La dernière fois que l'équipe de France a joué contre une équipe prudente, chez elle au Stade de France, elle a perdu, face au Japon (0-1). Si la Géorgie a moins d'armes à faire valoir sur le plan offensif, elle a démontré face à l'Espagne une certaine capacité à défendre ses cages. Face aux champions du monde et d'Europe en titre, elle avait tenu le choc pendant 86 minutes, ne craquant qu'en fin de partie sur un but de Soldado.
Et pour cause, depuis le début des éliminatoires, la sélection de Temuri Ketsbaia base ses rencontres sur ses systèmes de jeu à cinq défenseurs (5-4-1 et 5-3-2). Construite pour subir, elle sait résister aux assauts adverses. Sur les douze derniers mois, elle n'a perdu que deux fois par plus d'un but d'écart, face à la Turquie en amical (1-3) et la Biélorussie en octobre dernier (0-2). A chaque fois, c'est un but marqué très tôt par l'adversaire (12e minute pour la Turquie, 6e minute pour la Biélorussie) qui avait forcé la sélection géorgienne à sortir de son projet défensif pour essayer de revenir au score. Avant la mi-temps, les deux adversaires avaient profité de cette situation pour ajouter un second but et gérer tranquillement la suite de la rencontre. Face à cette équipe, marquer vite prend donc tout son sens.
Pour ce faire, les derniers échos côté français font état d'un retour au 4-4-2 de la part de Didier Deschamps. Karim Benzema et Olivier Giroud se verraient ainsi offrir une seconde chance pour s'entendre à la pointe de l'attaque française, après un premier échec face à l'Uruguay au mois d'août dernier. A l'époque, les Bleus s'étaient heurtés à une sélection uruguayenne venue dans sa configuration la plus défensive en 5-3-2. Associés dans l'entrejeu, Mavuba et Gonalons avaient manqué de solutions à la relance, ce qui avait forcé le repli des Français censés mener le jeu (Ribéry, Valbuena) pour se rendre disponibles et remonter les ballons. Manquant de soutien, Benzema et Giroud n'avaient eu que très peu de situations exploitables à la finition.
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France Uruguay benzema Giroud

Crédit: AFP

Aux dernières nouvelles, Didier Deschamps devrait, malgré ce précédent, conserver les deux hommes qui étaient censés les alimenter en ballons : Franck Ribéry et Mathieu Valbuena semblent en effet en pôle pour débuter la partie vendredi soir. Dans l'entrejeu, la menace de suspension de Blaise Matuidi fait planer une incertitude quant à sa présence aux côtés de Maxime Gonalons. Paul Pogba pourrait en profiter pour connaître sa première sélection. Derrière, Laurent Koscielny pourrait lui céder sa place à Raphaël Varane pour les mêmes raisons. Le Madrilène débuterait la partie aux côtés de Mamadou Sakho. Sur les côtés, Gaël Clichy et Christophe Jallet devraient normalement débuter. Enfin, une certitude dans les buts avec la présence de Hugo Lloris.
Equilibre à la construction
Pour les Bleus, les clés de la rencontre seront multiples. L'échec du 4-4-2 face à l'Uruguay était notamment dû aux difficultés des Français pour ressortir les ballons et trouver des solutions dans l'axe, afin de fixer la défense adverse. A défaut de bénéficier de la capacité de Koscielny à attaquer le premier rideau géorgien, si tant est qu'il y ait deux joueurs en première ligne chez les visiteurs, la titularisation d'un profil "à la Pogba" ou "à la Matuidi" pourrait offrir aux Bleus cette menace axiale, nécessaire pour attirer le bloc adverse avant d'accélérer sur les ailes. Car si les Géorgiens restent dans leurs habitudes, le manque de profondeur contraindra les Bleus à aller chercher des solutions dans les couloirs. Adepte du dézonage au Real comme en sélection, Karim Benzema devrait profiter de la présence d'Olivier Giroud dans l'axe pour aller créer des situations de surnombre sur les côtés, aux côtés de Ribéry et Valbuena et des latéraux dont le rôle offensif sera forcément primordial.

Paul Pogba signs autographs at a France national team training camp on March 18. The Juventus midfielder is set to receive his first cap (AFP)

Crédit: AFP

Si le système défensif géorgien réussit à contenir les approches françaises sur les ailes, l'impact des deux milieux prendrait alors toute son importance. "Box-to-box" dans l'âme et avec la Juventus, Pogba pourrait à nouveau peser sur l'axe adverse en prenant les intervalles dans les 30 derniers mètres, offrant des solutions à l'intérieur du terrain. Plus en retrait, un joueur comme Gonalons pourrait lui aussi avoir son utilité par sa capacité à renverser rapidement le jeu d'une aile à l'autre. Dans ce dernier cas, il serait très important pour les Bleus de conserver un certain équilibre offensif, afin d'avoir toujours deux joueurs à l'opposé des actions : si le latéral servi par Gonalons n'a aucun soutien devant lui, sa montée sera - sauf duel remporté - sans danger pour la Géorgie. En clair, Ribéry et Valbuena devront éviter de quitter leur couloir pour se retrouver dans la même zone que Benzema, sous peine de déséquilibrer l'animation. Deux créateurs et l'apport d'un joueur venu de l'arrière - Clichy à gauche, Jallet à droite, Pogba (?) dans l'axe - doivent normalement suffire pour créer les décalages dans la surface géorgienne.
Présence à la finition
Car si les Bleus ne parviennent pas à faire la différence dans ces conditions, ils souffriront du mal récurrent des équipes qui doivent affronter des adversaires regroupés dans leur camp : le manque de présence dans la surface. Théoriquement, un 4-4-2 doit permettre aux deux attaquants d'être présents dans la surface de réparation quand les milieux excentrés ont la charge du jeu. Avec un Benzema habitué à quitter sa zone, il serait naturel de voir l'excentré opposé à l'action (Valbuena en cas d'attaque à gauche, Ribéry en cas d'attaque à droite) rejoindre Giroud dans la surface de réparation afin de compenser le déplacement du Madrilène. On touche ici à l'une des possibles limites du système de Didier Deschamps. Ni Valbuena ni Ribéry ne sont des joueurs de surface, chasseurs de but et véritables finisseurs. Capable de venir de l'arrière, Pogba ne serait pas suffisant face aux cinq Géorgiens qui seront censés de couvrir l'axe face aux centres français (3 défenseurs centraux, 2 milieux de terrain).

FOOTBALL 2013 France - Valbuena

Crédit: Panoramic

C'est peut-être ce petit défaut qui fait hésiter Didier Deschamps concernant le titulaire au poste de milieu droit. Plus grand, plus athlétique et bon finisseur comme il l'a montré à Newcastle, Moussa Sissoko pourrait apporter plus de présence dans la surface de réparation adverse, depuis le flanc droit de l'attaque bleue. Benzema et Ribéry récupéreraient les rênes d'un jeu qui pencherait naturellement à gauche et le Toulousain complèterait Giroud devant en se positionnant au second poteau, Pogba arrivant lui de l'arrière. Mais quitte à considérer l'ailier droit comme le deuxième finisseur, pourquoi ne pas y mettre un véritable attaquant ? De retour dans le groupe France, Loïc Rémy aurait ainsi l'occasion de rappeler qu'il a déjà sorti les Bleus de situations mal engagées face à des formations regroupées. Son excellent jeu de tête pourrait être un très bon complément à celui de Giroud. Si la tendance ne le fait pas débuter, il ne serait pas étonnant de voir le match changer de physionomie s'il venait à entrer en jeu.
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