Il reste six Grands Prix pour départager Max Verstappen et Lewis Hamilton d'un côté, Red Bull et Mercedes de l'autre, et tous les arguments sont désormais bons pour prendre le dessus. Bons, c'est une façon de parler car on a désormais droit au pire entre les protagonistes de Milton Keynes et Brackey, sur la piste et en dehors. Toutes les accusations sont désormais valables pour tenter de déstabiliser le camp adversaire. Enfin, surtout de la part de RBR.
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Bien sûr, les clashes de Silverstone et Monza sont passés par là. Balancé dans un mur avec force G (51 au total), Max Verstappen avait riposté à l'hôpital en accusant son rival et toute l'équipe Mercedes d'avoir fêté sans honte leur victoire assez embarrassante. "C'est ce que j'ai trouvé vraiment irrespectueux, et d'une certaine manière, cela montre comment ils sont vraiment", avait lâché MV33, soutenu par son équipe. Conseiller de Red Bull Racing, Helmut Marko avait poursuivi ce procès moral en réclamant une suspension pour le Britannique.
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Pour se défendre, ce dernier avait précisé : "J'ai vu sur l'écran qu'il était sorti de la voiture et avait l'air bien, puis on m'a dit qu'il allait bien. Quel moment monumental ce fut pour nous de faire l'expérience de toute la foule à domicile pour la première fois [depuis 2019]. Ce n'était pas comme une célébration intentionnelle ; c'était juste la joie de voir tant de gens célébrer, être ensemble, c'est l'émotion nationale."
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La hache de guerre a-t-elle été déterrée ?

"J'ai appelé Max juste pour vérifier s'il allait bien et lui faire savoir que le respect est toujours là. Évidemment, il n'est peut-être pas réciproque, mais ce n'est pas grave", avait glissé le septuple champion du monde, pas en retard d'une pique mais surtout frustré d'avoir trouvé porte fermée dans Copse alors qu'il l'avait laissé ouverte quelques virages avant.
Max Verstappen avait mal encaissé ses gros points perdus en Angleterre, mal digéré les dégâts sur son moteur, qui l'avaient poussé à en prendre un quatrième à Sotchi pour finir la saison ; avec départ en dernière position à la clé. Le connaissant, il ne fallait pas attendre autre chose que de la distance à Monza. "J'étais groggy dans mon cockpit et j'ai juste vu Max passer à côté de moi", s'était offusqué Lewis Hamilton.
Depuis, leurs routes ne s'étaient pas croisées mais c'était la paix armée. La hache de guerre a-t-elle été déterrée à Austin ? Tout porte à le croire car ça a chauffé par médias interposés, bien avant le clash en piste, vendredi.
Et quand Lewis Hamilton et Max Verstappen n'ont rien à se reprocher, leurs patrons se chargent de monter dans les tours. Red Bull, persuadé de finir la saison avec la meilleure aérodynamique et le meilleur moteur, avait été pris au dépourvu par la vitesse de la Mercedes en Turquie, et s'était ouvertement interrogé sur la soudaine capacité du moteur de la W12 à dominer en Vmax.
Et comme la guerre médiatique est quelque chose qui s'entretient, Christian Horner a attaqué sur un autre front au Texas, après la nouvelle démonstration de la W12 en ligne droite, lors des essais libres 1. L'Anglais a en effet pointé la suspension de la monoplace allemande.
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"Vous êtes nourris par beaucoup de conneries !"

"Quand on regarde l'arrière de leur voiture, on voit qu'elle s'affaisse en ligne droite, a fait remarquer le manager anglais, sur Sky Sports, dans des propos repris par GPblog.com. Pour lui, c'est une évidence : le mouvement de la suspension sert à réduire la traînée aérodynamique, donc augmenter la Vmax. Même s'il a observé que la suspension bougeait moins qu'en Turquie, il a obtenu ce qu'il voulait en faisant réagir son homologue autrichien. "Ce sont de belles histoires, mais tout le monde travaille pour améliorer la suspension et nous le faisons depuis longtemps, a coupé le parton des septuples champions du monde en titre. Les gens pensent qu'on a fait une découverte extraordinaire, mais mon expérience montre que ce n'est pas le cas."
A savoir si l'origine du surcroit de vitesse de la Mercedes pouvait être dû à de nouvelles soupapes à rappel pneumatique, Toto Wolff s'est fait cinglant comme rarement devant ses interlocuteurs de la chaîne britannique. "Vous êtes nourris par beaucoup de conneries !, s'est-il énervé. Mais les questions sont intéressantes. Nous n'avons pas besoin de parler de soupapes pneumatiques et de toute chose comme ça car vous et moi n'y comprenons rien !" Voilà, fermez le ban.
Plus sérieusement, et c'est la preuve que Mercedes et Max Verstappen peuvent toujours se rejoindre, Toto Wolff a estimé que la Mercedes était aujourd'hui meilleure que la Red Bull pas seulement dans les lignes droites, mais aussi dans les virages rapides. Ce que Max Verstappen a corroboré en avouant que la firme à l'Etoile ne puisait pas sa force actuelle dans son moteur, du moins pas uniquement, mais dans un meilleur travail d'exploitation.
Sans chercher à tout prix l'origine du regain de Mercedes, il est certainement juste de dire que Brackey a trouvé un moyen de mieux optimiser sa W12, ce qui est d'autant plus inquiétant pour Red Bull, dont la machine arrive en bout de développement. Après avoir insisté sur le fait qu'elle allait faire évoluer son bolide tout au long de l'année - on a vu que c'était vrai -, Milton Keynes a reconnu pour la première fois à Austin que seules des retouches marginales seraient apportées à sa voiture d'ici la finale d'Abou Dabi. Pas de quoi reprendre la main.

"Il y a de la frustration, je sais ce qu'il ressent"

La lutte en restera donc peut-être là sur le thème des arguments techniques. Chacun est donc parti pour faire avec ce qu'il a jusqu'au bout, ce qui semble stresser Max Verstappen. Agacé par la manœuvre de dépassement de Lewis Hamilton vendredi lors des essais libres 2, le Néerlandais a versé dans la vulgarité pour signifier sa façon de penser à Lewis Hamilton. Ce qui n'a pas manqué de faire réagir. "Ils étaient en pneus neufs, a noté Jenson Button. C'est un peu un accord entre pilotes (ndlr : de rouler sans se doubler en attendant de se lancer dans un tour rapide), mais Lewis a sauté à l'intérieur. Je ne sais pas s'il jouait à un jeu mais ça a secoué Max et il était très énervé à la radio. C'est juste un peu de frustration qui monte. Il n'a pas attaqué son tour rapide avec cet incident, puis il a eu du trafic deux tours de suite."
"Il y a de la frustration, je sais ce qu'il ressent, a poursuivi le champion du monde 2009, coéquipier de Lewis Hamilton chez McLaren de 2010 à 2012. Tout dépend comment on gère ça. Ils (Red Bull) vont probablement s'assoir avec lui pour le calmer afin de se concentrer sur samedi."
"Je n'ai pas pu faire un tour rapide. C'était tout simplement le bazar avec le trafic, a confirmé Max Verstappen. Qui n'a toujours pas compris l'attitude de Lewis Hamilton. "Nous étions côte à côte, je ne saisis pas ce qu'il s'est passé là", a-t-il justifié.
En fin observateur, Jenson Button a bien senti que Max Verstappen était allé trop loin, en dépit d'une frustration compréhensible, car Helmut Marko n'a pour une fois pas soutenu son pilote. "Nous avons eu ça plus que souvent cette saison. Ces deux-là n'irons pas diner ensemble - nous ne le savons de toute façon - mais ce n'était pas nécessaire." C'est bien résumé.

Max Verstappen

Crédit: Getty Images

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