Voilà, c'est fini. Ou presque. Dimanche soir, aux alentours de 22h30, le rideau sera définitivement tiré sur la saison italienne, une nouvelle fois riche en rebondissements en tout genre. Du dix-neuvième scudetto de l'Inter aux deux matches perdues sur tapis vert par l'AS Rome, de l'altercation Lukaku-Ibrahimovic aux insultes Agnelli-Conte... Il y en aura eu pour tous les goûts. Comme souvent avec un pays décidément bien à part dans son rapport avec le ballon rond. Mais avant le clap de fin, place aux derniers verdicts. Il en reste officiellement deux. Dimanche soir, l'AS Rome et Sassuolo vont notamment se battre pour décrocher le ticket valable pour la nouvelle Ligue Europa Conférence.
Mais tous les yeux seront probablement rivés sur l'autre enjeu de la soirée. Et il sera majeur, puisqu'il s'agit des deux dernières places pour la prochaine édition de la Ligue des champions. Problème, les prétendants sont trois. Et pas des moindres : l'AC Milan (76 points), le Napoli (76 points) et la Juventus (75 points). Si cette dernière est en moins bonne posture, elle peut compter sur un déplacement à priori plutôt simple à Bologne. Du moins sur le papier. Même chose pour le Napoli, qui reçoit une équipe du Hellas Vérone sans réel objectif.
Serie A
Une "banderole honteuse" : Hysaj visé par des supporters d'extrême droite à la Lazio
20/07/2021 À 10:37
Les Rossoneri, incapables de battre Cagliari (0-0) dimanche dernier pour se mettre à l'abri, seront eux en grand danger. Sans Zlatan Ibrahimovic, blessé, ils ont rendez-vous sur le terrain de l'Atalanta Bergame (78 points), deuxième au classement, déjà qualifiée pour la prochaine C1 mais qui compte bien défendre sa place de dauphin. Dimanche soir, les trois équipes concernées ont en tout cas rendez-vous avec leur destin. Comme dans une partie de poker qui touche à sa fin, toutes vont faire tapis.

Les forces

AC Milan : Il y a deux saisons, le club lombard avait perdu le train pour la Ligue des champions pour un seul petit point à la dernière journée. Mais à l'époque, il n'avait pas son destin entre les mains, puisque tout dépendait des scores du voisin intériste, finalement vainqueur contre Empoli, et de l'Atalanta, qui s'était extirpée du piège Sassuolo. Cette fois, et même si le déplacement est périlleux, l'équipe de Stefano Pioli est consciente que tout repose sur ses épaules. Autre différence majeure : la cohésion et l'unité sont totales en interne. Tout l'inverse de 2019. Sur le terrain, et même si la deuxième partie de saison a été plus difficile que prévue, Milan a toujours répondu présent dos au mur. Et les Rossoneri ont battu toutes les grosses écuries au moins une fois : Inter, Naples, Juve, Roma, Lazio. Il n'en manque plus qu'une : l'Atalanta. A l'extérieur, le rendement est d'ailleurs impressionnant : 18 matches, 15 victoires, 1 nul et 2 défaites. Soit 46 sur les 76 au compteur.
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Napoli : Depuis le retour de Victor Osimhen sur le terrain, l'équipe de Gennaro Gattuso est une machine à marquer. Au total, elle a inscrit pas moins de 19 buts lors des six dernières journées. Devant, ça va vite. Très vite. La ligne d'attaque, composée du trio Insigne-Zielinski-Politano derrière l'ex-buteur du LOSC, est un facteur décisif cette saison. En cas de besoin, Mertens et Lozano ne sont jamais bien loin. Au milieu, Fabian Ruiz a retrouvé de sa superbe. L'Hellas Vérone, vainqueur lors de la confrontation aller, trouvera un tout autre Napoli dimanche soir. Cette défaite, d'ailleurs, a été vécue comme un déclic du côté du club parthénopéen.
Juventus : Même s'il ne vit pas vraiment sa meilleure période sous les couleurs de la Juventus, Cristiano Ronaldo reste bien évidemment une arme de choix pour la Vieille Dame, lui qui a marqué son 100e but la semaine passée. Federico Chiesa, l'un des joueurs les plus réguliers cette saison et récemment revenu de blessure, aussi. Sous pression dimanche, la Vieille Dame, qui va devoir jeter un œil du côté de Naples et Bergame, a également l'expérience pour gérer la pression et ne pas se laisser déborder par l'enjeu. Il faudra gagner en attendant des bonnes nouvelles. Bien que trop souvent décevante cette saison, la Juve en est largement capable.

Les faiblesses

AC Milan : Dans le football, on pourrait diviser les matches en deux catégories différentes : ceux qu'il faut jouer, et ceux qu'il faut gagner. Dimanche, Milan devait l'emporter face à Cagliari. Raté. Trop souvent en seconde partie de saison, les Rossoneri ont joué. Mais pas gagné, notamment contre des blocs bas et regroupés (Parme, Udinese, Sampdoria...). Bonne nouvelle : l'Atalanta n'est pas vraiment du genre à attendre. Les Rossoneri devront également faire preuve de sang froid devant le but. Ils s'y sont montrés trop tendres à bien des reprises. Enfin, en l'absence de Zlatan, des leaders techniques sont attendus au tournant. Calhanoglu, Bennacer, Hernandez, Kessié, Rebic... Il va falloir prendre le relais. Contre Cagliari, c'est probablement ce qu'il a manqué. Quelqu'un doit prendre les choses en mains et indiquer la voie à suivre. Après, il sera trop tard.
Napoli : L'absence de Kalidou Koulibaly a parfois tendance à se faire ressentir derrière. L'international sénégalais est le vrai patron de la défense napolitaine. Kostas Manolas connaît souvent des absences malgré les qualités qu'on lui connaît. Amir Rrahmani, lui, est en progrès mais affiche toujours certaines lacunes. Lors des huits derniers matches, les hommes de Gennaro Gattuso n'ont gardé que trois fois leur cage à zéro. Sur le côté gauche, Elseid Hysaj peut lui aussi poser quelques problèmes. De la concentration, de l'attention et de la précision : voilà ce qu'il faudra aux Napolitains dimanche pour ne pas jouer à se faire peur face à l'Hellas.
Juventus : Cette saison, la Juve a affiché de gros problèmes dans le jeu. L'identité de cette équipe reste très précaire. Il a souvent régné comme un sentiment d'improvisation lors des matches, comme si les joueurs ne savaient pas vraiment quoi faire avec le ballon ou même sans. On a souvent eu le sentiment de voir onze individus plutôt qu'une équipe cohérente et liée par ce fil conducteur et invisible si cher à Arrigo Sacchi. La mentalité a également fait défaut, notamment dans l'approche de certaines rencontres. Avec la Juve, tout peut changer d'un match à l'autre. Un coup oui et un coup non. Face à Bologne, la Vieille Dame devra montrer son plus beau visage.

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La forme du moment

AC Milan : Après les victoires éclatantes en trois jours à Turin, d'abord face à la Juve (0-3) puis face au Torino (0-7), tout portait à croire que la C1 était (quasi) en poche. Milan semblait avoir retrouvé de l'élan après la claque reçue face à la Lazio Rome (3-0). Oui mais voilà, ce nul face à Cagliari a donc tout changé, de l'humeur des tifosi à l'ambiance autour du club. Stefano Pioli peut toutefois avoir un motif de satisfaction : l'infirmerie est presque déserte, hormis pour les blessés Ibrahimovic et Gabbia. L'entraîneur milanais aura donc plusieurs cordes à son arc.
Napoli : Gennaro Gattuso et ses joueurs sont sur leur lancée. Et à vrai dire, personne ne semble pouvoir les arrêter. Lors des six derniers matches, le Napoli en a remporté cinq. L'unique petite erreur de parcours remonte au 2 mai dernier, concédée à la dernière minute face à Cagliari (1-1). Des trois équipes en jeu pour la C1, c'est bien celle napolitaine qui est le plus en forme. La rencontre la plus compliquée était celle face à la Fiorentina ? Elle s'est transformée en victoire (0-2) dimanche dernier après une seconde période impeccable. La coupe aux grandes oreilles tend les bras aux Azzurri.
Juventus : On le sait, tout va toujours très vite dans le foot. Après sa défaite face à Milan, tout semblait fini pour la Juve. Quinze jours plus tard, la voilà avec trois victoires de rang et un trophée en plus avec le succès en Coupe d'Italie face à l'Atalanta mercredi soir. Autour de Pirlo, vainqueur de deux trophées cette saison (avec la Supercoupe d'Italie, ndlr), le vent a également tourné ces derniers jours, au point qu'une deuxième chance pourrait lui être accordée en cas de C1. Les Bianconeri ont retrouvé le sourire et pourraient surfer sur cette euphorie pour bien finir la saison. Les 45 dernières minutes de mercredi ont même été parmi les plus convaincantes cette saison, tant dans le jeu que dans l'implication.

Enjeux et conséquences

AC Milan : 11 mars 2014. Voilà la date du dernier match des Milanais en Ligue des champions. L'ultime buteur ? Un certain Ricardo Kakà, c'est dire... Depuis, le septuple vainqueur de la compétition n'y a plus remis les pieds. Dimanche, Théo Hernandez et ses coéquipiers ont l'occasion de mettre fin à sept ans de cauchemar et d'agonie pour les tifosi. Une qualification en C1 serait capitale pour la suite du projet sportif. Il suffit de prendre l'exemple de l'Inter. En trois saisons, la Beneamata a fait son retour dans la compétition reine, recruté un entraîneur de renom, investi sur le mercato et enfin remporté le scudetto. Un chemin long, parfois sinueux mais toujours payant. Et tout a commencé le 20 mai 2018 après une victoire à l'arraché sur le terrain de la Lazio (2-3), synonyme de qualification en Ligue des champions. Voilà qui changerait la vie à l'AC Milan. Celle de Gianluigi Donnarumma, en fin de contrat, aussi.
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D'un point de vue financier, le club lombard encaisserait environ une cinquantaine de millions d'euros en plus selon les médias italiens. Cent millions avec la réouverture des stades. Toutefois, en cas de raté, les finances ne seraient pas en danger. Depuis plusieurs mois, et même avant la pandémie de Covid-19, Milan a soigné ses pertes. Elles devraient même passer sous la barre des 100 millions d'euros (95 exactement), contre -195 millions en juin 2020 selon la presse transalpine. La masse salariale du club est également "raisonnée", puisque Zlatan est le joueur le mieux payé avec 7 millions d'euros par an. Morale de l'histoire : Si Milan ne se qualifie pas en C1, on parlerait d'un énorme échec sportif (champion d'hiver, quand même...) mais pas d'une catastrophe financière.
Napoli : Côté sportif, le Napoli a effectué une sacrée "rimonta" (la "remontada" version italienne) au classement. Un temps oublié pour le top 4, l'équipe de Victor Osimhen a su y faire un retour flamboyant. Autant dire que craquer à quelques mètres du but n'est pas vraiment dans les plans. Mais même en cas de qualification, Gennaro Gattuso devrait faire ses valises, lui qui est plus ou moins en froid avec son président Aurelio De Laurentiis. Rien ne semble pouvoir le faire changer d'avis. Pour le remplacer, les noms de Luciano Spalletti et Christophe Galtier sont notamment évoqués de l'autre côté des Alpes.
"La qualification en C1 pourrait rapporter entre 50 et 60 millions d'euros au club", rapportait Il Mattino, quotidien de Naples, jeudi. Dans le contexte actuel économique actuel, difficile pour tous les clubs, il s'agirait probablement d'un grand bol d'air pour le club napolitain, qui ne s'est plus qualifié en Ligue des champions depuis la saison 2018-2019 et qui a dépensé 70 millions d'euros (+ 10 de bonus) l'été dernier pour recruter Osimhen.
Juventus : Personne n'aurait imaginé une saison aussi difficile pour la bande à Pirlo. Si l'hégémonie était amenée à se finir un jour ou l'autre, envisager la Juve potentiellement en dehors du top 4 n'était pas vraiment dans les plans. Si cela venait à se confirmer après la dernière journée, l'échec sportif serait considérable. Pour l'image du club et du président Agnelli aussi, lui qui était à l'origine du projet Super Ligue. Officiellement, d'ailleurs, la Vieille Dame y est toujours engagée aux côtés du Real Madrid et du Barça.

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Côté finances, la nouvelle serait également considérée comme un désastre pour le club à la plus grande masse salariale (236 millions d'euros). Par exemple, Cristiano Ronaldo touche un salaire net de 31 millions d'euros. On retrouve ensuite De Ligt (8M), Dybala (7,3M), Rabiot et Ramsey (7M). Si l'on imaginait le onze le mieux payé de Serie A, la Juve y compterait 7 joueurs. C'est une équipe façonnée sur-mesure pour la C1. Selon les médias transalpins, une éventuelle non-qualification de la Juve en C1 impacterait les caisses à hauteur de 90 millions d'euros. Les sponsors pourraient également se manifester. Par exemple, le contrat avec Jeep, estimé à 45 millions d'euros, prévoirait un malus de 2 millions d'euros en cas de manquement à la C1. Adidas aurait également inclus une clause lui permettant de réduire le versement du montant "de sa part fixe". "Pour la Juve, la C1 représente 790 millions d'euros depuis 2012-2013", écrivait récemment La Gazzetta dello Sport.
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