La note : 4/5

Un mano a mano du début à la fin, dont le scénario est celui d'un thriller que certains ne pensaient pas possible au Castellet. Mais si ! A la différence de 2018 et 2019, Mercedes n'écrase plus la concurrence et les têtes pensantes de Red Bull ont de la ressource. Pour autant, tout ne s'est pas résumé à un duel entre Max Verstappen (Red Bull) et Lewis Hamilton (Mercedes). La bataille a été passionnante pour la troisième place entre leurs lieutenants Sergio Pérez et Valtteri Bottas, et Pierre Gasly (AlphaTauri) a bataillé contre les McLaren et les Ferrari. Difficile de demander mieux !
Grand Prix de France
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20/06/2021 À 15:51

Le vainqueur : Max Verstappen (Red Bull)

Pole position, victoire et meilleur tour en course : c'est le premier "Hat trick" du "Hollandais volant", que l'on aurait pu qualifier de "masterclass" sans un départ raté. Mais celui-ci a justement posé les fondations d'une contre-attaque géniale, en deux temps. Un undercut au 20e tour sur Lewis Hamilton puis un sacrifice de sa première place au 33e passage pour une remontée éclair en "medium", et un dépassement ahurissant de facilité dans l'avant dernier tour.
Après le coup de pied rageur dans un pneu à Bakou, la fessée à Hamilton ! Le Batave jubilait comme rarement à la radio dans le tour d'honneur après cette leçon donnée à Mercedes.
Trois victoire, c'est désormais autant qu'Hamilton, et les 12 points d'avance qu'il possède sont finalement peu par rapport à la domination qu'il exerce depuis trois courses. Le chemin est cependant encore long, il le sait.

Le battu : Lewis Hamilton (Mercedes)

Que dire, si ce n'est que le Britannique a laissé passer une deuxième occasion en or en deux courses de gagner ? Il a véritablement raté le coche lors de son arrêt au stand. Pourquoi a-t-il attendu un tour de plus pour stopper, alors que Max Verstappen venait de le faire au 19e passage, pour répondre à une tentative d'undercut de Valtteri Bottas au 18e tour ?
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Pour lui, rester devant n'aurait pas empêché Max Verstappen de stopper une deuxième fois, mais il aurait peut-être été en position d'en faire de même. Avec des si, on pourrait réécrire l'histoire mais une chose est sûre, Red Bull a compris plus de choses ce week-end que Mercedes. De la charge aérodynamique à mettre sur l'aileron arrière (Verstappen en avant moins) à l'évaluation du gain possible lors d'un retour en piste sur un undercut.
"Nous adorons la bagarre !", avait prévenu LH44 samedi. Il va y en avoir encore cette saison, plus palpitante que les précédentes. De quoi l'inciter à rempiler en 2022 ?

Le bon élève : Sergio Pérez (Red Bull)

Max Verstappen étant abonné au top 2 cette saison quand il n'éclate pas un pneu, le Mexicain l'a rejoint pour la première fois sur le podium car il a rempli sa mission, consistant à battre son alter ego Valtteri Bottas. Avec les félicitations de son leader - "Merci pour cela !" - lorsqu'il lui a ouvert la porte au 35e tour.
"Checo" est bien le troisième homme de ce championnat, et Red Bull prend le large grâce à lui chez les Constructeurs avec 37 points d'avance sur Mercedes.

L'agacé de mauvaise foi : Valtteri Bottas (Mercedes)

Le Finlandais croyait ses contre-performances en séries dues à un châssis mal fichu et on a vu ce que Lewis Hamilton en a fait après l'inversion décidée par Mercedes. Il a pesté contre la stratégie à deux arrêts laissée dans les cartons mais il n'a certainement plus le poids suffisant dans l'équipe - s'il l'a jamais eu - pour décider d'une telle chose. D'aucun secours pour son leader, il a encore craqué sous la pression de Max Verstappen en faisant un écart à la chicane Nord.

Le bonus : Le public

Méprisé par les autorités de la Formule 1 qui ont imposé un changement de date jamais-vu à cinq semaines de l'épreuve de Formule 1, il a fait souffler un vent d'optimisme qui a fait plaisir aux pilotes et aux équipes, qui ont eu pour la première fois le sentiment d'un retour à la normale. "Marseillaise" scandée dans les trois tribunes de 5 000 personnes, drapeaux bleu-blanc-rouge en mouvements, encouragements incessants : le public a fait de cette course une fête et il a bien mérité de voir ce dénouement mémorable.

Le malus : Ferrari

Courant en 2020, un tel fiasco était devenu une anomalie. Pour la première fois cette saison, la Scuderia a fini une course avec zéro point. Charles Leclerc (16e) était si mal en "medium" qu'il s'est arrêté avant Carlos Sainz, qui avait mis ses pneus au carré en sortant dans le tour de mise en prégrille. En proie à une dégradation excessive également avec en "dur", le Monégasque a été le seul à stopper deux fois avec Max Verstappen, en espérant une amélioration avec un dernier set de "medium". Malheureusement, il n'a constaté aucun progrès avec une SF21 moins chargée en essence. "C'est un gros point faible", a avoué le natif de Monte-Carlo.
L'Espagnol a mieux tenu le choc mais il a fini à la porte des points (11e).

La stat : 0

Aucun abandon pour la dixième fois dans l'histoire de la Formule 1 et la sixième fois sous l'ère hybride. Le précédent remontait au Grand Prix d'Autriche 2019.

La déclaration : Lewis Hamilton (Mercedes)*

"D'abord, il y a des marbles à l'intérieur, je ne voulais donc pas mettre mes pneus en plus mauvais état qu'il ne l'étaient déjà. Il avait son DRS ouvert, s'il ne m'avait pas passé, il l'aurait fait dans la ligne droite suivante. Ça ne faisait aucune différence."
* à Motorsportweek.com
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