Nikita Mazepin misait sur ses débuts en F1 pour lisser une image qui s'était encore détériorée durant l'hiver. Après un Grand Prix plus une journée d'essais à Imola, ce vendredi, les événements n'ont pas franchement pris la tournure qu'il souhaitait. Coupable en piste, le pilote russe est au coeur d'une nouvelle tempête. Günther Steiner, le directeur de l'écurie Haas, doit de nouveau jouer les pompiers de service. Pour le dirigeant mais aussi et surtout pour le rookie, la saison promet d'être longue. Car rien ne lui sera pardonné.
Celui que les réseaux sociaux surnomment déjà "Mazespin" - "spin" signifiant "tourner" en anglais - s'est une nouvelle fois fait remarquer pour de mauvaises raisons, ce vendredi, ajoutant deux tête-à-queue à une liste déjà bien fournie. Le premier est survenu dès son tour de reconnaissance, le second, un peu plus critique, a carrément mis fin à la première séance d'essais. Au total, le Russe a perdu le contrôle de sa machine à sept reprises cette saison, huit si l'on compte les tests de pré-saison.
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Le pilote de 22 ans est-il trop sûr de lui en piste, comme il semble parfois l'être en dehors ? "À un moment, il faudra les réduire, mais il fait de son mieux pour ça, a assuré Steiner dans des propos rapportés par nos confrères de Motorsport.com. J'imagine qu'il en fait parfois un peu trop. Il faut qu'il trouve cette limite. Mais c'est à lui de la trouver, pas à nous. [...] Apprendre, c'est douloureux."

Mazepin, le passif et la comparaison avec Schumacher

Mazepin est effectivement en plein apprentissage mais il a déjà passé le stade de la découverte. En 2019, il avait effectué plusieurs essais au volant d'une Mercedes. "Il doit apprendre que notre voiture n'est pas aussi bonne qu'une Mercedes, a précisé Steiner. Je suis très ouvert à ce sujet, je n'essaie pas de le cacher. C'est sûr que la Mercedes est un petit peu moins capricieuse que notre voiture."

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Ces dernières saisons, Haas a effectivement proposé des monoplaces particulièrement difficiles à dompter à ses pilotes. À Bahreïn, la sensibilité au vent de la VF-21 avait notamment été l'une des principales causes des nombreuses sorties de piste du Russe. Malgré ces circonstances atténuantes, Mazepin ne devrait bénéficier d'aucune forme de complaisance. D'abord parce qu'il souffre de la comparaison avec son coéquipier, Mick Schumacher, plus prudent et plus studieux.
Aussi parce qu'il est encore rattrapé par sa personnalité et les scandales qu'il a cumulés, y compris durant l'hiver. Sa présence en Formule 1 avait été remise en cause, des pétitions réclamant son licenciement ont réuni des centaines de milliers de signatures. Désormais, tous ses faits et gestes sont scrutés, notés, jugés et amplifiés, y compris lorsqu'il coupe la parole à son ingénieur en pleine conversation radio, comme il l'a fait ce vendredi lors de la deuxième séance d'essais libres. Celui-ci semblait pourtant vouloir lui apporter de précieux conseils. Mazepin n'a pas voulu les entendre. Ces dernières semaines, il lui était déjà arrivé de faire la sourde oreille.

"Aujourd'hui, on a moins peur de dire que la préparation mentale fait partie de la vie d'un pilote"

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