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L'antisèche : En attendant le renouveau, le Portugal s'en remet encore à Ronaldo

L'antisèche : En attendant le renouveau, le Portugal s'en remet encore à Ronaldo

Le 06/06/2019 à 00:07Mis à jour Le 06/06/2019 à 10:17

LIGUE DES NATIONS - Bousculé par la Suisse, le Portugal a profité d'une nouvelle prestation marquante de sa superstar, Cristiano Ronaldo, pour masquer ses limites dans le jeu, malgré l'émergence d'une nouvelle génération de talent.

Le jeu : Le Portugal a ses problèmes, la Suisse a ses progrès

Le renouveau du Portugal attendra. Au coup d'envoi, le onze de Fernando Santos laissait imaginer une véritable ambition dans le jeu. Mais les titularisations de João Félix et Bruno Fernandes, les deux révélations du championnat national, n'y ont rien changé. La Seleção a encore exposé ses limites, incapable de construire et de se créer des occasions franches dans le jeu. Elle a abusé des longs ballons sans aucune réflexion, envoyant le frêle attaquant du Benfica dans des duels complexes.

Pire encore, son pressing a souvent été rendu obsolète par la justesse technique de la Suisse, qui, elle, a déjà réussi sa mue. Entreprenante et parfois plaisante, la Nati a su trouver les failles dans la défense lusitanienne. Mais elle n'a pu les exploiter pleinement, payant quelques mauvais choix dans le dernier geste ou, plus globalement, un déficit d'efficacité. Il lui a manqué une arme. Elle était dans le camp adverse.

Les joueurs : Ronaldo et les autres

En club ou en sélection, Ronaldo n'a toujours pas de problème de rendement. Même si ses quelques défaillances techniques n'ont pas aidé à rehausser le niveau de jeu de son équipe, le quintuple Ballon d'Or n'a pas failli dans le domaine où il excelle. Le Portugal n'a cadré que trois tirs ? CR7 les a tous envoyés au fond des filets. Il doit aussi son deuxième but à la virtuosité de Bernardo Silva, dont l'influence est encore insuffisante. Mais à l'avenir, la lumière viendra probablement de lui. Pour sa première, Felix a déçu. Pepe, lui, a encore surpris par son efficacité défensive.

Ronaldo face à la Suisse

Ronaldo face à la SuisseSID

La Suisse a perdu le match mais elle a gagné des certitudes. Sa nouvelle génération, incarnée par Zakaria ou Mbabu, a convaincu. Même si Akanji, a parfois été fébrile, au duel ou à la relance. Dans la fleur de l'âge, Shaqiri s'est rapproché de son meilleur niveau dans un schéma tactique qui le décharge du repli défensif. Si efficace avec le Benfica cette saison, Seferovic a manqué de réussite.

Le facteur X : le VAR a entretenu le suspense

La situation tant redoutée par les partisans du VAR s'est produite. A la 53e minute, Zuber s'est écroulé dans la surface portugaise. L'arbitre a laissé jouer. Sur le contre suivant, Bernardo Silva a été fauché par Schär. M.Brych a immédiatement indiqué le point de penalty. Problème, ses assistants vidéo l'ont interpellé au sujet de la précédente action et, après avoir visionné les images, l'homme au sifflet a finalement accordé un penalty en faveur de la Nati. En l'espace de quelques secondes, la rencontre est passée d'un potentiel 2-0 pour le Portugal à une égalité 1-1.

La stat : 53

La machine à buts a encore fonctionné à plein régime. Cristiano Ronaldo a inscrit le 53eme triplé de sa carrière, clubs et sélection confondus. Il a cumulé un septième coup du chapeau avec son pays pour porter son nombre de buts avec la Seleção à… 88. En 157 sélections. Phénoménal.

Ronaldo avec le Portugal

Le tweet de la longévité

De l'Euro 2004 à la Ligue des Nations 2019, Ronaldo a marqué lors de dix compétitions internationales consécutives.

La décla : Fernando Santos, sélectionneur du Portugal

" Ronaldo ? Son talent, il l'avait déjà en 2004. Quand je dis qu'il a toujours eu du talent, on dirait que c'est interdit. Moi, il ne me surprend pas. Il m'a surpris quand il avait 18 ans, lorsque je l'entraînais au Sporting. Mais je savais qu'il atteindrait des sommets."

La question : Le Portugal est-il en train de tout gâcher ?

Au moment de construire sa liste, Fernando Santos a fait des choix. Quelques vieux briscards (Bruno Alves, Joao Moutinho, Ricardo Quaresma) ont été mis de côté pour enfin faire de la place à une génération plus jeune et en nette progression. Ce mercredi soir, Ruben Dias, Ruben Neves, Bruno Fernandes et surtout Joao Felix ont tous été titularisés.

Et la performance de la Seleção a rappelé ce que tout le monde savait déjà : qu'ils soient expérimentés ou prometteurs, les joueurs ont besoin d'une identité de jeu pour exprimer pleinement leur talent. Le Portugal n'en a plus. Pire, il a même perdu la philosophie contre-nature qui était la sienne à l'Euro 2016. Elle avait au moins permis de décrocher un premier sacre international et de soulager la sélection. Le "blocage" levé aurait dû permettre d'entamer un véritable renouveau afin de pérenniser le succès.

Cristiano Ronaldo; Bernardo Silva

Cristiano Ronaldo; Bernardo SilvaGetty Images

S'il survit, le champion d'Europe le doit quasi exclusivement à sa superstar. La solution est à la fois celle de l'instantané et de la facilité. Mais elle n'offre aucune vision à long terme et laisse entrevoir un gâchis. Même si une victoire en finale de la Ligue des Nations, face au Pays-Bas ou à l'Angleterre dimanche, repoussera encore la problématique. Ou augmentera la perte de temps.

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