Pour Mercedes, c'est maintenant ou jamais. Plombée par ses performances depuis le début de saison, l'écurie championne du monde va enfin véritablement savoir où elle en est sur le plan technique. Le Grand Prix d'Espagne, disputé ce week-end sur le circuit où une partie des tests de pré-saison ont été effectués, doit lui permettre de comparer son concept de monoplace, radical, au potentiel jugé gigantesque… mais toujours inexploité.
Grand Prix d'Espagne
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24/05/2022 À 16:28
Si George Russell - le plus souvent - et Lewis Hamilton - parfois - ont fait de la survie lors des cinq premières manches de la saison et permis à Mercedes de s'installer au troisième rang du championnat "Constructeurs", les Flèches d'Argent n'ont pu rivaliser avec Ferrari et Red Bull à la régulière. "Pour le moment, c'est un peu terne, a admis Toto Wolff, patron de l'équipe. Nous sommes troisièmes, en quelque sorte dans un no man's land".

Mercedes persuadée d'avoir du potentiel

Jusqu'ici, et depuis le début de l'ère hybride (2014), la firme allemande était plutôt habituée à dominer le reste de la meute, souvent de manière outrancière. Pour prendre le virage du changement de règlement technique, ses éminences grises ont tenté un audacieux pari en dessinant une voiture aux pontons inexistants… ou presque. La solution tranche radicalement avec les concepts adoptés par Ferrari et Red Bull. Mais elle n'a toujours pas porté ses fruits.

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Pourtant, l'écurie reste persuadée d'avoir trouvé la formule magique. "Il est clair qu'il y a du potentiel dans la voiture et qu'elle est rapide, a assuré Wolff après le Grand Prix de Miami. Mais nous ne comprenons tout simplement pas comment débloquer ce potentiel. Il n'y a tout simplement aucune corrélation entre ce que nous voyons sur nos écrans et les sensations des pilotes, et cela rend les choses encore plus difficiles."
En soufflerie et sur le simulateur, la W13 serait bien plus performante que dans la réalité, à tel point que Mercedes s'imagine capable de retrouver le haut de la fiche des temps une fois l'équation résolue. Problème, elle comporte une inconnue : le marsouinage. Le phénomène, qui touche globalement toutes les équipes à des degrés différents, est extrêmement marqué sur les Flèches d'argent. Ferrari a réussi à l'appréhender. Red Bull s'en est quasiment débarrassé.

Toto Wolff a laissé "le bénéfice du doute"

L'écurie championne du monde, elle, cherche encore la solution. "Il est important de différencier deux choses : d'un côté le programme normal des améliorations et de l'autre la résolution des problèmes que nous rencontrons avec les rebonds et d'autres choses qui compromettent les performances, a souligné Mike Elliott, directeur technique des Flèches d'argent, sur la chaîne Youtube de l'écurie. […] Pour essayer de comprendre le rebond, nous avons recueilli beaucoup de données et comme toujours, les ingénieurs sont en train d'étudier ces données pour mieux comprendre."

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A Barcelone, les ingénieurs devraient avoir toutes les cartes en mains. Lors des essais de pré-saison, en février, Mercedes avait fait rouler ses pilotes avec un concept plus classique. Les essais de vendredi vont lui permettre d'obtenir une comparaison plus précise. Et de prendre une décision qui pourrait être tout aussi radicale que son concept. Jusqu'à présent, Wolff et son board ont fait le choix de laisser "le bénéfice du doute" à ses ingénieurs de Brackley, capitaux pour les conquêtes des titres "pilotes" et constructeurs" glanés depuis 2014.
Mais si ce dernier test n'est pas concluant, Mercedes se posera la bonne question : "Nous nous regardons dans le miroir, a observé Toto Wolff. Et nous nous dirons : 'avons-nous eu tort ou non ?'".

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