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FORMULE 1 - Bonus-malus : Ricciardo opportuniste, Vettel duelliste, Alonso humoriste

Bonus-malus : Ricciardo opportuniste, Vettel duelliste, Alonso humoriste

Le 26/06/2017 à 08:51Mis à jour Le 26/06/2017 à 12:19

GRAND PRIX D'AZERBAÏDJAN - A Bakou, Daniel Ricciardo (Red Bull) a saisi toutes les bonnes opportunités. Sebastian Vettel (Ferrari) et Lewis Hamilton (Mercedes) ont eux fait basculer leur rivalité dans la dramaturgie et Fernando Alonso (McLaren) a manié l'ironie.

La note : 4/5

Un vainqueur inattendu, un podium surprenant, du grabuge sur et en dehors de la piste... cette huitième manche du championnat du monde de F1 n'a pas manqué de piquant. Cerise sur le gâteau, elle a probablement porté la lutte pour le titre dans une nouvelle dimension : celle de la rivalité exacerbée. Les plus grands duels de l'histoire l'ont traversée. Vite, la suite.

Comment Daniel Ricciardo (Red Bull) a gagné

Fidèle à sa réputation d'opportuniste, Daniel Ricciardo (Red Bull) n'a pas baissé les bras lorsqu'il a dû filer aux stands dès le 6e tour pour permettre à ses mécaniciens de débarrasser ses écopes de freins de multiples débris de carbone. Patient et plein d'audace, l'Australien a profité des apparitions multiples de la voiture de sécurité, d'un dépassement bien senti au 24e tour, et, surtout, de la rixe impliquant Sebastian Vettel (Ferrari) et Lewis Hamilton (Mercedes) pour décrocher le cinquième succès de sa carrière.

2017 Azerbaijan Ricciardo

2017 Azerbaijan RicciardoGetty Images

Le battu : Lance Stroll (Williams)

Le performer : Valtteri Bottas (Mercedes)

Valtteri Bottas (Mercedes) a bien failli tout perdre en accrochant son compatriote Kimi Räikkönen (Ferrari) au 1er tour. Après cela, le Finlandais est ressorti de la voie des stands avec un tour de retard. Irréprochable par la suite, le pilote de Nastola a minutieusement remonté le peloton et déployé toute la puissance de sa W08 en fin de course. Pour croquer Stroll sur la ligne, il a dû combler un retard de 9"2 en 8 tours. Remarquable.

Le dépassement : Daniel Ricciardo (Red Bull)

"Banana Dan" a bâti son succès dès la reprise de la course au 24e tour, après le drapeau rouge, en ne faisant qu'une bouchée de Nico Hülkenberg (Renault), Felipe Massa (Williams) et Stroll dans la longue ligne droite de 2,2 km. Preuve que le moteur Renault a de la ressource.

Ce qui aurait pu changer le cours du Grand Prix

Hamilton a payé cher un pépin technique qu'il ne rencontrera qu'une seule fois dans sa carrière. L'appuie-tête du Britannique a été mal refixé au moment où il s'est réinstallé dans son cockpit, lors de l'interruption de la course. Contraint de repasser par les stands pour permettre à ses mécaniciens de corriger l'anomalie, le triple champion du monde a manqué une occasion en or de refaire son retard sur Vettel au championnat.

La question : Lewis Hamilton (Mercedes) aurait-il dû être pénalisé ?

Après la course, Vettel a accepté la pénalité qu'il a reçue pour avoir percuté Hamilton sous le régime de la voiture de sécurité. Mais il a aussi assuré que son rival aurait également dû être sanctionné pour un présumé coup de frein. L'article 39.5 du réglement 2017 de Formule 1 donne raison à l'Allemand : "Aucune voiture ne doit être pilotée inutilement lentement, de façon irrégulière ou d'une manière qui pourrait être considérée comme potentiellement dangereuse pour les autres pilotes à tout moment lorsque la voiture de sécurité est déployée". Mais après investigation de la FIA, l'étude des données de télémetrie n'a apporté aucune preuve d'un freinage délibéré et inattendu de l'Anglais. C'est la raison pour laquelle il n'a pas été sanctionné.

Le bonus n°1 : Un premier "Shoewee" pour Stroll

Ricciardo développe sa tradition venue d'Australie. Accompagné du rookie Stroll sur le podium, le pilote Red Bull a proposé une botte remplie de champagne - une "Shoewee" - à son jeune collègue, après s'être assuré qu'il avait l'autorisation légale d'en boire, du haut de ses 18 ans et 239 jours. Le Canadien n'a pas vraiment apprécié : "Cela risque de me traumatiser à vie..."

Ricciardo, Stroll

Ricciardo, StrollGetty Images

Le bonus n°2 : Le message radio de Fernando Alonso (McLaren)

Cette course à rebondissements a fait le jeu des plus malins. Fernando Alonso (McLaren) en a même profité pour s'offrir ses premiers points de la saison en décrochant la 9e place. L'Espagnol pouvait difficilement viser plus haut sur un circuit où la longue ligne droite n'était absolument pas favorable au moteur Honda. Mais l'Asturien ne manque jamais d'humour. Au beau milieu de la course, il s'est autorisé un message radio plein d'ironie : "C'est vraiment dommage, on aurait pu gagner !"

Le malus : Les réclamations de Lewis Hamilton

Hamilton a jugé la commission de course clémente envers Vettel et le contraire aurait été étonnant. Mais à la radio, en fin de course, il a aussi réclamé que Bottas ralentisse le rythme pour lui permettre de revenir sur Vettel. Une requête antisportive qui ne doit avoir aucune place dans une telle lutte.

La stat : 10

Hamilton, Bottas, Räikkönen, Vettel, Pérez, Ocon, Ricciardo, Massa, Stroll, Magnussen : 10 pilotes ont virtuellement occupé le podium durant la course.

La déclaration : Maurizio Arrivabene

Le directeur d'équipe de la Scuderia n'a pas étouffé la polémique...

"Nous ne voulons pas entamer de controverse, mais je constate que, lorsque certaines situations ne sont pas tout à fait claires, les décisions prises par la suite ne sont jamais favorables à Ferrari."

Vettel vs Hamilton Baku

Vettel vs Hamilton BakuGetty Images

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