La carrière de Presnel Kimpembe connaît des virages marquants. Il a définitivement affirmé son statut et s'est révélé sur la scène internationale un soir de Saint-Valentin, en 2017, en éteignant Lionel Messi en quart de finale et pour son premier match en Ligue des champions. Un baptême du feu qui a dévoilé un potentiel. Depuis trois ans, il a tout vécu. Le retour de bâton, un titre de champion du monde, une concurrence vive au PSG, une place incertaine et sans cesse remise en cause dans la hiérarchie des centraux.

Presnel Kimpembe s'impose devant Lionel Messi

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Les trois dernières saisons auraient dû dessiner une montée en puissance mais sa progression n'a cessé d'être escortée de doutes. En sélection, Samuel Umtiti puis Clément Lenglet l'ont le plus souvent relégué sur le banc. Présent dans le groupe depuis deux ans et demi, il ne compte que onze sélections. Mais Kimpembe n'est pas bon qu'à cimenter le groupe par sa bonne humeur comme ce fut le cas lors du Mondial russe. Problème, il a souvent failli quand Deschamps lui a tendu la perche.

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Sautes de concentration à répétition

Face à l'Allemagne en octobre 2018 (2-1), il offre un penalty quelques jours seulement après avoir été impliqué sur les deux buts de l'Islande (2-2). Face aux Pays-Bas, un mois plus tard, il signe une première période catastrophique et oublie Babel sur l'ouverture du score (2-0). Si bien qu'il ne profite pas des tourments d'Umtiti en club et se fait doubler par Lenglet qui s'installe aux côtés de Varane. Cet automne 2018 marque un tournant.

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La faute à ces fichues sautes de concentration qui ternissent ses prestations. En Bleu, il lui manque ce match référence capable de l'installer comme une option prioritaire et non plus comme l'éternel recours. Depuis quelques mois, ses performances en club ont pris de l'épaisseur. "Presko" est le seul joueur de l'effectif parisien à avoir disputé l'intégralité des onze rencontres de la dernière campagne de Ligue des champions. "Il est très très fort, se félicitait Thomas Tuchel au début du mois. Il a pu manquer un peu de concentration par le passé mais il a beaucoup progressé ces dernières semaines."

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Héritier de Sakho, un des premiers hommes forts de Deschamps

Deschamps lui a donné une seconde chance cette automne sans doute parce que le sélectionneur se rend bien compte que la complémentarité entre Varane et Kimpembe est plus évidente qu'entre le Madrilène et Lenglet. Deschamps a longtemps fait confiance en début de mandat à la charnière Varane - Sakho qui n'est pas sans rappeler la connexion Varane - Kimpembe, l'alliance parfaite du feu et de la glace. Sakho, l’un des premiers hommes forts de Deschamps en sélection, a fini par se perdre entre blessures et baisse de niveau.

Le sélectionneur lui cherche toujours un successeur dans l'état d'esprit, le don de soi surtout depuis la retraite de Laurent Koscielny et les malheurs d'Umiti au Barça. S'il devient enfin régulier, Kimpembe pourrait s'inscrire dans les pas de son prédécesseur à Paris et en Bleu.

Raphaël Varane et Mamadou Sakho sous le maillot de l'équipe de France, lors du match amical face à l'Espagne.

Crédit: Panoramic

Enfin une référence

Il lui fallait un match référence en équipe de France. Il le tient enfin après avoir muselé Cristiano Ronaldo dimanche au Stade de France (0-0). Autoritaire, comme toujours, appliqué, comme jamais ou presque en équipe de France, il a prouvé au sélectionneur sa fiabilité face à l'une des grandes nations du jeu. "Il a gagné en concentration et en maîtrise. Je confirme ce que dit Thomas Tuchel, jugeait Deschamps avant la rencontre. Il n’y a que des grands matchs en équipe de France donc il vaut mieux qu’il soit performant oui."

Aux côtés des titulaires de la campagne russe pour le plus gros match depuis le sacre mondial, Kimpembe a rendu la confiance accordée par Deschamps et peut-être repris l'ascendant sur Lenglet. "Je suis dans la période où je répartis le temps de jeu, a répondu le très cachotier Didier Deschamps dimanche soir après le nul contre les Portugais. Lui, il enchaîne plus à Paris. Il a toujours cette qualité athlétique, il y a ajouté plus d’application, de concentration. Tant mieux." Sa trajectoire récente en fait un titulaire en puissance pour l'Euro à venir. Après quelques années de doutes, de hauts et de bas, Kimpembe s'est peut-être enfin trouvé.

Presnel Kimpembe face au Portugal

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