Il paraît que l'important en enfer, c'est de survivre. Alors, pendant tout l'été, les tifosi de l'Inter Milan s'y sont préparés tant bien que mal. Antonio Conte parti peu après la victoire d'un scudetto dont il a été l'un des grands protagonistes, Achraf Hakimi et Romelu Lukaku "sacrifiés" sur le mercato pour des raisons principalement économiques : rien n'a vraiment été épargné au peuple nerazzurro, bien conscient des difficultés financières de leur club, contraint à se faire prêter 275 millions d'euros par le fonds d'investissement américain, Oaktree.
"On était en mode survie", a récemment résumé l'administrateur délégué Giuseppe Marotta. Après le paradis du titre, la "Beneamata" a donc fait un tour en enfer. Et les supporters des autres grands clubs italiens n'ont eu aucun scrupule à tirer sur l'ambulance, comparant souvent l'Inter... au Titanic. Un sauve qui peut général au vu d'un projet totalement bouleversé, d'ambitions revues à la baisse et d'une "austérité" décrétée par Suning, propriétaire du club. Face à cette situation, plusieurs réactions : l'apitoiement ou le rebond. La fuite ou la révolte. La constatation des dégâts ou la tentative de les limiter. Les dirigeants lombards, eux, ont toujours opté pour l'option numéro 2, persuadés que rien n'était perdu malgré la démobilisation générale. Et que la possibilité de conserver leur titre, ou du moins de pouvoir lutter pour le faire, était réelle.

Simone Inzaghi, l'innovateur

Serie A
Un de chute pour l'Inter
HIER À 18:03
Après le départ de Conte, l'état-major milanais, composé notamment de Beppe Marotta, donc, mais aussi Javier Zanetti (vice-président) et Piero Ausilio (directeur sportif), s'est mis en recherche du successeur idéal, même si remplacer l'ex-sélectionneur de la Nazionale n'est pas vraiment une mince affaire. Rapidement, leur choix s'est porté sur Simone Inzaghi, auteur d'un très bon travail à la Lazio Rome. Dans un premier temps, ce dernier hésite mais décide finalement de prolonger avec le club romain, donnant même sa parole à son désormais ancien président Claudio Lotito lors d'un dîner tête à tête dans la ville éternelle. Mais puisque la nuit porte conseil, Inzaghi change finalement d'avis le lendemain, revient sur ses pas et décide de rejoindre l'Inter, qui en avait fait sa grande priorité. Inutile de préciser que Lotito, lui, l'a encore mauvaise.
Tout comme Antonio Conte, l'entraîneur de 45 ans évolue avec un système à trois défenseurs, ce qui a permis aux Nerazzurri de conserver leur assise tactique. Pas de révolution, mais de la stabilité. Avec les joueurs, il rentre rapidement en symbiose, faisant preuve de grande écoute sans vouloir trop en faire. L'Inter est championne en titre, après tout. Mais avec les départs de l'été, le mode de jeu ne pouvait rester le même, notamment en l'absence de Romelu Lukaku, véritable centre d'attraction du jeu intériste la saison dernière. Sans lui, Inzaghi a décidé de changer le comportement de son équipe. Marquer est bien évidemment toujours l'objectif principal, mais la manière d'y arriver est désormais différente. La musique ne change pas, la mélodie non plus, mais seule la trame varie. L'innovation principale de l'Inter de Simone Inzaghi se trouve là. Et ça fonctionne.

Une moyenne 3,6 buts par match

Quatre, trois, deux, six, trois. Non, ce ne sont pas les chiffres du prochain Loto, mais bien les buts inscrits par les Nerazzurri durant les cinq premières journée de Serie A. Dix-huit buts au total, soit 3,6 par rencontre. Un record depuis la saison 1960-1961, avec un certain Helenio Herrera sur le banc. Seul le Bayern Munich fait mieux actuellement en Europe. Aujourd'hui, l'Inter ne marque plus d'une seule façon. Onze joueurs différents ont ainsi trouvé le chemin des filets, contre cinq l'an passé au même stade. Pour entrer dans le détail, sur les dix-huit réalisations : six de la tête, neuf du pied droit, trois du gauche. Et zéro penalty, qui plus est. Inzaghi n'hésite pas non plus à piocher sur son banc : tous ses hommes ont joué au moins une minute, avec exception pour le deuxième et troisième gardien. L'entraîneur a épuisé tous ses changements : 30 sur 30 possibles toutes compétitions confondues. "Nous sommes une belle coopérative", plaisantait-il après la victoire à Florence. C'est l'idée.
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Sans "Big Rom" à la pointe de son attaque, l'Inter attaque maintenant avec un plus grand nombre de joueurs, qui disposent de plus de libertés et de champ d'action. C'est l'une des volontés de leur coach. Le danger arrive de partout pour l'adversaire. "Inzaghi souhaitait également avancer le bloc sur le terrain, histoire d'accompagner au maximum les actions offensives", pouvait-on récemment lire dans La Gazzetta dello Sport. De plus, les quatre victoires en championnat sont arrivées à chaque fois de manière différente. Soit en prenant rapidement le large (Genoa, Bologne), soit en remontant au score (Verona, Fiorentina). Preuve des ressources mentales de cette équipe, qui a toujours faim de succès.
L'Inter a plusieurs facettes, pas vraiment une bonne nouvelle pour les autres équipes. "C'est une équipe très différente mais toujours aussi forte, a constaté l'entraîneur de l'Atalanta Bergame Gian Piero Gasperini, qui se déplace ce samedi à San Siro. Avec Lukaku, elle travaillait moins sur la construction du jeu. Aujourd'hui, elle a trouvé un autre équilibre qui lui permet d'être toujours aussi efficace, même sans le Belge." Le Gasp peut aussi s'inquiéter des coups de pied arrêtés, puisque trois buts ont déjà été inscrits sur corner par les Nerazzurri. Pas le fruit du hasard, ces derniers étant très travaillés à l'entraînement.

Un mercato intelligent

Enfin, même si le mercato estival 2021 sera probablement celui des cicatrices du côté de l'Inter, ses dirigeants ont tout fait pour tenter de les refermer. Pour remplacer Lukaku, Edin Dzeko, déjà auteur de quatre buts, est arrivé libre de l'AS Rome. Également débarqué cet été, Joaquín Correa, auteur d'un doublé dès son premier match face à l'Hellas Vérone, a étalé toutes ses qualités. Si les blessures viennent à l'épargner, il sera un joker de luxe derrière la paire Dzeko-Lautaro Martinez.
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Après avoir vendu Achraf Hakimi au PSG contre 60 millions d'euros (hors bonus), le club lombard a longtemps cherché son nouveau latéral droit. Un nom a rapidement fait l'unanimité : Denzel Dumfries. Auteur d'un très bon Euro 2020 avec les Pays-Bas, le Néerlandais a débarqué pour une somme globale estimée à 15 millions d'euros par les médias italiens. Hakan Calhanoglu a lui déménagé d'une partie de Milan à l'autre, en quittant les Rossoneri, avec qui il était en fin de contrat, pour rejoindre les Nerazzurri, en quête d'un numéro 10 après l'inconnue autour de l'état de santé de Christian Eriksen. Enfin, Federico Dimarco, rentré d'un prêt à l'Hellas Vérone, aura une carte à jouer dans le couloir gauche. Tout ça ajouté à des tauliers toujours présents, eux : Barella, futur capitaine de son équipe selon la presse transalpine, l'indispensable Brozovic, la muraille défensive Skriniar-De Vrij-Bastoni ou encore Lautaro Martinez, qui ne devrait plus tarder à prolonger son contrat. L'enfer peut encore attendre pour l'Inter.
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