L'ombre de Robert Kubica plane forcément ici... Comment va-t-il?
Eric Boullier : Très bien, dans le sens où il est motivé, qu'il travaille beaucoup. Il s'entraîne en Italie. Il viendra dans le paddock quand ça l'intéressera. Il progresse vite et on connaîtra cet été les potentialités de son retour.
L'équipe vise ouvertement la victoire ici. La voiture a donc encore une fois les qualités requises pour briller ici...
Grand Prix de Monaco
Pérez pimente la F1
27/05/2011 À 06:02
E.B. : Nick [Heidfeld] connaît très bien Monaco, Vitaly [Petrov] adore le circuit... Concernant la voiture, c'est la même base mécanique que celle de l'année dernière et elle est en plus performante en termes d'aéro. Elle est facile à conduire, il est donc possible d'aller chercher une place devant. Maintenant, on sait que les stratégies "live" vont être compliquées dimanche. La R31 est bien sur tout le circuit et spécialement le secteur 1, car elle absorbe bien les bosses.
Depuis un moment, il est beaucoup question de l'avenir de la F1, de l'opportunité d'introduire des 4 cylindres 1.6 turbo en 2013. Qu'en pensez-vous, à la fois en tant que directeur d'équipe de LRGP et vice-président de l'association des équipes de F1 (FOTA) ?

2011 GP d'Espagne Renault Boullier

Crédit: Eurosport

E.B. : En tant que team principal de LRGP, je suis satisfait de la décision de notre partenaire Renault de construire le 4 cylindres turbo pour 2013. Le rôle de la FOTA est de travailler à l'avenir de la F1. Nous discutons des perspectives de la discipline et des avis différents de l'establishment s'expriment actuellement. Je pense qu'il n'y a pas grand intérêt à avoir en même temps un 4 cylindres turbo et un V8 atmo sur la grille, tout simplement parce qu'il sera impossible de définir l'équivalence de performances. Cette proposition était intelligente, recevable, et avait le mérite d'enlever un peu de stress à des fournisseurs. Mais elle paraît très compliquée à mettre en place. Néanmoins, on peut envisager une période de transition.
En 2007, les moteurs ont été gelés, la plupart des grands constructeurs sont partis. En termes de vecteur d'image, une monoplace de Formule 1 est devenue un "produit aéro". Les notions de puissance et de régime maxi qui faisaient rêver les fans ont disparu de la communication...
E.B. : Tout dépend de la façon dont on veut positionner la F1 pour le futur. Si la F1 veut aller vers de la technologie apparentée à la voiture de Monsieur Tout-le-monde, alors oui il faut y aller. Si la F1 doit être un sport d'envergure planétaire, global, qui sert à préparer les jeunes, à mettre plus les fans au coeur du sport, il faut comprendre ce qu'ils en attendent, tous. Les fans ont rêvé comme vous le dites de moteur puissants, et de pilotes-stars, mais il faut que ça reste en adéquation avec l'économie mondiale. Sinon on n'y arrivera pas.
On en revient à une F1 faite de teams indépendants animés par la passion de la course, qui s'allient à des constructeurs qui s'impliquent en tant que motoristes...
E.B. : La F1 a connu trois phases ces vingt dernières années. Les années 80 avec des duels de légendes, des technologies embarquées, l'emploi généralisé du carbone ; les années 90 et une explosion de la notoriété et de l'attrait pour la discipline dans une assez grande liberté réglementaire ; et enfin les années 2000, où quasiment 100% des écuries étaient des constructeurs. On a atteint là un autre degré de budget, de communication, d'image, de technologie. Depuis deux ans, la F1 est redevenu celle des années 90, avec des équipes privées. La stratégie à long terme doit donc changer, car pour les sponsors la lisibilité est importante. Dans les années 2000, les constructeurs ont fait la promotion d'une marque plus que d'un pilote. Là, on va réutiliser le côté glamour, développer l'image des pilotes-stars. D'où la question : quelle place pour la technologie ? A part Mercedes et Ferrari, il n'y a que des écuries privées dans le paddock. Les autres constructeurs veulent communiquer sur le moteur et autour du moteur. Il faut donc changer le positionnement.
Qu'en est-il de la possibilité de faire des tests en cours de saison ?
E.B. : Je suis le premier à dire qu'il faut en remettre, car de jeunes pilotes ont besoin de rouler pour se préparer. Nous l'avons vu avec Petrov, et Maldonado l'illustre aujourd'hui. Et ce n'est pas avec trois jours de rookie-test qu'on va y arriver. Mais ça coûte très cher de faire des tests en F1, et les teams n'ont plus d'équipe d'essais. Une équipe se tape tous les essais d'hiver et toute la saison, et à un moment, ça commence à être difficile. Si on rajoute des tests, ça va grogner. L'idéal serait de créer une séance supplémentaire le vendredi matin pour les jeunes. Tous les teams ont un troisième pilote et des coques dans les camions prêtes à être assemblées.

La tendance s'est encore accélérée cette année : les équipes ont de plus en plus de mal à valider les upgrades sur un seul vendredi matin. Elles étalent les validations sur deux week-ends.

2011 GP d'Australie Renault Petrov

Crédit: AFP

E.B. : Complètement. C'est devenu difficile d'arrêter un jugement le vendredi matin car on doit enchaîner sur d'autres programmes le reste du week-end.
Romain Grosjean est l'avenir de LRGP ?
E.B. : Romain est un pilote Gravity depuis un an, et sa feuille de route est claire.
Le titre, rien que le titre ?
E.B. : Non, justement. Tout le monde sait qu'il va vite, très vite. Romain a eu une première expérience (ndlr : 7 GP en 2009 avec Renault) ou il s'est brûlé les ailes parce qu'il n'était pas bien préparé. Il se voit offrir une deuxième chance comme peu de gens dans la vie. Il sait très bien ce que je pense, je lui ai dit d'une manière rude et ferme. C'est ainsi. J'ai besoin d'un pilote charismatique, qui a du caractère, qui n'a pas la grosse tête, qui sache fédérer une équipe et la mener vers le succès. Dams est une très bonne équipe pour lui, qui va me permettre de voir ce qu'il va comprendre. Il doit aller vite, tout le temps, et remporter des courses. Champion ou pas champion, on fera le bilan à la fin. S'il n'est pas champion, on verra si c'est pour une raison qui lui est propre. J'ai besoin de le formater "à la Boullier" je dirais, car s'il revient en F1 - je dois plutôt dire QUAND il reviendra parce ce qu'il va revenir - il va se prendre des coups, grave. J'ai besoin d'avoir quelqu'un qui sait pourquoi il est là. S'il est là pour gagner des courses et le championnat du monde de F1, ça me va. S'il est là pour autre chose, il n'a rien à faire ici. Je lui passe régulièrement le message de venir dans l'équipe de F1 pour parfaire son apprentissage. J'attends qu'il s'implique plus.
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