En France, la "solitudine" ne peut que ramener immédiatement à la célèbre chanson des années 90 signée Laura Pausini. L'artiste italienne y racontait alors les peines de cœur d'une adolescente en pleine détresse après le départ d'un certain Marco, "parti sans jamais revenir". Si Cristiano (Ronaldo), lui, file toujours le parfait amour avec sa compagne Georgina Rodriguez, son histoire avec la Juve a pris du plomb dans l'aile depuis quelques semaines.
Et c'est ainsi que La Gazzetta dello Sport a parlé d'une vraie "solitudine" (solitude en français, ndlr) dans son édition de vendredi. Très attaché à ses statistiques personnelles, le quintuple Ballon d'Or n'a pas à rougir de celles affichées cette saison (32 buts en 39 matches toutes compétitions confondues). Mais problème, le voilà en pleine disette depuis... trois matches. Et plus exactement 347 minutes. Ce n'est peut-être rien pour vous, mais pour lui c'est déjà beaucoup. Surtout que c'est une première depuis novembre 2017. En Italie, c'est toutefois l'attitude de l'ex-joueur du Real Madrid qui fait jaser. Comme absent, il a traversé les derniers matches comme un fantôme.
Serie A
Ronaldo est de retour à Turin et devrait y rester
26/07/2021 À 14:25
"Contre la Fiorentina, il semblait littéralement résigné et moins combatif, écrivait La Gazzetta dello Sport vendredi (...) Si la nervosité et la colère ne sont pas nouvelles dans sa carrière, Ronaldo ne cherche plus à les cacher et les effacer avec un geste ou un message. Sur le terrain, ce n'est plus le même. Pour son rendement et pour son attitude." Face à Parme, le 21 avril dernier, CR7 avait par exemple écopé d'un carton jaune totalement inutile en expédiant de colère le ballon dans les tribunes de l'Allianz Stadium à la fin de la rencontre. Comme pour évacuer toute sa frustration du moment.
Dimanche dernier, rien ne s'est vraiment arrangé. Face à la Viola, le Portugais a manqué un but tout fait dans le deuxième acte. De quoi symboliser la période qu'il traverse actuellement. Frustré, nerveux, triste ou même bougon : la forme peut varier. Mais pas le fond. Cristiano Ronaldo traverse presque une période de mal-être. Et il ne s'en cache pas vraiment, s'en prenant régulièrement à ses coéquipiers pour une passe ratée ou un appel oublié. L'épisode du maillot jeté par terre après Juve-Genoa a également fait réagir, même s'il était destiné à un ramasseur de balles derrière le but. L'intention était bonne, la manière de faire un peu moins.
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C'est un grand individualiste
Forcément questionné sur la mauvaise passe de son joueur, Andrea Pirlo a manié le chaud et le froid. Pour au final obtenir du tiède : "Il veut toujours gagner et apporter sa contribution à l'équipe, confiait l'entraîneur de la Juve après la victoire face à Parme. Pour lui, c'est important d'aider ses coéquipiers à remporter un match. Cristiano souhaite toujours donner le maximum et ses réactions sont normales. Il est énervé aussi quand il perd." Et la star portugaise ne s'attendait probablement pas à une telle saison des siens, qui s'apparente parfois à un long chemin de croix. Si la destination finale demeure inconnue, une certitude : l'hégémonie de la Juve va se terminer.
Après neuf scudetti de suite, la Vieille Dame s'apprête à remettre sa couronne à l'Inter Milan des deux anciens de la maison Giuseppe Marotta et Antonio Conte. Autant dire le pire scénario possible et imaginable. Du projet rajeunissement entamé l'été dernier au choix prématuré de miser sur Pirlo, les raisons de cette saison tourmentée sont nombreuses. Et la méforme actuelle de CR7 n'en est donc pas la cause, mais plutôt l'ultime conséquence à la médiatisation énorme. Quand on s'appelle Cristiano Ronaldo, difficile qu'il en soit autrement.

Victime du plan bancal de la Juve : Comment Ronaldo est pris au piège

Ancien joueur de la Juve, Massimo Mauro, lui, ne s'est pas montré tendre avec le quintuple Ballon d'Or. "Il n'a jamais été un leader là où il a joué et il ne le sera jamais, confiait-il à La Gazzetta dello Sport (...) Il est comme une entreprise et son chiffre d'affaires est plus important pour lui que le succès de l'équipe. Cristiano Ronaldo ne traîne pas ses coéquipiers avec lui, il veut toujours qu'ils lui donnent le ballon pour marquer des buts. C'est un grand individualiste, il n'est pas un joueur d'équipe. Du point de vue des résultats, la Juventus avec lui n'a pas fait mieux que par le passé, ils ont même fait pire en Ligue des champions."
Si la première partie de son propos est largement discutable, celle finale relève du factuel. Avant son arrivée en 2018, la Juve venait de disputer deux finales de C1 en deux ans (2015, 2017). Avec lui, le bilan est moins glorieux : un quart de finale et deux huitièmes en trois ans. Et surtout des éliminations face à l'Ajax Amsterdam, l'OL et Porto... Mais Ronaldo, lui, a inscrit sept buts lors des huit matches à élimination directe. En 2019, il élimine à lui tout seul l'Atlético Madrid avec un triplé au match retour. Peut-être que certains ont trop rapidement résolu l'équation : Cristiano Ronaldo = victoire en C1. Les dirigeants de la Juve en premier. Autour de lui, la qualité technique a grandement diminué. Les entraîneurs ont également défilé. Son rendement a toujours été plus ou moins constant : 28 buts sous Allegri, 37 avec Sarri et donc 32 depuis Pirlo. Mais l'heure des bilans viendra plus tard.

"Isolé" en pleine révolution

Aujourd'hui, le club piémontais est dos au mur. Il lui reste cinq matches pour sauver les meubles et décrocher une qualification en C1, primordiale pour bien des raisons, économiques comme sportives. Dans un moment aussi charnière, Cristiano Ronaldo reste bien évidemment le joueur le plus attendu. Même s'il n'a plus vraiment l'habitude de jouer les seconds rôles, celui qui touche un salaire net de 31 millions d'euros est invité à retrouver de la "motivation", comme l'écrivait la presse italienne cette semaine.
"Mais il s'est aujourd'hui éloigné de ses coéquipiers, même en dehors du terrain, révélait le quotidien italien. Soyons clairs : CR7 a toujours été une star et il est plus ou moins obligé de vivre comme une star : en dehors des entraînements, il n'a pas trop de contacts avec ses coéquipiers. Mais cette tendance s'est accentuée après l'élimination de la Ligue des champions face à Porto. Il est comme isolé." En coulisses, la Juve se préparerait quant à elle à une révolution. Du terrain jusqu'aux bureaux.
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Si Andrea Pirlo pourrait avoir quelques chances de rester en cas de qualification en Ligue des champions, le retour de Massimiliano Allegri est une possibilité concrète selon l'ensemble des médias transalpins. Après 18 trophées en 11 ans, le directeur sportif Fabio Paratici pourrait être remercié. Le même sort n'est pas à exclure pour le vice-président Pavel Nedved. Président depuis 2010, Andrea Agnelli, dans la tourmente après l'épisode de la Super Ligue, est lui annoncé comme possible partant. Au point que le nom de son possible successeur a déjà fuité : Alessandro Nasi. Dans ce vent nouveau qui souffle du côté de la Continassa (lieu où se trouve le centre d'entraînement de la Juve), Cristiano Ronaldo pourrait lui aussi être emporté.

Et maintenant, quel avenir ?

Sous contrat jusqu'au 30 juin 2022 avec les Bianconeri, le Portugais aurait d'ailleurs récemment missionné son agent Jorge Mendes. L'objectif est simple : lui trouver une porte de sortie pour l'été prochain. Pas forcément de quoi déplaire à la Juve, qui pourrait ainsi se libérer de l'énorme salaire de son attaquant et probablement se dégager une marge de manœuvre pour poursuivre la refonte de son effectif. Officiellement, la position est tout autre : "Il est le meilleur joueur du monde et il va rester avec nous", déclarait Fabio Paratici en mars dernier. Vraiment ? Malgré sa sale période, Ronaldo reste évidemment l'une des armes absolues de cette Juve. Il lui a même souvent sauvé la mise dans des moments difficiles. Toutefois, si une solution convenable venait à être trouvée entre toutes les parties concernées, un départ ne peut être totalement écarté l'été prochain.
Un temps évoqué, un incroyable retour au Real Madrid semble aujourd'hui écarté. Mais pas encore celui à Manchester United, de nouveau évoqué vendredi dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. "United a un entraîneur avec qui il s'entend bien (Solskjaer), des ressources économiques pour absorber son énorme salaire, un rôle de partenaire aux côtés de Rashford (...) Le joueur pourrait également baisser légèrement son salaire", assurait le quotidien italien. Et sinon ? Dans le contexte économique actuel, difficile d'imaginer certains clubs faire d'énormes folies. Contrairement à Lionel Messi, par exemple, il reste à l'international portugais encore une année de contrat. Le plus simple - pour les deux parties - pourrait donc être de poursuivre l'aventure jusqu'en 2022, puis de prendre chacun un chemin différent une fois le bail expiré. Mais encore faut-il que d'ici là, Cristiano Ronaldo ne souffre pas trop de la "solitudine".
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