La guerre médiatique est déclarée entre Mercedes et Ferrari. Toto Wolff ne supporte plus Mattia Binotto et l'a signifié en des termes cinglants, samedi au Hungaroring. Le directeur de Mercedes Motorsport avait dit à Spielberg tout le respect que lui inspirait la marque Ferrari, mais sûrement pas son directeur d'équipe en Formule 1, Mattia Binotto, avec lequel il est désormais clairement en conflit. Le patron autrichien avait confié à Spielberg son exaspération devant les fausses excuses avancées par le chef des Rouges face aux problèmes de puissance et d'appuis aérodynamiques - tout ce qui fait une bonne voiture - rencontrés sur la SF1000. "Bien sûr, nous voulons qu'ils soient compétitifs et capables de rivaliser avec nous, en suivant les mêmes règles", avait lancé l'Autrichien. Une allusion à peine voilée au gain de puissance illicite dont aurait bénéficié Maranello pendant un an et demi, en contournant la restriction de débit d'essence de son V6.

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La Fédération internationale de l'automobile ayant légiféré en secret - ce qui a beaucoup énervé dans le paddock - cet hiver sur la question, Ferrari s'est retrouvée piégée toute seule, de son propre fait. Ce qui fait bondir Toto Wolff, c'est d'entendre encore aujourd'hui Mattia Binotto, directeur technique de Ferarri et donc père de la "rossa" 2020, expliquer que le cadrage plus strict opéré par le pouvoir sportif - qu'il appelle pudiquement "clarification" - a désavantagé la Scuderia. Spécialement sur le tour qualification, lors duquel le stratagème était employé. En sus de situations de course bien précises comme des dépassements contre les Mercedes.

Dommages collatéraux, concurrence déséquilibrée

"Encore une fois, ça n'a absolument pas de sens. Les règles concernant la source de la puissance (ndlr : le débitmètre) étaient claires pour quiconque obéissait aux règles, a rappelé Toto Wolff, dans des propos rapportés par Motorsport.com. "L'ironie est qu'ils nous ont amenés à un nouveau sommet absolu. Presque au burn-out pour ce qui nous concerne, l'an passé."

La course à la puissance engagée par Ferrari était effectivement devenue infernale. Elle incitait Mercedes à entrer dans une dimension jamais explorée. Conscient de la menace, le patron de Mercedes F1 avait, dès le mois d'octobre 2019, alerté ses équipes de motoristes, à Brixworth, sur la nécessité de pousser le développement en prenant un maximum de risques, quitte à se mettre en danger. Le V6 hybride en cours de validité pour 2020 avait été totalement revu, en urgence.

Malheureusement, les dégâts collatéraux sont nombreux, et pas uniquement pour les utilisateurs de la puissance de Ferrari, à savoir Haas et Alfa Romeo, les deux autres équipes avec la Scuderia qui ont le plus régressé depuis 2019. C'est simple, il leur manque à elles aussi 60 chevaux. Ce que Ferrari avait chiffré à 0"7 par tour à Spielberg, sur un tour d'une minute. Donc largement plus d'une seconde sur un chrono de 90 secondes pour un circuit standard du championnat. Tout cela fait qu'aujourd'hui, le plateau est devenu déséquilibré, avec une écurie controversée comme Racing Point et ses "Mercedes roses" positionnée en premier challenger. Devant et hors de portée de Ferrari.

Mattia Binotto (Ferrari) au Grand Prix de Hongrie 2020

Crédit: Getty Images

L'allusion de trop

Preuve que Toto Wolff n'est plus décidé à laisser passer quoi que ce soit de la part de Mattia Binotto, il l'a repris de volée sur les négociations des nouveaux Accords Concorde, qui doivent régir les aspects essentiellement commerciaux entre le promoteur du Championnat du monde et les équipes sur la période 2021-2025. Le manager italo-suisse a indiqué qu'il était prêt pour Ferrari (tout comme McLaren), mais que "certaines autres équipes n'y était pas prêtes". Wolff n'a pas supporté que Mercedes puisse être amalgamée à "certaines autres équipes", et il l'a dit sur un ton moralisateur : "Ils se font passer eux-mêmes pour des idiots avec ces commentaires", a lancé Wolff.

En somme, il aimerait que Ferrari tienne un discours déjà clair pour elle, sans s'aventurer à présumer ce qui se passe chez les autres. Mercedes ne semble pas satisfaite de certains point de négociations mais elle entend bien signer ces accords qui renouvelleraient son engagement en Formule 1 pour les cinq prochaines années. Au bout du compte, c'est bien de cela dont il s'agit.

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