Si l'expérience peut être définie comme la somme des situations que l'on a vécues et les enseignements que l'on a pu tirer d'erreurs commises, alors Lewis Hamilton n'est pas encore un pilote expérimenté. Malgré 251 Grands Prix au compteur, il est encore capable de répliquer des bourdes relativement récentes, au détriment de la même personne. En parlant de lui, ce n'est de toute façon pas l' "expérience" que l'on a en envie d'évoquer. On la réserve plutôt à un vieux pilote pas très doué qui suscite quand même une forme de respect de la part de ses confrères.

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Non, Lewis Hamilton reste l'incarnation d'un talent extraordinaire, qui l'a déjà mené à six titres ; d'un tempérament d'attaquant aussi, qui l'a fait sortir vainqueur de nombreuses batailles épiques. Et qui continue de lui jouer des tours...

Tout juste champion du monde l'an dernier, il avait obtenu de Mercedes une certaine forme de liberté dans sa façon de conduire sa voiture et sa stratégie, au Grand Prix du Brésil. On se souvient d'une course un peu décousue de sa part, et de son empressement à doubler Alexander Albon (Red Bull) dans le final. Tout juste après un restart. Max Verstappen filait vers une victoire certaine, mais son refus d'abdiquer l'avait poussé à une improvisation, un abordage aussi musclé que regrettable. Responsable du coup de tampon, il avait privé le jeune Thaïlandais de la deuxième place.

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Un combat pourtant perdu d'avance

Dimanche, la fatigue liée à une saison interminable n'était sûrement pas en cause, pas plus qu'une forme de relâchement née de la satisfaction du devoir accompli. Il lui a manqué un peu de discernement, comme ça lui arrive parfois... Au 60e des 71 tours du Grand Prix d'Autriche, il a opposé une résistance excessive au pilote de la RB16 n°23, qui était en train de le passer assez facilement, en pneus "tendre" frais, à l'extérieur du virage n°4... Il a tenté de tenir sa position mais à l'accélération, il n'a pas éviter un coup de sous-virage en gommes "dur" usées. Il aurait dû réaliser que ce combat était perdu d'avance. Qu'avec le quota de tours restants, il devrait se contenter de la plus petite marche de podium.

A cet instant, Valtteri Bottas venait de lui échapper, sur un nouveau restart. A cette frustration s'est ajoutée la surprise de voir Alexander Albon lui bondir dans les roues. De façon virile mais correcte. La vérité, c'est que le pilote Red Bull allait ensuite partir en chasse du leader finlandais, pour le croquer.

Après coup, Lewis Hamilton fut jugé de façon rapide, et finalement plutôt sévère, par Vitantonio Liuzzi, un ancien pilote de Formule 1 que l'on pourrait définir comme "expérimenté". L'Italien a estimé qu'une pénalité de cinq secondes devait sanctionner ce méfait. Platement, Lewis Hamilton a reconnu son erreur. Sa seconde en fait en deux jours, après le non-respect d'un drapeau jaune qu'il l'avait incité à ralentir dans la zone de la sortie de piste de son coéquipier, Valtteri Bottas, en Q3.

"La course est terminée, et je veux juste passer à autre chose, a-t-il dit au micro de SkySports F1. Cela n'a pas été un grand week-end pour moi. Hier, c'était entièrement de ma faute. C'était un peu étrange d'être soudain sanctionné (de trois places sur la grille de départ) mais cela ne m'a pas déstabilisé. J'avais le rythme pour reprendre Valtteri mais il y a eu un scenario malchanceux avec Alex. Je n'arrive pas à croire que nous nous sommes rentrés dedans à nouveau ! Ça m'a vraiment semblé être un incident de course mais je m'excuse auprès de lui, ce n’était pas intentionnel. De toute façon je prendrai les pénalités qu'ils (les commissaires de la FIA) m'infligeront et j'avancerai."

Albon faisait figure de futur vainqueur

"Les commissaires sont toujours dans une position difficile pour prendre les bonnes décisions, a réagi Toto Wolff, sur SkySports F1. Je dirais qu'assurément, de notre point de vue, cinq secondes c'est très rude. Nous avons regardé la séquence plusieurs fois. Lewis a complètement tourné dans la courbe. Albon avait environ 40% de la piste pour tourner. C'était différent du premier tour où Lewis avait dû battre en retraite pour ne pas sortir de la piste."

"C'est encore tout chaud pour moi et il faut que je fasse attention à ce que je vais dire", a répondu Alexander Albon, à SkySports F1. "J'aurais pu gagner. Je savais qu'ils (Bottas et Hamilton) étaient en 'dur' et que j'avais cinq tours pour faire des dépassements. J'avais confiance, la voiture était bien. Il y a toujours un risque de à l'extérieur mais je lui ai donné autant de place que possible. J'étais sur un fil. J'ai pensé qu'aussi longtemps que je pourrai le faire, ça dépendrai de lui de savoir s'il voulait qu'on s'accroche ou non."

"Au Brésil, c'était plus du 50/50, mais là j'ai senti que j'étais passé et je me concentrais déjà sur Bottas. Ça m'a surpris car s'est produit sur la fin de la manoeuvre", a-t-il conclu.

"Alex ne méritait pas ça. Cinq secondes de pénalité (pour Hamilton), ça ne lui apporte rien", a commenté Christian Horner, le directeur d'équipe de Red Bull. A Sao Paulo, l'espoir de Milton Keynes avait échoué à la quatorzième place. Reparti après son tête-à-queue dimanche à Spielberg, il a fini treizième.

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