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Jacques Villeneuve : "On veut d'abord voir une progression, une énergie, une faim"

Villeneuve : "On veut d'abord voir une progression, une énergie, une faim"

Le 15/01/2019 à 18:06Mis à jour Le 17/01/2019 à 09:45

Lors de la présentation de sa nouvelle école de pilotage "Feed Racing", Jacques Villeneuve nous en a dit un peu plus sur ce qu'il espérait.

Vous n'avez pas choisi le nom de Feed Racing par hasard…

Jacques Villeneuve : Feed fait référence aux feeders ou feeding categories américaines qui nourrissent en talents les plus gros catégories. C'est la base, ce que l'on veut : détecter le pur talent, le jeune pilote capable d'être autodidacte - c'est primordial pour ne pas se faire bouffer par les équipes en montant après - et d'être fort sous pression.

En se penchant sur les résultats des "volants" des années 70 ou 80, on voit parfois que les deux ou trois premiers avaient le niveau Formule 1. C'est l'esprit de ces volants que vous voulez retrouver ?

J. V. : Oui. C'est ce qui manque aujourd'hui : il y a énormément de talents qui restent à l'ombre et qui n'osent pas rêver et c'est triste. Ou qui rêvent mais qui sont persuadés que c'est impossible parce qu'ils ne sont pas milliardaires. Et sans parler de rouler en F1, mais en GT ! A l'époque, les quatrième ou cinquième des "volants" ont eu une carrière car ça leur a donné une crédibilité. Tout le monde se disait qu'ils avaient quand même fait la finale.

Dans tout ça, avez-vous le sentiment de déranger un peu le système, d'être un peu un électron libre ?

J. V. : Je l'ai toujours été, et ce n'est pas ce que je recherche. Ça se fait naturellement. Là, je vois un vide, quelque chose qui me dérange.

Vous allez qualifier pour la finale quarante pilotes au chrono, et huit à votre discrétion. Est-ce que ces huit repêchés auront autre chose, une personnalité particulière ?

J. V. : Non. Ce sera purement le chrono, car autrement ce serait rechercher un côté politique dans l'image du pilote. Mais ça pourra comprendre une certaine personnalité, une certaine faim. Dans le panel des huit, on veut d'abord voir une progression, une énergie, une faim. Regarder ce qui se passe en dehors de la voiture pourrait plus avoir un effet plus négatif qu'autre chose.

En 1976, Alain Prost avait choisi Le Castellet plutôt que Magny-Cours pour une question de météo, afin d'augmenter ses chances de disputer une finale équitable sur une piste sèche. A Magny-Cours, au mois de novembre, il pleuvra peut-être…

J. V. : Il y aura un panel de jury. Dans le doute, on pourra les faire repasser. C'est déjà arrivé, on tentera d'être le plus équitable possible. Mais à chacun de tirer son épingle du jeu. Et puis, sous la pluie on verra qui sort du lot.

Qui va sortir les 500.000 euros pour financer le saison de Formule 4 du lauréat en Italie ?

J. V. : Nous ! Tout va être réinvesti. On verra ensuite si des sponsors veulent participer aux coûts de la saison.

Jacques Villeneuve et Patrick Lemarié lors de la présentation de Feed Racing à Paris, le 15 janvier 2019
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