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N'en déplaise à Ferrari, Mercedes deviendra bientôt l'écurie du siècle

N'en déplaise à Ferrari, Mercedes deviendra bientôt l'écurie du siècle

Le 02/08/2019 à 07:41Mis à jour Le 03/08/2019 à 16:52

GRAND PRIX DE HONGRIE - Mercedes, c'est une épopée qui ne se dément pas. Après 200 Grands Prix, l'écurie affiche même un palmarès jamais vu. Loin devant Ferrari ou Lotus. Prochaine étape pour la firme à l'Etoile : le titre de meilleure équipe du XXIe siècle...

Après le Grand Prix du Brésil 2018, Jean Todt avait appelé Toto Wolff pour le féliciter d'avoir conquis les titres mondiaux Pilotes et Constructeurs pour la cinquième année consécutive. Le Français était beau joueur et son interlocuteur avait apprécié le compliment à sa juste valeur. Todt avait pris de la hauteur depuis quelques années dans le fauteuil de président de la FIA, mais c'est aussi en tant qu'ancien directeur de la Scuderia Ferrari qu'il avait salué la réussite de l'Autrichien à la tête de Mercedes F1. Heureux que le sport vive d'épopées et de records renouvelés.

Depuis, l'écurie allemande ne s'est pas arrêtée en si bon chemin. Malgré le couac du dernier Grand Prix d'Allemagne, elle déroule avec Lewis Hamilton et Valtteri Bottas une nouvelle saison au presque parfait. Son avance à mi-championnat est telle que personne ne l'imagine défaite en 2019 ; pas même Max Verstappen (Red Bull), plus sérieux rival du Britannique et du Finlandais dans la quête du Graal.

A Hockenheim, Mercedes n'a pas fêté dignement son 200e Grand Prix dans la catégorie. Mais son bilan depuis sa première participation au championnat du monde de Formule 1, au Grand Prix de France en 1954, est absolument impressionnant. Il s'établit à 7 titres Pilotes et 5 Constructeurs, 96 victoires avec à la clé 51 doublés, 109 pole positions dont 66 doublés et 70 meilleurs tours en course. On pourrait aussi ajouter 46 "hat tricks" - c’est-à-dire la combinaison pole position - victoire - meilleur tour en course. Et 29 "Grand Chelem", autrement dit un "hat trick" assorti d'une course menée de bout en bout.

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Fangio l'ancien, Hamilton le moderne

Les chiffres sont la manière la plus courte d'énoncer un palmarès, mais ils ne reflètent en rien l'empreinte laissée dans le sport. A ce titre, Mercedes c'est un grand écart entre un passé tourmenté, stoppé brutalement à deux reprises - l'ère des Titans par la Seconde guerre mondiale en 1939 et l'engagement en Formule 1 par la tragédie des 24 Heures du Mans en 1955 - et une modernité glorieuse sous l'égide d'un seul règlement technique, celui de l'ère des turbo hybrides à partir de 2014.

Mercedes a régné sur les Grands Prix en 1954 et 1955 avec Juan Manuel Fangio, deux fois sacré champion du monde, avant d'observer une pause de… 55 ans pour revenir en 2010 avec le pilote doté des lignes de statistiques les plus fournies, Michael Schumacher et ses records de 7 titres, 91 victoires et 68 pole positions.

Grands Prix disputés Titres Pilotes Titres Constructeurs Victoires Pole positions
Mercedes 200 7 5 96 109
Lotus 200 5 6 57 67
Ferrari 200 6 2 49 60
Williams 200 3 4 40 29
McLaren 200 2 1 25 18

Juan Manuel Fangio avait été sacré en 1951 avec Alfa Romeo avant de devenir un pilote emblématique de la marque - il en a été l'ambassadeur jusqu'à sa mort en 1995 - et Michael Schumacher avait constitué l'intégralité de son palmarès avec Benetton et Ferrari lorsqu'il a rallié la marque qui l'avait amené jusqu'en Formule 1. Après quatre ans d'hésitation, la firme à l'Etoile a su renouer sur les circuits avec l'image d'excellence technologique qu'elle a toujours véhiculé avec le moteur turbo et des pilotes formés en karting, Nico Rosberg et Lewis Hamilton. L'Allemand sacré en 2016, le Britannique est finalement devenu le deuxième grand pilote de l'Histoire des Flèches d'argent à la façon de Juan Manuel Fangio : en ajoutant quatre titres à celui qu'il avait acquis avec McLaren en 2008.

Mercedes, un géant

En seulement 200 Grands Prix, Mercedes a réussi à écrire une histoire sans égale et posé une empreinte indélébile sur la Formule 1. Après un nombre de participations identique, Ferrari (au Brésil en 1973) comptait 6 titres Pilotes, 2 Constructeurs, 49 victoires et 60 pole positions. Mais - ô surprise - Lotus affichait un meilleur score (à Monaco en 1976) que la Scuderia avec 5 titres Pilotes, 6 Constructeurs, 57 victoires et 67 pole positions.

Grands Prix disputés Titres Pilotes Titres Constructeurs Victoires Pole positions
Ferrari 981 15 16 235 222
McLaren 853 12 8 182 155
Williams 734 7 9 114 128
Lotus 606 6 7 81 107
Mercedes 200 7 5 96 109

Mercedes a fait sa légende avec Juan Manuel Fangio et Lewis Hamilton et elle n'a finalement pas de complexe à avoir face aux légendes que Ferrari a construite avec ses seigneurs Alberto Ascari, Niki Lauda et Michael Schumacher, McLaren avec Alain Prost, Ayrton Senna et Mika Häkkinen, ou Lotus avec Jim Clark principalement. Dans ce tableau d'honneur, on n'oublie pas Williams et son parcours cinquantenaire, qui souffre peut-être d'une identification moins forte puisqu'elle a obtenu sept titres avec sept pilotes différents ; dont seul émerge réellement Nigel Mansell sur la longueur.

A l'aune des chiffres, Mercedes deviendra en fin de saison la meilleure équipe du XXIe siècle (ndlr : depuis 2001) et aura plus de chances de se hisser à terme - dans vingt ans peut-être a soufflé Toto Wolff à Hockenheim - au niveau de Ferrari. C'est une question de puissance industrielle et financière pour la marque, qui de ce côté-là est mieux armée que Lotus, McLaren ou Williams pour tenir la distance face à Ferrari qui fêtera l'an prochain son 1000e Grand Prix...

Depuis 2001 Grands Prix disputés Titres Pilotes Titres Constructeurs Victoires Pole positions
Ferrari 345 5 6 100 85
Mercedes 188 5 5 87 101
Red Bull 276 4 4 61 60
McLaren 344 1 0 52 45
Renault 250 2 2 20 20
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