Paolo Maldini n'est pas vraiment du genre à se déplacer pour rien. Quand l'ancien capitaine légendaire de l'AC Milan, devenu aujourd'hui directeur technique du club lombard, décide de voyager, c'est toujours pour arriver à ses fins. Le 23 juin 2019, l'homme aux cinq trophées en Ligue des champions fait alors ses valises pour se rendre à Ibiza. Pas vraiment pour profiter du soleil et de la plage, mais plutôt pour convaincre celui qu'il estime comme un futur grand latéral gauche : Théo Hernandez. La rencontre est alors immortalisée par ces diables du Chiringuito. Le Français, tout juste revenu au Real Madrid après son prêt à la Real Sociedad, se laisse rapidement convaincre par l'une de ses idoles d'enfance. Dans la foulée, Milan dépense une vingtaine de millions d'euros pour s'attacher ses services, ce qui pouvait surprendre pour un joueur pas vraiment régulier. Presque trois ans plus tard, le désormais international français en vaut plus du double (50 millions d'euros selon le site spécialisé Transfermarkt).
Devenu un titulaire indiscutable de son équipe, Théo Hernandez est aujourd'hui l'un des meilleurs à son poste en Italie. Et pas seulement. Le natif de Marseille n'est pas un simple latéral gauche. Ses accélérations, ses chevauchées et ses montées balle au pied sont un danger permanent pour n'importe quel adversaire. Il est par exemple le troisième joueur au nombre de kilomètres parcourus ballon au pied (3km et 938m) du championnat italien, juste derrière Maxime Lopez (5km et 149m) et Marcelo Brozovic (4km et 101m), qu'il affrontera samedi dans le derby de Milan (18h) après avoir manqué le premier pour une suspension. Il est également le "défenseur" qui a délivré le plus de passes décisives (5) et qui a frappé le plus de fois au but (26) depuis le début de saison. En 19 matches, on compte également 24 occasions créées, 35 centres et 4 buts. Colossal.
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Je me considère plus comme un playmaker
"Les latéraux ne sont pas comme Totti, Zidane ou Kakà, mais dans le football d'aujourd'hui, les rôles changent et la fonction de latéral t'emmène de plus en plus dans l'axe du terrain, expliquait-il dans une interview à The Athletic en janvier dernier. J'aime aider mon équipe avec des buts ou des passes décisives, cela me rend heureux. Je me considère plus comme un playmaker." Avec l'explosion de Rafael Leão cette saison, Milan dispose d'un couloir gauche que la presse italienne qualifie de "létal". Les deux joueurs, qui s'entendent à merveille sur le terrain comme en dehors, aiment combiner, se dédoubler et libérer des espaces que l'autre va exploiter. "Ils n'ont aucun semblable en Serie A, écrivait récemment La Gazzetta dello Sport. Le rythme, la vitesse, la créativité, les occasions de but... C'est un duo qui vaut au moins 100 millions d'euros." A eux deux, ils collectionnent un peu plus d'une soixantaine de dribbles réussis. De quoi assurer un mal de tête à leurs adversaires directs à chaque match.
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"Jouer avec Théo Hernandez, c'est un vrai spectacle, lâchait le Portugais le 22 janvier dernier. C'est l'un des meilleurs latéraux du monde. Est-ce qu'il est plus rapide que moi ? Il y a match ! (rires). J'espère qu'on va continuer à jouer longtemps ensemble à Milan." L'ancien Lillois ne croyait pas si bien dire. Tout comme lui, qui s'apprête à prolonger son contrat jusqu'en 2026 selon les sources, le frère cadet de Lucas devrait également signer un nouveau bail dans les prochaines semaines, voire même les prochains jours. "Tout est réglé, c'est une simple question de temps", nous fait-on savoir dans les hautes sphères du club lombard.

Un salaire plus que doublé... et le brassard

Pour ce qui est des détails, le Corriere della Sera parlait récemment d'une durée de quatre ans (jusqu'en 2026) et d'un salaire triplé, passant de 1,5 à 4,5 millions d'euros. Une marque de confiance plus que méritée pour un joueur très courtisé, notamment par le Paris Saint-Germain. "Je suis très heureux ici, confiait l'intéressé à The Athletic. Si je suis le joueur que je suis aujourd'hui, c'est grâce à Paolo Maldini, ses mots et sa confiance envers moi. Je parle tous les jours avec lui, il vient toujours nous voir aux entraînements. C'est un honneur pour moi. Stefano Pioli, mon entraîneur, m'a également changé la vie." Tout comme son nouveau rôle de papa qui l'attend, puisque sa compagne Zoe Cristofoli attend leur premier enfant. Le temps où l'ancien Madrilène refusait une convocation avec les Espoirs un jour de juin 2017, une "erreur" selon ses dires, est bien révolu.
Preuve de sa maturité, l'AC Milan n'a pas hésité à lui donner le brassard de capitaine ces derniers matches en l'absence d'Alessio Romagnoli, Davide Calabria et Franck Kessié. De quoi responsabiliser encore plus Théo Hernandez, parfois critiqué pour sa passivité en défense et sa suffisance à la récupération du ballon. Plus sérieux et appliqué, l'international français, qui a parfois trop tendance à se reposer sur ses capacités, a pris une nouvelle dimension en gommant certaines erreurs parfois grossières. La découverte du très haut niveau, entre le retour de son équipe en Ligue des champions et ses premières sélections réussies en équipe de France, lui a été bénéfique.
"Théo a grandi et a pris en maturité, a confirmé Stefano Pioli en conférence de presse vendredi. Ces derniers matches ont été les meilleurs sur le plan défensif depuis que je suis en poste. Je crois qu'il devient un joueur vraiment complet. Théo doit viser très haut, il a des qualités techniques et physiques incroyables. Il peut être décisif défensivement et offensivement."

Et maintenant, le Qatar

Habitué à célébrer chacun de ses buts en mimant un coup de téléphone, Théo Hernandez a dû se réinventer. En effet, celui de Didier Deschamps est arrivé au moment où il n'y croyait presque plus. "Cet appel a été l'un des plus beaux moments de 2021, révélait-il au média britannique. C'était incroyable, je l'attendais depuis tellement longtemps. J'avais hâte de pouvoir jouer avec mon frère. C'était déjà arrivé, mais avec la sélection, c'est quand même autre chose... La victoire en Ligue des Nations a été une grande expérience. Mon objectif ? Travailler, donner le maximum et aller au Mondial. J'espère être du voyage avec mon frère, ce serait comme réaliser en rêve."
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Au vu de ses performances en Bleus, où il évolue dans un rôle inédit de piston gauche, Théo Hernandez est en droit de viser le Qatar. Buteur face à la Belgique en demi-finale de la Ligue des Nations (3-2), il semble déjà avoir gagné sa place de titulaire. "Il aurait pu peut-être venir en équipe de France plus tôt. De par ses qualités, ce système-là lui va parfaitement (...) Il doit être à sa 4e sélection, avec ce qu'il a fait contre la Finlande et le mois dernier, c'est solide et très intéressant", se félicitait Didier Deschamps en novembre dernier. On conseille donc au Milanais de réserver ses dates entre le 21 novembre et le 18 décembre. Juste au cas où...
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