[03/07/05)- Impressionnant sur 70 tours de course, Fernando Alonso a fait retomber dimanche la formidable pression que Renault portait sur ses épaules à Magny-Cours. Pour son grand prix national, le Losange devait stopper l'hémorragie de la campagne américaine, soldée par deux résultats blancs, réconcilier la Formule 1 avec son public après le fiasco d'Indianapolis, faire oublier la terrible déconvenue de 2004 et, plus important encore, donner des gages à son nouveau grand patron, le pragmatique Carlos Ghosn. La mission a été accomplie avec brio !
Au rythme d'une seconde gagnée par tour, Fernando Alonso a rapidement fait comprendre à ses collègues que seule la 2e place était en jeu dans cette 10e des 19 manches du championnat du monde 2005. Sur une stratégie classique à trois arrêts, le leader ibère du championnat du monde a profité jusqu'à son premier pit stop de la présence de la Toyota de Jarno Trulli, parti à côtés en 1ère ligne, pour bloquer la progression des Ferrari de Michael Schumacher et Rubens Barrichello.
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Prost de retour pour le triomphe de son successeur
Malgré un premier arrêt éclair pour "doubler" Jarno Trulli au stand, le septuple champion du monde et son écurie, reine de la stratégie ici-même l'an passé, n'ont rien pu contre la superbe des McLaren de Kimi Räikkönen et Juan Pablo Montoya, 2e et 3e après la première de leurs deux haltes. "Incroyable", ainsi l'a jugée le Colombien.
Fernando Alonso nanti d'une marge suffisante pour ressortir en leader de son deuxième pit stop avant même le dernier passage des MP4 au stand, le podium a été figé lorsqu'une panne hydraulique a contraint Montoya à garer sa machine. A presque un tour, Schumi a eu droit au champagne.
La seule alerte pour Alonso fut une perte d'adhérence à l'arrière, en seconde partie de course. Un rappel à la vigilance générale, en fait, dû aux 52°C qui régnaient sur la piste.
Devant les 80.000 spectateurs d'une épreuve ensoleillée et populaire, le damier du Grand Prix de France attendait donc pour la première fois une voiture française victorieuse depuis la Renault RE40 d'Alain Prost, en 1983, au Castellet. Vingt ans après son premier titre et pour la première fois depuis la disparition de son écurie éponyme, le quadruple champion du monde était de retour à Magny-Cours pour assister à ce triomphe.
"C'était un très beau show", a apprécié Carlos Ghosn. "Cela faisait deux courses que nous n'avions pas marqué de points", a commenté Patrick Faure, P-DG de Renault F1 Team. "Après ce triste week-end d'Indianapolis, nous remettons les choses en place. C'est formidable ! Le public français est enthousiaste. Nous avons retrouvé une atmosphère de fête. C'est celle-là que nous devrions avoir tous les dimanches, et pas les incidents regrettables vus à Indianapolis", a-t-il poursuivi. "Nous avons démontré que Renault était très fort, et que lorsque l'on courre tous ensemble, nous sommes les plus forts" , a épilogué Flavio Briatore, directeur général des structures d'Enstone et Viry-Châtillon.
Pour une fois, Ron Dennis a admis la défaite sans rechigner. "Avec Alonso, nous n'avons pas pu faire autrement", a avoué le directeur de McLaren. "Nous aurions été deuxième sans ce problème de moteur", a-t-il ajouté, en référence au recul de dix places de Räikkönen suite à un changement de moteur, vendredi. "Nous ne perdons que deux points. Cela ne nous coûte pas trop cher", a estimé "Iceman". Voilà néanmoins Alonso 24 points devant lui, et Renault installée 18 longueurs devant McLaren.
Williams en galère
Ce Grand Prix de France aura fait d'autres heureux. 4e, Jenson Button a en effet ouvert son score et celui de BAR, l'écurie vice-championne du monde. En revanche, Giancarlo Fisichella peut s'estimer flouer. Il visait l'accessit lorsqu'il a calé et perdu une dizaine de secondes au stands. Jarno Trulli l'a même battu pour la 5e place.
Enfin, plus déçus encore sont les pilotes Williams, complètement passés à côté du sujet. Le mercure à la hausse n'a rien changé au problème de montée en température de gommes fournies à l'équipe de Grove. Pour ne rien arranger, Mark Webber a dû anticiper son second pit stop pour se faire verser au fond du baquet de l'eau froide car le talonnage de sa monoplace échauffait son siège ! Quant à Nick Heidfeld, il a dû passer au stand six fois ! Encore une, et il égalisait le record d'Alain Prost au GP d'Europe de Donington, en 1993. A l'époque, le Français pilotait une... Williams.
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