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Un 7e titre et les 91 victoires de Schumacher : Hamilton est prêt pour la gloire

Un 7e titre et les 91 victoires de Schumacher : Hamilton est prêt pour la gloire

Le 12/03/2020 à 09:21Mis à jour Le 14/03/2020 à 10:20

GRAND PRIX D'AUSTRALIE - Avec 6 titres et 85 victoires à son palmarès, Lewis Hamilton (Mercedes) n'est plus qu'à une marche de Michael Schumacher dans le livre d'or de la Formule 1. Et à l'orée de cette saison 2020, il paraît avoir tous les atouts pour parvenir à cet objectif.

Une saison pour réaliser l'impensable : arriver à la hauteur voire dépasser Michael Schumacher au rang des deux plus prestigieux records de la Formule 1. Dimanche à Melbourne, Lewis Hamilton attaquera la conquête d'un septième titre mondial qui le ferait entrer dans une dimension où seul le maître allemand gravite pour l'heure. Il pourrait revisiter un chapitre de l'Histoire que l'on croyait une bonne fois pour toute écrit, tant l'épopée du "Baron rouge" nous avait donné un sentiment de perfection depuis 2004.

Le Britannique pourrait aller chercher un autre record en possession de "Schumi" en s'octroyant au fil des 22 Grands Prix de 2020 les huit victoires qui le séparent de l'Allemand, premier au drapeau à damier à 91 reprises de 1992 à 2006. Un aboutissement auquel aucun pilote n'a jamais songé avant de se trouver à un pas de l'accomplissement. Jusqu'ici, penser égaler Michael Schumacher était pour un pilote de Grand Prix aussi improbable que l'ambition qu'aurait eue un rallyman de parvenir aux neuf titres de Sébastien Loeb, ou celle d'un motard de côtoyer les huit titres de Giacomo Agostini.

L'Anglais de Mercedes n'est pas du genre à s'avancer. Il n'annonce rien car son palmarès parle pour lui. Il n'est pas ouvertement obsédé par l'empreinte qu'il laissera dans l'Histoire mais il l'évoque quand même de temps en temps. Son rêve était de devenir champion du monde, il confia qu'il vivrait mal de ne pas l'être une deuxième fois. En y repensant si, finalement : il s'est senti honoré de compter trois titres, autant que son idole Ayrton Senna.

Lewis Hamilton (Mercedes)

Il est devenu une "machine"

Il avoua qu'il ne souffrirait pas d'en rester là mais un plus grand destin l'attendait. Une difficile comparaison des époques, aussi : décrocher un quatrième titre l'a plus renvoyé au palmarès de Sebastian Vettel qu'à celui d'Alain Prost. Et rejoindre Juan Manuel Fangio - "le parrain de tous les pilotes" - dans le club des champions cinq étoiles fut pour lui une insoluble abstraction.

Son sixième titre, l'an dernier, l'a positionné dans un entre-deux sur lequel il serait dommage de rester, car le rapprochement avec Michael Schumacher est bien tentant. Parce que, déjà, il est légitime. Depuis que le natif de Stevenage s'est glissé dans la Flèche d'argent du maître en 2013, l'héritage est bien gardé.

L'Allemand était un modèle, une inspiration pour Lewis Hamilton. Le voilà devenu un objectif statistique, par la force des choses. Mais ce serait une erreur de résumer l'Anglais à une somme de chiffres et de records tant il a su évoluer depuis ses débuts en Formule 1. Il a même bien changé depuis 2007 en s'affranchissant peu à peu du garçon fougueux qu'il était à son entrée chez McLaren, et du champion du monde soumis à une certaine instabilité émotionnelle en 2009 et 2011. En acceptant le défi de plusieurs champions du monde (Alonso en 2007, Button de 2010 à 2012 puis Rosberg jusqu'en 2016), il s'est rationalisé en tant que pilote jusqu'à devenir la "machine" implacable décrite par son rival allemand épuisé de le défier.

Engagé dans une collaboration confortable avec Valtteri Bottas en 2017, il n'a eu de cesse de justifier son statut de n°1 chez Mercedes. Affûté en qualification jusqu'à en devenir le recordman des pole positions, bête de course pas toujours content des stratégies qu'on lui impose mais souvent vainqueur au bout du compte, il a construit une relation de confiance exemplaire avec le staff de Mercedes.

Vidéo - Hamilton file tout droit vers un 7e titre sauf si...

05:26

2019, une saison au presque parfait

Comme le Michael Schumacher des belles années, il ne paraît jamais fatigué. A 35 ans, il étonne par sa fraîcheur et son état d'esprit curieux et bouillant. "Je vais être une machine. Je vais être à un autre niveau", a-t-il annoncé cet hiver. Il a estimé avoir suivi l'une de ses préparations physiques et ça n'augure rien de bon pour ses rivaux. Il y avait même du Ayrton Senna en lui lors des roulages à Montmelo. "Moi qui n'aime guère les tests, je demandé pour la première fois à retourner en piste alors que la journée était terminée. Je ne voulais pas que ça s'arrête !", a-t-il lâché, lors de la première session de trois jours de tests hivernaux en Espagne, (19-21 février).

Sa deuxième journée a été exaltante. Il a stupéfié le monde dans la grande ligne droite du Circuit de Catalogne en tirant son volant vers lui - comme un pilote d'avion sur son manche - pour mettre les roues avant de sa W11 parallèles. Et l'a poussé avant le freinage pour leur redonner l'écartement normal. Les équipes rivales ont été abasourdies par le révolutionnaire DAS - "Dual Axis Steering", "Direction à double axe" en français. La trouvaille du siècle, bien plus que le double diffuseur de Brawn (l'équipe ancêtre de Mercedes) en 2009 ou ce qu'il avait connu chez les pionniers de McLaren en 2010 et 2012 avec le F-duct et l'effet Coanda. Il n'a pas tardé à féliciter chaudement ses ingénieurs pour être sortis une fois de plus de leur zone de confort. C'est ce qu'il cherche lui-même, c'est pour cet état d'esprit qu'il est venu chez Mercedes et qu'il va sans doute y rester.

Vidéo - Le DAS, c'est quoi au juste ?

06:31

En 2019, Lewis Hamilton a peut-être accompli sa plus belle saison. Un sans-faute jusqu'au Grand Prix du Brésil où, déjà sacré, il s'est laissé aller à une attaque grotesque sur Alexander Albon (Red Bull). Cette erreur, il l'a vite réparée à Abou Dabi et s'il ne fut pas le pilote le plus rapide en qualification c'est parce que sa Mercedes n'avait pas la vitesse de la Ferrari. C'est là où on a découvert sa nouvelle approche de la course, qui consista à sacrifier les essais pour se donner plus de chance le dimanche, à la façon du "Professeur" Alain Prost. Hasard ou coïncidence, il a pris soin de sa mécanique comme peu de pilotes puisqu'il n'a essuyé aucune pénalité technique.

Lewis Hamilton entend inscrire 2020 dans cette continuité. Il place la barre très haute. Mais pour rejoindre Michael Schumacher, il faut bien ça.