". Et il est aujourd’hui fort probable selon l’ensemble de la presse transalpine. Sa future équipe serait même déjà connue, puisque Monza, actuellement en Serie B et dont le propriétaire est un certain Silvio Berlusconi, ferait le forcing pour le convaincre. Son ami Kevin-Prince Boateng, qui évolue au sein du club lombard, jouerait les négociateurs. Mario Balotelli chercherait lui aussi à le convaincre en le "harcelant" de messages. Son transfert aurait toutefois une condition : une montée en Serie A en fin de saison.
Enfin, dernière possibilité selon le quotidien, considéré proche de la Fiorentina : une prolongation d’une année seulement. Une sorte de juste milieu pour un joueur qui fêtera ses 38 ans en avril prochain. "Mais le choix du futur entraîneur de la Viola sera décisif dans ce dossier", précisait La Nazione. "Il est trop tôt pour parler de mon avenir, ma priorité est actuellement la Fiorentina", a quant à lui annoncé l'intéressé à Sky jeudi. La balance a beau pencher pour un départ, les jeux ne sont pas encore faits.
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