Nico Rosberg n'y va pas par quatre chemins. Fernando Alonso est en souffrance cette saison à cause de son âge, selon lui. L'Espagnol entrera dans le club des quadra le 29 juillet, et après deux saisons sur les piste d'Endurance ou du Dakar, il s'est lancé le défi de retrouver son niveau de ses dernières années chez McLaren ; sans parler de celui de ses saisons de champion du monde, en 2005 et en 2006.
"L'Alpine est une voiture difficile à piloter et Alonso n'aime pas ça, observe le champion du monde 2016 à Sky Sports, diffuseur de la Formule 1 en Grande-Bretagne, pour laquelle il est consultant. C'est un long chemin pour lui. Il a parfois des fulgurances comme Michael Schumacher lorsque j'étais son coéquipier chez Mercedes. C'était très difficile pour lui à cause de son âge."
"La même chose arrive à Alonso. Il a passé deux années en dehors de la F1 et ça lui prendra un peu de temps pour revenir à son meilleur", ajoute celui qui avait décidé de prendra sa retraite à 31 ans.
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Contexte défavorable

Nico Rosberg est le premier observateur à mettre en cause le temps qui passe et la difficulté pour un vétéran de s'adapter aux changements incessants imposés par la Formule 1 : l'aérodynamique, les pneus, le format des Grands Prix, etc... Cette saison, les monoplaces ont perdu 10% d'appui à l'arrière, les gommes plus rigides sont réputées plus difficiles à monter en température, et le vendredi n'offre que deux heures de roulage contre trois l'an passé.
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Lors de son comeback en Mercedes en 2010, après trois années sabbatiques, Michael Schumacher avait été souvent dépassé en rythme par le jeune Nico Rosberg. A 41 ans, l'ex-"Baron rouge" n'avait pas paru aussi tranchant, et quelques erreurs d'appréciation avait surpris, comme son freinage raté derrière Bruno Senna (Williams) à Montmelo en 2012. Il avait même eu du mal à saisir sa responsabilité et encaisser sa rétrogradation de cinq places à Monaco, qui lui avait fait perdre la pole position. Une superbe "fulgurance" quand on pense qu'il avait alors 43 ans, mais effectivement trop rare.
Aujourd'hui, c'est peut-être ce sentiment de flottement que Nico Rosberg perçoit chez Fernando Alonso, même s'il est impossible d'en être sûr. Mais c'est un fait, le natif d'Oviedo n'opère pas le spectaculaire retour espéré, même s'il s'était donné du temps pour ça, à savoir "trois ou quatre courses".

Rendez-vous au Castellet

Malheureusement, son week-end médiocre à Monaco, la cinquième manche du Mondial 2021, a sonné la fin de sa période d'acclimatation et cette lumière qu'il compte apercevoir au bout du tunnel reste un mirage. Oui, il va lui falloir encore du temps, encore.
"Imola et Portimao sont des circuits où je n'avais pas piloté depuis des années, ou même où je n'étais jamais allé depuis des années. Le reste du peloton y était il y a quelques mois encore", a plaidé auprès du media ibérique SoyMotor l'Ibère, qui a pourtant produit la meilleure impression au Portugal. "Et puis, en comptant les deux circuits en ville - Bakou et Monaco - ça fait quatre des six premières courses où c'est très difficile de s'adapter. J'espère que le Championnat commencera réellement pour moi en France."
Et d'ajouter : "Pour le championnat, c'est pénible. A Monaco, nous avons galéré dès le jeudi en termes de vitesse, et spécialement avec la température des pneus. Et même si j'ai pu combler une partie de mon retard sur Esteban en qualification, la voiture n'était pas réglée pour les bons pneus."
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Sur la brèche en course

L'équipe avait déjà acté publiquement cette difficulté pour Fernando Alonso d'exploiter les Pirelli aussi bien qu'Esteban Ocon, qui a clairement pris la main. Ce que Marcin Budkowski a confirmé. "Les deux ont eu du mal, à la différence près qu'Esteban a été capable de faire fonctionner ses pneus en Q1, et que Fernando n'en a pas été capable, a tranché le directeur exécutif de l'écurie, qui a déploré les points concédés aux adversaires directs d'Aston Martin et qu'AlphaTauri, classés cinquième et sixième avec Sebastian Vettel et Pierre Gasly. A cause, il faut bien l'interpréter comme cela, des résultats de "Nando", éliminé en en Q1 (17e) et 13e en course.
Pour l'heure, les prestations de Fernando Alonso ne sont pas à la hauteurs des attentes. Après un bon début en qualification à Sakhir, en ouverture de la saison, il s'est fait battre systématiquement par son partenaire d'équipe normand. Et avec une élimination en Q1, deux en Q2 pour seulement deux présences en Q3 (Sakhir et Imola), le bilan est plus que mitigé.
Mais l'Asturien a montré en course qu'il savait se battre avec les armes dès qu'on lui en donnait. Il a notamment fait aboutir trois tentatives d'undercut, sur Daniel Ricciardo (McLaren) à Sakhir et sur Sebastian Vettel (Aston Martin) et Antonio Giovinazzi (Alfa Romeo) à Portimao, soit plus qu'aucun autre pilote du plateau 2021.

"Il y a quelque chose à voir avec la philosophie Renault/Alpine"

Fernando Alonso a gardé son esprit offensif en piste et il est plus motivé qu'auparavant dans son travail. "J'aime la préparation, les réunions techniques pour régler la voiture, des choses qui avant étaient pour moi la pire partie du week-end, a-t-il déclaré à Racer. Pour ce qui est du pilotage et des résultats, c'est peut-être plus difficile que ce que j'avais anticipé mais je ne considérais pas que c'était garanti et que ça vraiment automatiquement."
Et d'avancer l'hypothèse d'une difficulté d'une première saison à Enstone : "Je pense qu'il y a quelque chose à voir avec la philosophie Renault/Alpine. Plusieurs pilotes qui sont venus ici ont eu du mal lors de leur première saison. Quand j'ai signé je pensais que je serai à 100% en trois ou quatre courses mais je pense qu'il m'en faudra huit ou neuf." Presque un tiers du championnat quand même. Mais l'important est d'être prêt pour 2022, qui sera probablement sa dernière saison en Formule 1.
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