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Florian Thauvin, l'occasion ratée

Thauvin, l'occasion ratée

Le 13/10/2018 à 08:37Mis à jour Le 13/10/2018 à 12:07

COUPE DU MONDE - Titularisé pour la première fois en équipe de France, Florian Thauvin avait des choses à prouver. Mais le Marseillais n'a pas saisi sa chance. Il n'a pas brillé sous les feux des projecteurs. Encore une fois dans un grand rendez-vous. Cependant, il n'est pas question de le condamner avec les Bleus.

Dans le monde des sélections, il faut savoir saisir les mains tendues. Une carrière internationale peut se jouer sur un rien. Encore plus qu'en club. En sélection, les occasions de se montrer ne sont en effet pas légion. Florian Thauvin le sait forcément. Et il doit y penser après ce France - Islande (2-2). Cela doit même le tracasser sérieusement. Sa première présence dans le onze de départ des Bleus a en effet été marquée du sceau de la déception.

Pendant les 59 minimes qu'il a passées sur la pelouse du Roudourou, Thauvin a semblé subir le poids de la pression. Certes, il s'est montré disponible sur son aile droite. A tenté de débloquer cette équipe de France remodelée. Mais son manque de spontanéité a sauté aux yeux. Du coup, il a présenté un inhabituel déchet technique, avec des pertes de balles et des approximations. S'il a failli sauver son match avec une lourde frappe qui a frôlé la barre transversale après la reprise (52e), il n'a pas réussi à se libérer.

Forcément, un sentiment prédomine après cette première titularisation : l'impression qu'il a laissé passer sa chance. Encore une fois dans les grands rendez-vous. Du coup, les mêmes débats vont revenir. Sur ses limites. Impressionnant la saison passée (26 buts et 18 passes toutes compétitions confondues), Thauvin, qui affiche encore des belles statistiques cette année avec l'OM sans être grandiose dans le jeu (7 buts et 2 passes en L1), a la réputation de ne pas être à la hauteur des attentes face aux grosses équipes. En clair, on peut encore douter de sa capacité à élever son niveau dans les grands rendez-vous. Quand l'air se raréfie. Et que tous les projecteurs sont braqués sur lui.

Thauvin France-Islande
" Il tombe sur un match où l'équipe n'est pas très bien également"

Ce match va encore dans ce sens. Si ce n'était "que" l'Islande en face, on parle quand même de l'équipe de France. Demandez à tous les internationaux, ce n'est pas la même histoire de jouer avec le coq sur la poitrine. Le poids du maillot n'a rien à voir. Là, toute une nation vous scrute. Et peut-être encore un peu plus quand il s'agit d'une formation championne du monde, où on doit y faire ses preuves.

Il ne faut cependant pas le condamner après cette rencontre amicale. Déjà, il ne faut pas oublier le contexte. Si l’Islande n’a pas laissé beaucoup d’espace, Thauvin n'a pas été aidé par les choix de Didier Deschamps de remanier largement son onze. Forcément, c'est moins facile de s'exprimer quand le collectif tâtonne. "C'est arrivé à d'autres, à d'autres moments. C'était une première titularisation et il tombe sur un match où l'équipe n'est pas très bien également. Il rentre dans un contexte collectif", l'a défendu Didier Deschamps. Il y a l'attente aussi qui a pu peser.

Champion du monde cet été dans le costume de coiffeur, "Flotov" n'avait que 32 minutes dans les jambes avec le maillot bleu sur le dos avant ce match à Guingamp. Il se savait attendu pour cette première titularisation. Et s'il est habitué à la pression avec Marseille, il l'a subi de plein fouet ce jeudi. Ca arrive. Les joueurs ne sont pas des machines. Son talent, son âge (25 ans) tout comme son attitude chez les Bleus poussent cependant à lui redonner sa chance. "Ils n'étaient pas dans les meilleures conditions par rapport à l'attitude globale de l'équipe", plaide Deschamps en parlant du Marseillais et d’Ousmane Dembélé. "Ça passe par là pour eux et pour d'autres joueurs aussi", confirme encore DD, bien décidé à protéger le Marseillais. Mais la prochaine fois qu'il lui tend la main, Thauvin a bien intérêt à la saisir. Il le sait bien. Et c’est peut-être ça le problème.

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