Red Bull a manqué le dernier objectif d'une saison remplie de records. Dimanche, Max Verstappen est allé chercher son 15e succès en une saison, une nouvelle référence statistique, même si on pourra toujours argumenter que le calendrier en perpétuelle extension y est pour beaucoup. Le Néerlandais a profité des 22 épreuves à l'agenda de 2022 pour effacer des tablettes Michael Schumacher et Sebastian Vettel, auteurs de 13 victoires, respectivement en 2004 (18 courses) avec Ferrari et 2013 avec Red Bull (19 courses). Le double champion du monde n'a donc pas battu les ratios des deux Allemands.
Le film de la course
"Ce fut une belle course, a commenté tranquillement Max Verstappen, à l'arrivée, au micro du champion du monde 2009, Jenson Button. Tout dépendait de la gestion des pneus, et je pense qu'on les a bien gérés. J'ai bien managé les "medium", il a fallu préserver les "dur" du début à la fin. C'est super de gagner à nouveau ici. Cette 15e victoire est géniale. Ce fut très agréable de travailler avec toute l'équipe, d'atteindre ce résultat. On sait que ça sera difficile de le reproduire. On va essayer de remettre en place la motivation nécessaire pour attaquer 2023."
Grand Prix d'Abu Dhabi
"Encore une fois Red Bull n'a pas respecté Sergio Pérez à Abu Dhabi"
21/11/2022 À 13:40
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Leclerc bluffe Pérez

Max Verstappen s'est promené pendant 58 tours, il n'en a pas été de même pour son coéquipier, Sergio Pérez. Le Mexicain partait deuxième, avec l'objectif de déloger Charles Leclerc (Ferrari) de la deuxième place du championnat du monde. Il n'avait jamais terminé vice-champion du monde, et aucun second pilote de Milton Keynes n'a d'ailleurs assuré le doublé dans l'histoire de l'écurie arrivée en Formule 1 en 2005, et ce ne sera pas encore pour cette fois. Car il avait un peu tout contre lui : une confiance excessive, le trafic et pour finir même pas le soutien de son leader !
D'abord, Sergio Pérez s'est un peu perdu en stratégie, par la faute de son camp, persuadé d'avoir une fois de plus l'ascendant sur les Rouges en matière de gestion des gommes. Dès les essais, il avait pris ses précautions en gardant deux sets de Pirelli "dur" dans son pack pour la course, prévue sur deux arrêts. Les "tendre" exclus de l'équation car sujets à une dégradation à vitesse grand V, le plan était simple : démarrer en "medium" et boucler les deux relais suivants en "dur".
Chez Ferrari, Charles Leclerc avait fait le même calcul, comme son coéquipier et les pilotes Alpine. La surprise a donc été grande chez Red Bull lorsque Xavier Marcos a annoncé au Monégasque, au 33e tour, qu'il devait suivre la stratégie opposée de son rival. En clair, que le pilote de la F1 75 n°16 était capable de n'effectuer qu'un arrêt. Ce qui était impossible pour Sergio Pérez, peut-être trop sûr de lui, et en tous les cas pas assez prudent.

Batailles coûteuses contre Vettel et Hamilton

Il était déjà passé tôt au stand pour son premier arrêt (au 16e tour, six tours avant Leclerc), et son second pit stop au 33e tour, rendu obligatoire vu l'état de ses gommes ("dur"), a précipité sa chute. Embarqué dans une remontée compliquée, mal positionné dans le trafic, il lui a certainement manqué un ou deux tours pour attaquer la Ferrari n°16.
"C'est comme ça, a-t-il soupiré à chaud. Parfois, c'est serré. Au final, je dois être heureux. Nous avons tout donné. Je suis sûr de revenir encore plus fort l'année prochaine. J'ai un peu souffert avec ces pneus cette saison, un peu plus de mal à les gérer en course. C'est quelque chose qu'il faut améliorer l'année prochaine. Ça nous rendra plus forts."
En fait, "Checo" s'est retrouvé plusieurs fois à contre-temps dans cette course, et l'a payé au bout du compte. Après son premier pit stop, il a repris la piste derrière Sebastian Vettel (Aston Martin) et a mis un tour à le passer, et ce fut ensuite moins facile qu'il ne le pensait dans le trafic. Au 44e tour, soit à 14 boucles de la fin, il a perdu beaucoup d'énergie - et deux tours - derrière Lewis Hamilton (Mercedes) pour la troisième place.

Le conseil pour Pérez... et Leclerc

"Je pense que Checo a un peu trop attaqué (dans son premier relais) et c'est pourquoi nous l'avons appelé plus tôt que prévu au stand", a analysé Helmut Marko, sur Sky Sports. Mais, aux dires du conseiller autrichien de Red Bull Racing, c'est bien la bataille avec la W13 n°44 qui a consumé ses dernières chances. "C'est sur la manœuvre de dépassement de Hamilton que Pérez a perdu du temps. Autrement, cela aurait été suffisant", a jugé l'ancien pilote de Formule 1, et vainqueur des 24 Heures du Mans. Et d'avouer s'être fait piéger par les Rouges, en ajoutant : "Nous avons été surpris que Ferrari ne s'arrête qu'une fois avec Leclerc. Ce n'était pas dans nos plans."
Et puis, ultime déception pour Sergio Pérez, Max Verstappen ne lui a été d'aucune aide dans cette course. Et pas qu'à son corps défendant. En roulant devant, le Batave a voulu rendre service à son coéquipier, faute d'agir concrètement en piste. "Mes pneus sont bien. Dites à Checo qu'il peut attaquer à fond !", a lancé "Super Max" sur les ondes. En l'entendant, Ferrari s'est aussi empressé de relayer le message à Charles Leclerc, d'un coup moins inquiet quant à la tenue de ses "dur", chaussés au 21e tour.

Verstappen n'était pas prêt à retenir Leclerc

Et puis, Max Verstappen s'est fendu d'une sortie dont il a le secret, prouvant que le différend du Grand Prix de Sao Paulo, n'avait pas été réellement soldé. Car il n'aurait pas bloqué Charles Leclerc si ce dernier l'avait suivi, et tenté de le passer. "Cela aurait été une décision compliquée. On ne veut pas finir comme ça… On peut éventuellement bloquer, mais est-ce loyal ?, s'est-il interrogé, dans des propos rapportés par motorsport.com. Je ne pense pas que cela aurait été la façon la plus sympa de conclure ce championnat du monde et finir la saison comme ça."
Le double champion du monde a ajouté qu'il avait l'impression que Pérez allait rattraper Leclerc et le dépasser, mais qu'il avait perdu du temps entre Pierre Gasly (AlphaTauri) et Alexander Albon (Williams), en bagarre. Dans le clan Red Bull, tout le monde n'était visiblement pas disposé à tout tenter pour aider le Mexicain. Qui a d'ailleurs signifié ce qu'il pensait en débordant son "coéquipier" français.
Finalement, cette fin a quand même convenu à Christian Horner. "Tout le mérite revient à Charles pour sa saison, a déclaré le directeur d'équipe de Red Bull. Il a couru brillamment, de façon très propre contre nos deux pilotes." Le Monégasque est effectivement vice-champion du monde avec la manière, ce dont Sergio Pérez n'aurait pas pu se targuer.
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