On disait Charles Leclerc intouchable, on le pensait imperturbable. Après un début de saison d'une limpidité absolue, le Monégasque a pourtant subi un premier gros coup sur le casque après avoir eu la tête dure, ce dimanche, devant les tifosi d'Emilie-Romagne.
Le leader du Mondial n'avait pas les moyens techniques de viser plus haut que la 3e place qu'il occupait au 54e tour, lorsqu'il a commis une erreur grossière. Lancé à la poursuite d'un Sergio Pérez mis sur orbite par un arrêt éclair des mécaniciens de Red Bull, le petit prince de la Scuderia a attaqué trop fort les boudins de la Variante Alta. À cette vitesse, avec cette agressivité, le tête-à-queue était inévitable.
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Alors, pourquoi l'avoir fait ? "C'est une bonne question. Et c'est la question que je me poserai quand je me serai calmé, a-t-il commenté au micro de Canal+ après coup. C'est une connerie, clairement." Leclerc a-t-il estimé que son tour supplémentaire effectué sur les pneus "tendre" allaient lui permettre de tenter une attaque dans la longue ligne droite, alors qu'il était déjà dans la zone DRS au moment où il a perdu le contrôle ? A-t-il simplement péché par orgueil, devant les supporters dont il est le chouchou, frustré par une course où rien ne s'est passé comme prévu pour lui ?

Leclerc a encore un joker

"Non, au contraire, a-t-il assuré auprès du diffuseur. Je savais qu'aujourd'hui, il fallait que je prenne les points sans en faire trop. Troisième, c'est la meilleure place que l'on pouvait obtenir. [...] Je m'en veux beaucoup mais l'erreur est faite. Je vais analyser ça et passer à autre chose." Le revers est lourd pour la Scuderia, qui rêvait d'un doublé à la maison et qui avait de bonnes raisons de le faire. L'abandon de Carlos Sainz dès le premier tour fut un premier coup dur. Le tête-à-queue de Charles Leclerc a changé les visages des hommes en rouge, y compris celui de Piero Lardi Ferrari, fils d'Enzo et vice-président du plus prestigieux des constructeurs.

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Comptablement, la situation est encore confortable au classement des pilotes puisque Leclerc dispose toujours d'un joker avec 27 points de marge sur Max Verstappen, son nouveau dauphin. De quoi relativiser. "Je n'avais pas fait beaucoup d'erreurs jusqu'ici, a rappelé Leclerc. Là, c'est une erreur que j'aurais pu payer plus cher car j'ai eu la chance de repartir. Mais c'est comme ça."
À deux reprises cette saison, le Monégasque avait épaté par sa capacité à résister à la pression en piste, même lorsqu'il était chassé par le champion du monde en titre. La donne diffère-t-elle lorsque le leader de la Scuderia est dans la position du chasseur ? Puisque la dynamique semble maintenant être favorable à Red Bull, on devrait vite avoir une idée plus précise.

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