Avec une colonie française qui ne cesse de s'agrandir à Milanello au fil des années, les tifosi de l'AC Milan ont bien été contraints de s'adapter. Alors, histoire de les "italianiser" d'entrée, les prénoms de certains joueurs tricolores ont rapidement été revus à la sauce transalpine. Par exemple, Olivier Giroud, arrivé l'été dernier et déjà adopté par tout le peuple rossonero, est devenu "Oliviero". Pierre Kalulu, débarqué un an plus tôt en provenance de l'OL, a pour sa part le droit à un "Pierino" plein d'affection. L'international Espoirs, parti malgré les nombreuses tentatives du président Aulas de le conserver à l'époque, est d'ailleurs l'un des chouchous des supporters milanais. Pour sa deuxième saison en Lombardie, le frère cadet des Kalulu a confirmé les promesses décelées par ses dirigeants et d'abord Paolo Maldini.
Du haut de ses 21 ans, l'ancien Gone impressionne. Ces dernières semaines, il a même profité des absences combinées de Simon Kjaer (out jusqu'à la fin de saison) et Fikayo Tomori pour enchaîner les matches (1 373 minutes depuis le début de saison) et les titularisations en défense centrale. "Milan n'a pas besoin d'acheter un défenseur, il l'a déjà à la maison", écrivait La Gazzetta dello Sport en janvier dernier, au moment où le club lombard s'était mis en quête d'un possible renfort dans ce secteur. Avant d'abandonner sa recherche. "Pourquoi vouloir recruter alors que certains joueurs, comme Kalulu, sont plus que fiables et connaissent parfaitement notre environnement ?", s'interrogeait Maldini dans un avant-match sur DAZN. Finalement, aucune recrue ne débarquera.
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Lorsqu'il est aligné, le défenseur français ne déçoit jamais. Et ce peu importe le poste : défenseur central, latéral droit ou même à gauche pour dépanner. "Aujourd'hui, pour moi, c'est un titulaire de mon équipe", prévenait Stefano Pioli la semaine passée, qui s'enthousiasme devant la "disponibilité" et la "fiabilité" de son joueur, toujours plus à l'aise dans sa nouvelle vie milanaise. Au point qu'il maîtrise (presque) totalement la langue de Dante. "Ce n'est pas encore parfait, mais je suis à l'aise", plaisante-t-il avant le début de notre interview depuis Milanello. "Mais on va la faire en français, ça va me faire du bien", enchaîne celui qui ne serait pas contre un voyage au Qatar en fin d'année.
Vous semblez avoir pris une toute nouvelle dimension avec l'AC Milan depuis quelques semaines...
Pierre Kalulu : C'est vrai que j'enchaîne les matches depuis janvier, grâce ou à cause de certaines absences. Mais ça, c'est le football. Moi, je me tiens toujours prêt. Quand tu es dans un club comme l'AC Milan, qui est une institution, tu dois toujours te sentir comme un titulaire. Quand on fait appel à toi sur le terrain, tu te dois de répondre présent. Je pense que tout le monde se considère comme ça, et moi aussi.
Avez-vous une préférence concernant votre positionnement sur le terrain ?
P.K : En réalité, mes préférences changent en fonction du match, de la composition d'équipe, de l'adversaire... Tout dépend comment tu dois jouer. Je peux prendre beaucoup de plaisir au poste de latéral sur certains matches, et d'autres dans un rôle de défenseur central. Tout peut varier selon la physionomie du match et ce qui m'est demandé. Je n'ai aucune préférence. Dans ma formation à l'OL, j'étais déjà beaucoup ballotté.
Après avoir longtemps prospecté cet hiver, vos dirigeants n'ont finalement recruté aucun défenseur central. Est-ce une marque de confiance pour vous ?
P.K : Concernant les rumeurs, on en a l'habitude. Depuis que je suis à Milan, c'est toujours la même chose à chaque mercato, et cette fois c'était le défenseur... On s'adapte. Mais c'est évident que quand je vois certaines déclarations (celles de Paolo Maldini, ndlr), ça me fait énormément plaisir, surtout quand elles proviennent d'une ancienne légende du poste. C'est gratifiant.
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Alessandro Costacurta, ancien grand défenseur italien de l'AC Milan, s'est récemment dit "bluffé" par votre progression. Comment vivez-vous toutes les éloges de la presse italienne à votre égard ?
P.K : Quand ce sont d'anciens grands joueurs qui disent ce genre de choses, il y a forcément quelque chose en plus. Ils connaissent le football de haut niveau et les caractéristiques du poste, avec toutes les composantes qui vont avec. Le poste de défenseur est peut-être plus ingrat que d'autres, où une erreur peut se payer chère et gâcher tout le travail effectué en amont. De manière plus globale, les compliments sont toujours plaisants, que cela vienne des journalistes ou des personnes de ton quotidien.
Où trouvez-vous cette tranquillité qui caractérise chacune de vos prestations ?
P.K : Honnêtement, les joueurs de ma génération ont été formés avec cet esprit. Il y avait beaucoup d'attente autour de nous dès notre plus jeune âge, surtout quand tu es formé au club. A l'OL, on formait des joueurs pour la Ligue des champions, pas uniquement pour la Ligue 1. Inconsciemment, à force de te le répéter, tu intègres ça. Et tu deviens automatiquement prêt pour le match, tu es conditionné et préparé pour ça.
Zlatan nous a mis sur la bonne voie
Comment gérez-vous la pression avant un match ?
P.K : Je suis toujours très concentré avant une rencontre. Mais pour moi, il n'y a pas plus de pression maintenant que quand je faisais des grands tournois plus jeune. C'est la même pression. Avec le temps, je pense même qu'elle s'atténue. Tu apprends à la gérer et la canaliser. Je sais ce que je suis capable de faire et de montrer. Aujourd'hui, il y a plus de l'envie de montrer de quoi je suis capable plutôt que de l'appréhension.
Avez-vous un sentiment de revanche à l'égard de certains doutes au moment de votre départ de Lyon ?
P.K : Non, juste un sentiment de fierté et de plaisir. C'est bien de pouvoir montrer de quoi tu es capable, rendre fier tes proches et ceux qui t'aiment en général. Je suis content de ce qui se passe.
Qu'avez-vous découvert à l'AC Milan ?
P.K : En tant que jeune, j'ai un peu manqué les grosses années du club. En arrivant ici, j'ai vraiment découvert son immensité. Il y a des supporters partout (rires). Où qu'on aille à l'extérieur, à Rome, à Salerne ou encore plus dans le Sud, il y a toujours des tifosi qui attendent l'équipe à l'aéroport, à l'hôtel... C'est important, tu peux sentir qu'ils sont toujours avec toi. Honnêtement, je ne m'attendais pas à ça. Ici, il y a toujours une exigence de résultats, que ce soit à l'entraînement ou en match. Il y a un niveau minimal à avoir et tu dois toujours donner le maximum. C'est la marque des grands clubs.
Pierre Kalulu, l'ascension express
Malgré ses blessures, que vous apporte un joueur comme Zlatan Ibrahimovic au quotidien ?
P.K : Il a toujours une place très importante dans le vestiaire et sur le terrain, où il a encore marqué beaucoup de buts cette saison. On peut dire que c'est notamment grâce à lui si nous sommes sur la bonne voie aujourd'hui. C'est désormais à nous de prouver que nous avons compris ce qu'il a essayé de transmettre. A son retour, nous serons certainement encore meilleurs.

"Giroud impose le respect"

Avec Yacine Adli, qui vous rejoindra l'été prochain, la colonie française et francophone va encore s'agrandir à Milanello...
P.K : Moi, ça ne me dérange pas (rires) ! On parle français entre nous, mais sur le terrain on essaie toujours de le faire en italien pour que tout le monde comprenne. Cela veut surtout dire qu'il y a des joueurs de qualité en France et qu'on s'exporte bien. Nous sommes observés et recherchés, c'est gratifiant. Pour tous les nouveaux arrivants, c'est également une aide supplémentaire pour l'adaptation. On explique notamment les attentes différentes qu'il y a ici, certaines subtilités aussi... C'est toujours bien d'avoir des repères.
Comment se passe l'adaptation d'Olivier Giroud, déjà auteur de dix buts cette saison ?
P.K : C'est un joueur de très haut niveau. Et pourtant, il a toujours cette envie de progresser, d'apprendre ou de marquer. Ce qui m'impressionne, ce sont ses déplacements et son intelligence de jeu. Je l'ai bien évidemment suivi dans ses différents clubs mais, au quotidien, tu te dis que c'est du très haut niveau. En plus, il a appris très vite l'italien. Il n'est pas encore parfait mais ça vient (rires). Il vient de marquer 4 buts en 3 matches. Giroud impose le respect. Quand il est bien, c'est parfait pour nous.
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Mike Maignan impressionne tout le monde depuis son arrivée à Milan. Est-il actuellement le meilleur gardien de Serie A ?
P.K : Pour moi, la réponse est oui après sa phase aller. Il a su nous sauver quand il le fallait. Son jeu au pied m'impressionne tous les jours, il vient même de délivrer une passe décisive (contre la Sampdoria). Mike a eu un comportement de leader dès son arrivée, même quand il ne parlait pas la langue. Il n'hésite pas à dire ce qu'il a à dire, à nous diriger. C'est un joueur avec une grosse éthique de travail au quotidien. Rien que de le voir, tu as envie de le suivre. On peut dire que c'est un leader naturel, de terrain et de paroles. En plus, il a cette expérience d'avoir gagné. Il sait ce qu'il faut faire pour arriver au succès. Si, en plus, il commence à faire des passes décisives...
Après avoir été sélectionné en équipe de France et porté le brassard de capitaine à Milan, Théo Hernandez a récemment prolongé son contrat. Espérez-vous espérer marcher sur ses pas ?
P.K : Toutes les personnes qui sont dans un schéma de réussite sont inspirantes. Dès mes premiers mois, quand je jouais moins, je le regardais du banc et c'était déjà impressionnant. Sa prolongation est une suite logique, tout comme sa convocation en équipe de France. Il est venu à Milan, il a évolué ici et montré de quoi il était capable. C'est le chemin qu'on veut tous prendre. Théo est un exemple.
Est-ce que vous rêvez toujours de l'équipe de France ? Il semblerait que le poste de piston droit soit à pourvoir…
P.K : Les Bleus, c'est forcément un rêve. On parle de l'équipe championne du monde, avec de grands joueurs... Quand tu es un jeune joueur, c'est forcément quelque chose qui fait partie de ton ambition. Tu as envie d'évoluer à ce niveau-là et de toucher l'élite. Mais je pense que ça passe par de bonnes performances, déjà avec Milan, puis de boucler la qualification avec les Espoirs. Si ça venait à arriver, c'est que j'aurais fait une bonne saison avec Milan. Ce serait une récompense du travail fourni.
Intégrer un groupe de champions du monde, cela ne vous fait pas peur ?
P.K : Si je fais un petit feedback de ma carrière, qui a commencé il n'y a pas si longtemps que ça, j'ai déjà découvert beaucoup de choses. La Serie A, la Ligue Europa, la Ligue des champions... Si vous m'aviez posé la question avant tous ces matches, je vous aurais répondu que je ne sais pas. On ne peut pas savoir à ce moment-là, seul le terrain te donne des réponses. Répondre oui ou non, ce n'est que du vent. Cela ne prouve rien. C'est sur la pelouse que tout se passe. Quand tu travailles et que tu es dans un club comme celui-là, tu te prépares pour ce genre de moments. On bosse pour ça.

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Avez-vous déjà reçu une préconvocation ou un appel de Guy Stéphan ?
P.K : Même si j'avais reçu un appel, je ne le dirais pas ici... (sourire)
L'AC Milan est actuellement en tête de la Serie A, croyez-vous au scudetto ?
P.K : Tout peut tourner très vite. On a pu le voir dans le derby, où nous étions menés avant de finalement tout renverser. On aurait pu se faire distancer. On a envie de faire quelque chose cette saison. L'an dernier, on en a fait une bonne, même une très bonne. Et finalement, nous n'avons rien gagné à la fin. Il y avait forcément un goût d'inachevé. Moi, personnellement, j'ai envie de gagner quelque chose cette saison.
Comment abordez-vous la double confrontation aller-retour contre l'Inter prévue en demi-finale de la Coupe d'Italie ?
P.K : Cela rajoute forcément quelque chose. Quand tu arrives à ce stade de la compétition, il ne manque plus que trois matches avant la victoire finale. C'est le chemin le plus rapide pour gagner quelque chose. On sait que l'Inter reviendra avec plus d'envie après sa défaite en championnat. Ils seront gonflés à bloc, mais nous aussi.
Les médias italiens évoquent depuis plusieurs jours votre possible prolongation avec Milan.
P.K : Je me sens bien ici, et je me suis parfaitement intégré au club. Je parle plutôt bien la langue et je suis à l'aise dans ma vie de tous les jours. En plus, les résultats actuels de l'équipe donnent forcément l'envie de s'inscrire dans la continuité ici. Je veux faire de bonnes choses avec Milan et je veux y rester. Il n'y a aucune raison de vouloir partir.
Gardez-vous un œil sur la Ligue 1 et sur les performances de l'OL ?
P.K : Bien évidemment. Là, ça va un peu mieux pour Lyon... On en parle aussi avec les gens que je connais là-bas. J'espère qu'ils vont se remettre sur le chemin sans dévier. Plus globalement, je suis beaucoup de championnats. Je suis un vrai passionné de football. J'ai toujours baigné dedans. Quand j'étais plus jeune, je commençais par des matches de Premier League le samedi en début d'après-midi avant de finir avec la Ligue 1 le dimanche soir. Je regarde au minimum 4 matches par week-end.
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