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Le pilote attendu au tournant : Max Verstappen (Red Bull) ou l'obligation de grandir enfin

Le pilote attendu au tournant : Verstappen ou l'obligation de grandir enfin

Le 13/04/2018 à 13:24Mis à jour Le 13/04/2018 à 14:18

GRAND PRIX DE CHINE - Après deux week-ends ratés pour beaucoup de son fait, Max Verstappen (Red Bull) doit se reprendre dès Shanghai. En s'attachant d'abord à éviter les incidents qui jalonnent encore trop sa route.

Chez Red Bull, Max Verstappen devait refaire penser à Sebastian Vettel. Rapidement. Le constat est pour l'heure sans appel : après deux saisons (presque) complètes à Milton Keynes, le Néerlandais n'a pas franchi le palier escompté. Pas encore. Il pointait facilement les insuffisances de son matériel - moteur et châssis - l'an dernier, mais les motifs de l'échec se sont depuis déplacées sur le terrain de sa propre immaturité, comme l'a souligné Lewis Hamilton après leur clash au deuxième tour au Grand Prix de Bahreïn.

Le fils de Jos a tout pour lui cette année et on ne comprend donc pas ce manque de régularité qui marquerait une étape essentielle de son évolution. Red Bull l'a placé dans les meilleures conditions psychologiques en lui donnant un statut de premier pilote concrétisé par un confortable contrat de trois ans et Adrian Newey a corrigé les défauts de la RB13. Le V6 français court toujours après le Mercedes et le Ferrari sans les rattraper mais les deux premiers Grands Prix ont donné un ton inquiétant à sa campagne 2018.

C'est un postulat de sa défense : il n'a jamais tort, ou si peu. D'autres sont comme lui - c'est vu par certains comme une qualité - mais ils n'ont pas son talent. Le Batave s'est quand même débarrassé de quelques démons - sa façon de se décaler en freinant pour défendre une position - mais il se défausse encore trop souvent. Les coaches du sport diront que c'est un moyen de se blinder mentalement mais ses erreurs ont été nombreuses depuis l'ouverture du championnat, et n'ont pas aidé à changer son image de pilote impulsif et faillible en dépit d'une pointe de vitesse rare.

Max Verstappen (Red Bull) au Grand Prix de Bahreïn 2018

Un effort disciplinaire indispensable

A Melbourne, il s'est fabriqué ses propres problèmes en laissant filer Kevin Magnussen au départ. Un revers qu'il n'a pas su gérer. Enervé, il est parti en tête-à-queue et le fond plat dégradé a eu bon dos. Il n'a pas non plus tellement écouté les appels de son ingénieur, Gianpiero Lambiase, à gérer ses pneus en surchauffe. A Manama, il a tapé fort en qualification, forcé en course le passage sur Lewis Hamilton et montré un certain fatalisme face à son imprudence, quand même payée par une crevaison.

Il a donc commencé par griller deux jokers et ses 8 points engrangés face aux 50 de Sebastian Vettel et aux 33 de Lewis Hamilton ont déjà redimensionné ses ambitions. Pas de quoi confirmer la stature de futur champion du monde qu'on lui a prêtée par anticipation. Pour l'instant, il n'est pas au niveau d'un Sebastian Vettel, inattendu vice-champion du monde en 2009 au sein d'une équipe RBR dont il avait accompagné la progression dès sa première année de collaboration. Fougueux mais auto-critique, l'Allemand avait appris de son erreur du premier Grand Prix, à Melbourne, une attaque précipitée sur Robert Kubica pour la 2e place. SV avait alors donné priorité à l'indispensable régularité qui construit un titre. Un effort disciplinaire rétribué en 2010 contre un pilote du calibre de Fernando Alonso

Aujourd'hui, MV33 n'a pas encore franchi ce cap et n'affiche d'ailleurs toujours pas le respect suffisant à l'endroit des candidats au titre mondial, tout simplement parce qu'il n'est pas capable de se mettre à leur place et se soumettre aux exigences de l'exercice. Il lui manque pourtant peu pour ça. De la pondération dans son pilotage, de l'instinct de conservation dans le combat rapproché.

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