Battu en performance pure à Sakhir par la Ferrari de Charles Leclerc la semaine passée, Max Verstappen avait cette fois les meilleurs arguments techniques et toujours son formidable instinct de racer, dimanche à Djeddah. Au bout d'une bataille intense, d'un superbe chassé-croisé avec le Monégasque, le champion du monde en titre a coupé en premier la ligne d'arrivée après les 50 tours au programme du Grand Prix d'Arabie saoudite, deuxième manche du Mondial 2022.
Le film de la course
Grand Prix d'Arabie Saoudite
29 points de retard : "Hamilton a déjà grillé tous ses jokers cette saison"
29/03/2022 À 17:12
"Cela a été une bonne course, un week-end difficile mais on a réussi à se battre aux avant-postes, a réagi le champion du monde, au micro de l'ancien pilote David Coulthard. On savait qu'on était rapides dans les virages, rapides dans les lignes droites. On avait un peu de rythme au bout du compte et on a réussi à passer."
Décevant quatrième en qualification, le Néerlandais a doublé d'entrée la seconde Ferrari de Carlos Sainz pour faire ce qu'il aime : mettre la pression sur Charles Leclerc (Ferrari). Et, on le connaît, tous les moyens ont été bons. "Les lumières sur l'aileron arrière de Leclerc ne fonctionnent pas !", a-t-il signalé au tour 7. C'est une obligation réglementaire mais la nouvelle direction de course n'a, assez logiquement, pas bougé face à ce petit problème de fiabilité que la Scuderia ne maîtrisait pas. "Il est interdit de toucher cette ligne blanche !", a-t-il dénoncé, au tour 25, alors qu'il s'agaçait de voir l'arrière de la Rossa n°16. Là encore, il s'agissait de tenter de créer du stress chez l'adversaire, qu'Eduardo Freitas, le chef d'épreuve à la FIA, n'a même pas été rappelé. Max Verstappen l'a donc crié une seconde fois…

"Garde la tête baissée !"

Face à ce mur rouge, Red Bull a décidé de faire redescendre la pression pour ne pas tout gâcher. "Leclerc fait ses chronos dans le secteur 1, virages 6, 7, 8 et 9", l'a informé son ingénieur de course, Gianpiero Lambiase. La solution se situait donc ailleurs. A la lutte pour revenir dans la zone DRS de Leclerc, peu après la mi-course, "Super Max" commençait à perdre ses moyens. "Reste calme dans les rapides, laisse Leclerc user ses pneus. On pourra mettre la pression plus tard sur lui", l'a-t-on assuré sur le muret. Mais le Batave n'en a fait qu'à sa tête, signant le meilleur chrono partiel dans le secteur 2 justement…
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C'est alors qu'il a tiré parti de la période de voiture de sécurité virtuelle pour se lancer à l'assaut de la Ferrari avec des pneus bien gérés en termes de température. Au tour 42, le champion du monde est parvenu à passer une première fois, mais il s'est fait redoubler immédiatement. Son erreur ? Il avait débordé la Ferrari juste avant la ligne DRS, qui donnait l'avantage de l'aileron arrière ouvert dans la ligne droite suivante. Leçon retenue, il a même pilé au tour suivant au même endroit pour forcer le Monégasque à attaquer en tête la principale ligne droite. Sans pouvoir concrétiser.
"Il a encore croisé la ligne blanche (d'entrée de la pitlane !)", s'est-il plaint. "Garde la tête baissée !", lui a ordonné son ingénieur. On le sentait, la Ferrari était devenue une proie et l'attaque décisive était proche. A la fin du tour 46, il a pris l'intérieur avant la dernière courbe pour avoir la meilleure accélération. Une glissade de la Ferrari et l'affaire était réglée au DRS. "On était près dans la bagarre, a-t-il commenté. Quand on est à moins de 0"5, on peut mieux sortir du dernier virage que l'an dernier et c'est plus dur de planifier le dépassement."

"Quelle course géniale !"

Son seul petit moment d'incertitude a été la vitesse à adopter sous régime de voiture de sécurité virtuelle, un dilemme qui va peut-être coûter à Carlos Sainz (Ferrari) sa troisième place. "Je ne savais pas trop ce qui était autorisé en termes de ralentissement sous drapeau jaune, a confirmé celui qui est désormais à la tête de 21 victoires - toutes avec Red Bull - depuis 2016.
"C'était fou, mais c'était une bataille difficile avec Charles, a-t-il dit sur Canal+. C'était une question de gérer les pneus. Charles était très rapide dans le premier secteur, j'ai essayé de tenir sans trop abimer mes pneus. Après la voiture de sécurité virtuelle, j'étais mieux en température et j'ai pu attaquer. Vous avez vu comment il l'a joué de manière très intelligente dans le dernier virage ? Même après ça, il a fallu être au max. Ce fut trois-quatre tours de qualification à la fin pour rester devant lui, parce qu'il était systématiquement dans ma zone DRS. C'était une belle bagarre. J'ai vraiment aimé ça."
"Au final, je lance complètement ma saison aujourd'hui, a-t-il dit à David Coulthard. Effectivement, ces 25 points le font remonter à la troisième place au Championnat du monde, à 20 longueurs de Charles Leclerc et huit de Carlos Sainz.
"Quelle course géniale !, s'est de son côté enthousiasmé son directeur d'équipe, Chris Horner. Les derniers tours ont été excitants et nous avions juste ce qu'il fallait pour rentrer avec la victoire. Max a fait une course patiente, il a pris soin de ses pneus. Il a piloté brillamment tout le week-end, ça va lui donner beaucoup de confiance." Il en a déjà beaucoup d'habitude, et la bataille pour le titre est effectivement bien lancée car Carlos Sainz a encore piloté un cran en dessous et Lewis Hamilton (Mercedes) a pris du retard en ne terminant que dixième.
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