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Renault : l'enquête impossible

Renault : l'enquête impossible
Par Eurosport

Le 01/09/2009 à 08:25Mis à jour

La FIA a confirmé avoir ouvert une enquête sur les circonstances de la victoire de Fernando Alonso (Renault) à Singapour, en 2008, sur la foi d'une déclaration de Nelson Piquet Sr. Un soufflet qui devrait vite retomber...

Une déclaration de Nelson Piquet, champion du monde de Formule 1 1981, 83, 87, à la télé brésilienne Rede Globo est derrière tout ça. Il ne s'agirait peut-être rien de plus que d'un nouvel épisode de l'entreprise de discrédit que mène le clan brésilien à l'encontre de Flavio Briatore, le directeur général de Renault F1, qui a limogé le fiston le 18 août dernier. C'est en tous les cas là la réussite du Sud-Américain d'en avoir fait une affaire officielle, puisque la Fédération internationale de l'automobile (FIA) a indiqué dimanche avoir ouvert une enquête sur la victoire de Fernando Alonso à Singapour en 2008.

L'an passé, dans les rues de la ville-état, l'Espagnol avait gagné en bénéficiant d'un concours de circonstances. Il avait ravitaillé dès le 13e tour, deux boucles avant la neutralisation provoquée par l'accident de son équipier, Nelson Piquet. L'intervention de la safety car avait poussé les rivaux de l'Ibère à rentrer au stand, puis à ressortir derrière lui, à l'exception de Nico Rosberg (Williams), Robert Kubica (BMW), Jarno Trulli (Toyota) et Giancarlo Fisichella (Force India). Les deux premiers s'étaient débrouillés pour rester en tête mais ils étaient rentrés au stand alors que la voie des stands était fermée. Un "stop and go" les avait écartés de la victoire. Les deux autres avaient repris leurs positions dans le peloton après leurs uniques arrêts. Renault est aujourd'hui soupçonné d'avoir demandé à Nelson Angelo Piquet de foncer dans un mur pour provoquer la session de safety car et changer le cours de l'histoire.

Néanmoins, le constructeur français n'est pas inquiet outre mesure car il n'a eu aucune communication radio avec son pilote avant son accident. Or, la FIA s'appuie sur des pièces concrètes pour établir des responsabilités. Elle s'était servie des enregistrements entre Lewis Hamilton et McLaren pour convaincre l'écurie de mensonge au GP d'Australie cette année, et laver Jarno Trulli (Toyota) de tout dépassement intentionnel sous drapeau jaune. Au sujet de Renault, l'absence d'échange pendant la course suggère donc un ordre passé avant le départ qui témoignerait d'un formidable don de l'anticipation. Alonso qualifié 15e, il fallait prévoir que Rosberg et Kubica, sous la menace d'une panne d'essence, seraient obligés de rentrer à la pompe au début de la neutralisation, alors que la pit lane était fermée. Et qu'ils seraient sanctionnés. Quand bien même l'Allemand et le Polonais ne l'auraient pas été, ils seraient restés devant l'Espagnol. Tout ça pour un podium, donc...

En résumé, selon la thèse avancée par le père Piquet, Briatore aurait tout prévu, et demandé au fils Piquet de risquer de se blesser gravement en encaissant 15G contre un mur pour un hypothétique succès de son équipier. Une histoire à dormir debout qui fait au pire de Piquet Jr un pilote inconscient, et qui fait au mieux de Piquet Sr un affabulateur maladroit.

La FIA, dont le président Max Mosley n'a pas accepté d'être malmené pendant des semaines par Flavio Briatore, meneur de la contestation au sein de la FOTA (association des équipes de F1), a saisi l'occasion pour inquiter Renault une seconde fois en quelques jours, après la suspension finalement annulée pour cause de roue perdue en Hongrie. Au risque de se montrer une fois de plus les rancoeurs qui dominent la fin du mandat britannique.

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