Milan. Dimanche dernier. Pendant que le soleil se couche doucement sur la capitale lombarde, les tifosi de l'AC Milan, eux, peinent à quitter San Siro. Ils le savent : la victoire de leur équipe face à l'Atalanta Bergame (2-0) les rapprochent un peu plus du titre à une journée de la fin de la Serie A. Pendant un peu plus de quarante-cinq minutes, ils vont compter cinq points d'avance sur l'Inter, l'ennemi juré, qui doit jouer à Cagliari dans la foulée. Si les Nerazzurri ne s'imposent pas, les "cugini" rossoneri seront officiellement sacrés champions d'Italie.
Dans le vestiaire de l'enceinte milanaise, Olivier Giroud et Mike Maignan, qui ont fait découvrir le pré de San Siro à leurs enfants après la rencontre, décident de patienter une petite heure, tout comme leurs coéquipiers. Dans les tribunes, certains tifosi font de même, avant d'être invités gentiment à rejoindre l'extérieur du stade par la sécurité. . Ils vont toutefois rapidement comprendre que le titre devra attendre, et que la fête ne sera pas pour maintenant. Solide, glaciale, l'Inter s'impose en Sardaigne (1-3) et repousse l'échéance d'au moins une semaine.
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Milan part bien évidemment grand favori, avec deux résultats sur trois possibles à Sassuolo, dimanche (18h) : en cas de victoire ou de match nul, le titre sera rossonero. Mais si l'équipe de Stefano Pioli venait à s'incliner en Reggio Emilia, l'Inter conserverait son titre si elle s'impose face à la Sampdoria. Cela relève du miracle ? Probablement, mais le Calcio n'en serait pas à son coup d'essai. Voici cinq dénouements inattendus dans l'histoire du football italien.

1973 : La "Fatal Verona" pour Milan

C'est un souvenir qui a récemment été ressorti de sa boîte. Pendant la semaine précédant son déplacement à Vérone le 8 mai dernier, l'AC Milan a dû revivre avec son passé douloureux pendant plusieurs jours. Une expression pour le symboliser : "Fatal Verona". Ou plutôt le cauchemar au sens littéral du terme. Nous sommes alors le 23 mai 1973. L'équipe du légendaire Nereo Rocco, qui s'est imposée trois jours plus tôt en finale de la Coupe des Coupes face à Leeds, se rend au Stadio Bentegodi dans la peau du leader.
Avant la dernière journée, la situation est la suivante : 44 points pour Milan, 43 pour Juve et Lazio. Après avoir tenté de repousser le match pour récupérer du fatiguant voyage de Thessalonique, les Rossoneri, menés de trois buts après seulement une demi-heure de jeu, s'écroulent (5-3) sur la pelouse de l'Hellas. Pendant ce temps, la Juve s'impose à Rome (1-2) grâce à un but tardif de Cuccureddu et remporte le titre sur le fil.
"Dans les vestiaires, personne ne parlait. Il y avait les dirigeants, le président, l'entraîneur, les joueurs. Nous étions là, et pendant une demi-heure, il n'y a pas eu un seul mot, car nous étions détruits par ce qui venait de se passer ", se souvenait l'attaquant milanais Luciano Chiarugi.

1982 : Fiorentina-Juve, le quart d'heure où tout bascule

Ne commencez surtout pas l'une de vos phrases par "mai 1982" si vous discutez avec des tifosi de la Fiorentina. Pour eux, c'est l'histoire d'un vol. Contexte : avant la 30e et dernière journée de championnat, la Viola et la Juve comptent 44 points chacune. Tout va donc se jouer sur le dernier match, avant un éventuel "spareggio" (une finale) pour départager les deux équipes en cas de nouvelle égalité. La Vieille Dame affronte Catanzaro, déjà maintenu dans l'élite, pendant que l'équipe de Giancarlo De Sisti se déplace à Cagliari. Après 75 minutes, le statu quo est maintenu avec deux 0-0 sur les deux terrains. Puis tout bascule.
Du côté de Cagliari, Graziani pense ouvrir le score pour la Viola, mais son but est refusé par l'arbitre Mattei, qui estime que ce dernier a gêné la sortie du gardien sarde. Au ralenti, les images laissent plus qu'un doute. La Juve, elle, s'impose à Catanzaro sur penalty. Mais l'équipe calabraise peste pour un penalty oublié, selon elle, après un coup de coude de Sergio Brio à l'encontre de Carlo Borghi dans la surface.
"Voleurs", titre le lendemain du match l'hebdomadaire florentin "Il Brivido Sportivo". "J’ai vu Boniperti (le président de la Juve, ndlr) manger des cacahuètes en tribunes, on aurait dit un mafieux américain", s'emporte le réalisateur florentin Franco Zeffirelli, grand tifoso de la Viola. Il sera condamné à une amende de 40.000 lires.
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1986 : Le suicide de la Roma

Il ne manque plus que deux journées à cet exercice 1985-1986. Au sommet, la Roma de Sven-Göran Eriksson et la Juve de Giovanni Trapattoni peinent à se départager avec 41 points chacune. Au programme de l'avant-dernière journée : Roma-Lecce, Milan-Juve. Les Giallorossi ont sur le papier le match le plus facile face à une équipe déjà reléguée. Mais l'invraisemblable se produit à l'Olimpico : Carlo Ancelotti et ses coéquipiers s'écroulent (2-3) pendant que la Vieille Dame fait le boulot contre Milan (1-0). Le classement est bouleversé avant le dernier acte : Juve 43, Roma 41. Sonné, le club romain s'incline également pour son dernier match à Côme et termine à 4 points des Bianconeri.

2000 : Collina, l'homme de la pluie

C'est une image qui est entrée tout droit dans l'histoire du Calcio. Parapluie dans la main gauche, ballon dans la main droite, Pierluigi Collina se retrouve seul face au déluge de Pérouse. L'arbitre italien doit prendre une décision cruciale après avoir suspendu à la mi-temps (0-0) ce Perugia-Juve décisif pour le titre : reprendre ou arrêter définitivement. Pendant ce temps, à Rome, la Lazio s'envole contre la Reggina (3-0) et reprend la tête du classement avec 72 points, un point devant la Vieille Dame (71 points), qui pousse pour le report de la rencontre.
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Mais Collina en décide autrement et opte pour la reprise du match après une bonne heure de discussions. Alessandro Calori donne l'avantage dans la foulée (49e) aux locaux et fait tomber la Juve de Zidane, Del Piero, Inzaghi, Davids, Conte et compagnie. Pour la Lazio, capable de récupérer dix points lors des sept dernières journées, ce Scudetto obtenu dans des polémiques sans fin est tombé du ciel un après-midi de mai 2000.
"On avait rapidement compris que le match ne serait pas suspendu, racontera Antonio Conte des années plus tard. Les autorités avaient peur que les tifosi de la Lazio débarquent pour faire du grabuge. Durant la semaine, nous avions reçu des attaques très dures, tout le monde était contre nous." Héros de la rencontre, Calori parlera lui d'une "tempête médiatique" après la rencontre : "Je ne pouvais pas sortir du stade, j'avais des demandes de partout. Quelque chose d'historique venait de se passer, cela pouvait se ressentir. C'était l'épilogue d'une folle semaine à Perouse, où je n'avais jamais vu autant de caméras."

2002 : Les larmes de Ronaldo

5 mai 2002. Voilà une date (ou plutôt une plaie ouverte) que les tifosi de l'Inter ne souhaitent probablement à personne, ou alors à leurs "cugini" de l'AC Milan dimanche. N'importe quel supporter de la Beneamata qui a vécu ce dimanche est destiné à ne jamais l'oublier, tout comme cette image d'un Ronaldo inconsolable sur le banc.
Ce jour-là, les Nerazzurri sont persuadés de remporter un Scudetto qui lui manque depuis treize longues années. Au classement : Inter 69 pts, Juve 68, Roma 67. Les Nerazzurri ont rendez-vous dans la capitale pour affronter une Lazio hors course pour une qualification en C1, mais toujours à la lutte pour celle de la Coupe UEFA. Toutefois, presque tout le monde table sur une victoire de l'Inter, dont les tifosi sont d'ailleurs jumelés à ceux du club romain. Ces derniers souhaitent d'ailleurs éviter un possible Scudetto du rival historique : la Roma, toujours en lice pour le "tricolore".
L'après-midi commence plutôt bien pour l'Inter : Christian Vieri profite d'un ballon relâché par Angelo Peruzzi sur corner pour ouvrir le score (1-0). Le début d'une promenade ? Pas vraiment. Si Luigi Di Biagio parvient à redonner l'avantage aux siens après l'égalisation de Karel Poborsky (1-2), le latéral slovaque nerazzurro Vratislav Gresko commet l'irréparable juste avant la mi-temps en adressant une tête trop légère à Francesco Toldo, son gardien. Opportuniste, Poborsky signe un doublé et égalise (2-2) juste avant la mi-temps.
Tendue, paralysée, l'équipe d'Hector Cuper s'écroule en deuxième période. Diego Simeone crucifie son ancienne équipe (3-2) en venant presque à s'excuser après son but, avant que Simone Inzaghi ne brise définitivement le rêve de l'Inter (4-2). Un peu plus de vingt ans plus tard, l'ancien attaquant de la Lazio se retrouve désormais sur le banc de l'Inter. Il espère revivre le même scénario que ce 5 mai 2002, mais à l'envers...
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