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Hamilton : "C'était comme des tours de qualification que j'enchaînais"

Hamilton : "C'était comme des tours de qualification que j'enchaînais"

Le 04/08/2019 à 19:55Mis à jour Le 04/08/2019 à 22:33

GRAND PRIX DE HONGRIE - Lewis Hamilton (Mercedes) a raconté dimanche comment, bloqué derrière le leader Max Verstappen (Red Bull), il a accepté le pari d'un second arrêt au stand. Sans savoir s'il pourrait revenir sur le Néerlandais. Ce qu'il a fait lors du 67e des 70 tours de circuit, avant de s'imposer.

"Je suis fatigué, ce qui est normal, Je me sens vraiment reconnaissant envers l'équipe de continuer à croire en moi pour repousser les limites, prendre des risques et parier sur moi, a déclaré Lewis Hamilton dimanche, après sa septième victoire au Grand Prix de Hongrie. Ça fait sept ans que nous sommes ensemble et c'est à chaque fois comme une première victoire."

Deuxième en début de course, jamais il n'aurait imaginé une telle fin, car il a vite dû modérer son rythme pour éviter de mettre ses freins dans le rouge équipe. "Nous avons eu des problèmes de freins tout le week-end et entre les températures à l'avant et la vitrification, j'étais inquiet, a d'abord expliqué le quintuple champion du monde. Nous avions fait des changements sans voir aucune différence, et naturellement nous avons abordé la course avec ce problème. J'ai donc fait pas mal de 'lift and coast' (ndlr : action de lâcher la pédale de frein avant le point de freinage normal, une technique habituellement utilisée pour économiser l'essence) en évitant même de toucher la pédale sur la moitié du tour." Un véritable tour de force, en vérité : 26% du tour du Hungaroring est consacré au freinage, le ratio le plus important de la saison.

Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de Hongrie 2019

Hamilton a sans cesse attaqué

Max Verstappen passé au stand pour son unique arrêt au 26e tour, Lewis Hamilton a créé un décalage en stoppant au 32e, ce qui a rendu la suite possible. "Je suis retourné en piste avec des pneus plus frais de six ou sept tours - ou un truc du genre - et à ce moment j'étais bien plus rapide. Je me disais que je devais tenir, maintenir la pression sur lui", a expliqué le numéro 1 mondial.

"Je peux vous dire une chose : j'ai attaqué à la limite du début à la fin, a-t-il assuré. Ce fut très, très difficile car sa défense était top. Ils [les Red Bull] étaient rapides en ligne droite." De retour dans les échappements du Honda de la RB15, il a tenté un dépassement à haut risque, au 39e des 70 tours, qui l'a conduit dans le dégagement du virage n°4.

"J'ai fini par mettre mes doutes de côté"

Il travaillait à rétablir la jonction quand la solution est arrivée dans ses écouteurs. "Je me demandais quand l'opportunité allait se présenter - nous avons eu du trafic et d'autres problèmes - et soudain ils m'ont dit que nous passions sur deux arrêts, a-t-il exposé. Pour être honnête, j'étais incapable de calculer si ça pouvait le faire. Je ne savais pas si j'étais capable de lui reprendre 19 secondes. Je pensais que je pourrai finir en 'dur', et qu'il pourrait faire la même chose que moi."

Avec presque 20 secondes de retard à 22 tours du terme de cette 12e manche du Mondial, les "dur" étaient l'évidence mais un autre pari était possible… "Là, ils m'ont mis des 'medium' qui n'ont pas fonctionné au début, puis ont marché à un moment, a précisé l'Anglais de 34 ans, vainqueur de sa première course avec Mercedes en Hongrie, en 2013. Je me suis alors dit 'Mince, il [Verstappen] s'aligne sur mes chronos…' J'ai alors commencé à faire des tours de qualification. J'ignorais si les pneus allaient tenir ; et puis oui finalement. C'était super."

"Mes pneus s'usaient, et ce sont toujours des choses qu'on a à l'esprit. Mais comme me l'a dit l'équipe, il fallait rester calme, ce que j'ai fait. Et j'ai continué à attaquer, attaquer, et l'écart n'a fait que se réduire. C'était comme des tours de qualification que j'enchaînais. Et j'ai fini par mettre mes doutes de côté."

"Je tire un coup de chapeau à l'équipe ! Je pense que si Niki [Lauda] avait été là il nous aurait enlevé sa casquette", a-t-il conclu.

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