Formule 1
Grand Prix de Styrie

Mine de rien, Hamilton en a profité pour cogner très fort sur Verstappen

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Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de Styrie 2020

Crédit: Getty Images

ParStéphane Vrignaud
12/07/2020 à 18:50 | Mis à jour 12/07/2020 à 19:21
@ThePiranhaClub

GRAND PRIX DE STYRIE - De sa pole position, Lewis Hamilton (Mercedes) a mené un train d'enfer sans broncher, dimanche à Spielberg. Ni céder au chantage stratégique de Max Verstappen (Red Bull), troisième à 33 secondes…

Lewis Hamilton ne s'est jamais raté deux fois de suite depuis qu'il est en Formule 1 pour une bonne raison : il a toujours eu la capacité à voir ses erreurs en face pour se remettre en question. Ainsi, en 2007, il avait commis plusieurs fois des fautes de débutant, dont l'une lui avait coûté le titre lors de la sortie de piste la plus bête du monde, dans la voie menant à la pitlane du Grand Prix de Chine. "Quand j'y repense, j'en suis encore malade", confiait-il récemment. L'année 2008 n'avait pas échappé à la règle : dans un moment de distraction, il avait notamment percuté Kimi Räikkönen dans la pitlane à Montréal. Mais il avait vite resserré les boulons, et arraché le titre dans l'avant-dernier virage du Grand Prix du Brésil. Faux témoignage pour pénaliser Jarno Trulli à Melbourne en 2009, divulgation de données télémétrique de Jenson Button à Spa-Francorchamps en 2011, etc : il a aussi fait le tour des impairs en coulisses et on ne l'y a pas repris. L'expérience McLaren passée, il ne s'est jamais non plus mis en défaut contre Nico Rosberg chez Mercedes. Parce qu'il pouvait encore moins se le permettre.

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Excité au Grand Prix du Brésil fin 2019, il avait tamponné Alexander Albon (Red Bull) et massacré la concurrence dans la foulée à Abou Dabi. Ce n'était pas le dernier épisode de ses approximations confondantes et de son pouvoir de rédemption. Le week-end dernier au Grand Prix d'Autriche, il n'avait pas respecté un drapeau jaune en qualification et s'était acheté des problèmes en course. Son refus d'accepter l'évidence de laisser passer Alexander Albon lui avait coûté cinq secondes et le fait de ne pas partager aujourd'hui la tête du championnat du monde avec son coéquipier, Valtteri Bottas.

Alors, il ne faut pas être surpris de la réponse qu'il a donné ce week-end à Spielberg, lors du meeting estampillé "Grand Prix de Styrie". Une réponse cinglante, au bout d'un tour magistral en Q3 sous la pluie pour un écart rarement vu sur le deuxième, Max Verstappen (Red Bull), poussé au tête-à-queue. Puis une victoire assurée à coup de meilleurs tour au début, et à la fin parce qu'il visait le point de bonus. Un message clair !

Quand Mercedes arrête de se faire driver par Verstappen

"J'ai travaillé pendant plusieurs années avec lui, et il se remet toujours très bien de week-ends éprouvants, a souligné Jenson Button, au micro de Sky Sports F1. Il n'a pas fait une erreur. En qualification, il était à des années-lumière au-dessus de tout le monde lors de son tour, et aujourd'hui, du signal de départ à l'arrivée, il a fait ce qu'il devait faire."

Le sextuple champion du monde a attaqué, contrôlé. Mieux : il n'a pas cédé au chantage à l'undercut de Max Verstappen, auquel se plie trop souvent son équipe. Il n'a pas eu peur, il est resté trois tours de plus en piste, une éternité sachant la tentation que peut avoir le directeur de course, Michael Masi, de sortir la voiture de sécurité pour donner un coup de fouet à la catégorie des challengers. C'est d'autant plus à souligner que dimanche dernier, il avait été pris au piège d'une neutralisation abusive.

Bref, on a eu droit à un Lewis Hamilton déterminé, sûr de lui, libéré du timing de Max Verstappen. Et il aura sûrement pris un malin plaisir à entendre les propos qu'on lui rapportera sur la réflexion désappointée du Batave après son pitstop : "Pourquoi m'avez-vous stoppé aussi tôt ?" A cet instant, l'agitateur de Red Bull réalisait qu'il s'était tiré une balle dans le pied, et que Mercedes avait peut-être suffisamment de marge cette année pour ne pas répondre à son bluff habituel. Le pilote de la RB16 l'a d'ailleurs encore plus compris en voyant Valtteri Bottas faire dix tours de plus que lui.

Un peu distrait le week-end dernier

"Spielberg avait tendance à être l'une de plus pistes où je réussi le moins, je suis donc aux anges de pouvoir faire une telle performance. C'est un grand pas en avant après un premier week-end difficile, a expliqué le pilote, qui restait sur quatre courses sans podium au Red Bull Ring. Une véritable anomalie dans son palmarès. L'équipe a fait un boulot fantastique en termes de stratégie, et dès lors il s'agissait de tout bien faire, en restant loin des vibreurs pour ramener la voiture à la maison. J'ai essayé de faire le meilleur tour vers la fin, mais mes 'medium' étaient vieux de 40 tours, et ça devenait difficile contre quelqu'un (Verstappen) qui avait des gommes neuves."

Décidément, Verstappen a passé un mauvais dimanche car, repassé devant son garage prendre des "tendre" afin de chasser le point du meilleur tour en course, il a échoué dans son projet. C'est Carlos Sainz (McLaren) qui est reparti avec le point bonus.

Mais surtout, Lewis Hamilton a fait plus tard, au micro de Canal+, l'aveu qu'il avait bien laissé de l'énergie en cherchant à fédérer ses collègues autour du soutien à l'action "End racism" et "Black Lives Matter", le week-end dernier. "C'est le premier week-end où je me suis senti pleinement concentré ; au final les différences se font sur des petits pourcentages, a-t-il précisé. J'étais un tout petit peu en deçà le week-end dernier, et ça m'a coûté deux pénalités et beaucoup de points. C'était vraiment important de digérer tout ça pour commencer la semaine, recharger les batterie et attaquer comme il faut ce week-end. Je ne peux être plus heureux."

Lewis Hamilton en était ressorti avec un beau record de plus, samedi : celui du nombre d'années consécutives (14) avec au moins une pole position à son actif. Et dimanche, il a sans doute remporté bien plus qu'une 85e victoire en carrière.

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