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"Cette équipe a une âme"

"Cette équipe a une âme"
Par Eurosport

Le 18/11/2010 à 01:09Mis à jour Le 18/11/2010 à 15:24

En s'imposant à Wembley, l'équipe de France a bouclé en beauté une année noire. Une belle récompense pour un groupe qui s'est rapidement reconstruit, sur des bases saines. A l'unisson, les Bleus soulignent à quel point la solidarité et le plaisir sont les mamelles de cette équipe.

Plaisir. Le mot était sur toutes les lèvres bleues mercredi soir à Wembley. Celui d'avoir gagné, bien sûr. Une victoire à Wembley, même contre une triste Angleterre, ça s'apprécie. Mais il y a aussi le plaisir à jouer et à vivre ensemble. Voilà sans doute la plus grande victoire de Laurent Blanc quatre mois après sa prise de fonctions. Il n'a pas encore bâti une grande équipe, mais il a au moins reconstruit un groupe. Un certain soir de juin, du côté de Knysna, ce n'était pas évident d'en arriver là aujourd'hui.

A Londres, tous ont donc insisté sur la joie qui est la leur de partager tous ensemble une telle victoire. A l'image du nouveau capitaine, Hugo Lloris. "C'est avant tout un grand plaisir d'avoir remporté ce match avec mes coéquipiers", souffle le gardien lyonnais. C'est vrai, ces visages dégagent une forme de bonheur retrouvé. Et ce n'est pas dû qu'à la victoire. Même si ça aide forcément. "Au niveau de l'état d'esprit, on est irréprochable, reprend Lloris. Que ce soit sur ou en dehors du terrain, il y a un gros potentiel et une bonne ambiance."

Les vertus du temps et du travail

L'un ne va pas sans l'autre. C'est parce que le groupe vit bien en dehors qu'il peut s'exprimer plus facilement sur le terrain. "Ce groupe est en confiance, ça se voit sur le jeu", souligne Karim Benzema. Ça l'aide à mieux s'exprimer quand tout va bien, et à tenir le coup quand le bateau tangue, comme dans les 20 dernières minutes à Wembley. Là, les mots ne suffisent plus. Il faut des actes. "Aujourd'hui, note encore Benzema, on est une vraie équipe soudée". C'est aussi l'impression du nouveau venu, Mamadou Sakho. "On a vu une belle équipe, on a été solidaires jusqu'au bout à la fin quand les Anglais ont poussé", note le défenseur parisien, qui a honoré sa première cape en remplaçant Philippe Méxès à la mi-temps.

Tout doucement, c'est donc l'histoire d'un groupe qui s'écrit. Comme si l'image catastrophique renvoyée en Afrique du Sud était déjà loin. Ceux qui ont vécu Knysna veulent tourner la page. Ceux qui ont pris (ou repris) le train bleu depuis, veulent raconter un nouveau chapitre. Même si ça n'a pas été simple, comme l'avoue Adil Rami. "Au tout début, quand on a commencé tous ensemble, on était un peu impressionnés, avec le Stade de France et la compétition. Et puis avec le temps, avec le travail, ça vient", estime le Lillois. "C'est vrai, on est parti de bas. On remonte tout doucement", confirme Benzema.

La mini-polémique autour des primes, définitivement réglée la veille du match face à l'Angleterre, a peut-être constitué la dernière réplique du séisme de Knysna. Le groupe de Blanc a donné suffisamment de gages pour ne plus l'embêter avec ça. A Wembley, on a entendu des phrases que l'on avait plus entendues depuis longtemps à dans la bouche des Bleus. Hugo Lloris a parlé "d'une belle histoire." Mathieu Valbuena, lui, estime que "cette équipe a une âme". Ça ne fait pas encore d'elle une grande équipe, mais c'est une étape indispensable. Finir sur un grand sourire l'année la plus noire de l'histoire de l'équipe de France, c'est déjà un petit exploit.

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