01-Grand Prix d'Australie

Auteur de la pole position, Hamilton perd vite des positions et abandonne au 3e tour, sur un problème de bougie. Rosberg leader du début à la fin.

Grand Prix de Belgique
Faute de Rosberg, accusation de Hamilton, colère de Mercedes : récit d'un dimanche auto-destructeur
24/08/2014 À 22:08

02-Grand Prix de Malaisie

Pas de duel direct : Hamilton, en pole, mène de bout en bout. Rosberg assure le doublé.

2014 GP de Malaisie Mercedes Hamilton Rosberg

Crédit: Panoramic

03-Grand Prix de Bahreïn

Hamilton défend comme un acharné sa position de leader devant Rosberg. En pneus moins performants, le Britannique verrouille la trajectoire, claque la porte plusieurs fois. Son coéquipier bat même en retraite à un moment pour éviter l'accrochage. "Avertis-le, c'était pas loin !", lance Rosberg à son ingénieur. Avant les dix derniers tours, Paddy Lowe, le directeur technique, demande à ses pilotes de penser d'abord à ramener leurs voitures à l'arrivée.

Wolff, sur Canal+ : "On les a laissés se bagarrer. On a beaucoup discuté de ça entre nous. On ne sait jamais si ça va bien finir, mais ce sont deux pilotes intelligents, ils savent d'où vient l'équipe. C'est bon pour la F1."

Aucune animosité à l'arrivée. Cependant, lors du debriefing, Rosberg demande à Hamilton de ne plus être aussi agressif.

04-Grand Prix de Chine

Week-end sans tension dominé par Hamilton, auteur de la pole position et leader de bout en bout. Rosberg deuxième.

Nico Rosberg, Lewis Hamilton (Mercedes) - GP de Chine 2014

Crédit: Daimler AG

05-Grand Prix d'Espagne

Nouveau doublé et première polémique. Rosberg se plaint qu'Hamilton, vainqueur, a utilisé sans le dire une fonction spéciale offrant plus de puissance moteur pour lui résister dans les derniers tours. On apprendra que l'Allemand a eu recours à ce même stratagème au Grand Prix de Bahreïn.

06-Grand Prix de Monaco

Les deux pilotes Mercedes roulent à la maison, puisqu'ils sont résidents monégasques. Cependant, Hamilton tient à marquer sa différence en expliquant maladroitement qu'il n'a pas eu la jeunesse dorée de Rosberg, c'est pourquoi il est "plus affamé" que l'Allemand. "Je ne viens pas d'un super endroit - Stevenage - et j'ai dormi sur le canapé dans l'appartement de mon père. Nico a grandi à Monaco, au milieu des jets, des hôtels et des bateaux", lance-t-il. Double effet négatif : si Rosberg n'apprécie pas, Stevenage non plus…

Le samedi, Rosberg, en pole position provisoire, file tout droit au virage n°5 et neutralise la Q3 (drapeau jaune) en même temps que son coéquipier, stoppé dans son tour chrono. Le Britannique qui l'accuse ouvertement de l'avoir fait intentionnellement. "Si vous aviez pu voir les données…", soupire-t-il devant la presse. Les commissaires épluchent la télémétrie de la W05 n°6 mais ne trouvent pas de preuve manifeste.

Wolff : "Je ne pense pas qu'un pilote puisse délibérément partir à la faute de nos jours en Formule 1. Il a manqué son freinage et il a pris l'échappatoire, il n'y a rien de plus à dire."

Le dimanche, Rosberg est intouchable. Hamilton n'a même pas porté une attaque.

Nico Rosberg (Mercedes) leader pendant 78 tours devant Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de Monaco 2014

Crédit: Panoramic

07-Grand Prix du Canada

Mercedes doit gérer le couac monégasque, les accusations de Lewis Hamilton à l'encontre de Nico Rosberg. Toto Wolff tranche, sur autosport.com : "Des pilotes de course ne seront jamais des amis parce qu'ils ne se rendent pas sur chaque grand prix pour s'amuser. Tout a été dit à propos de leur grande amitié, mais c'est sans doute juste une belle histoire qui ne reflète pas vraiment la réalité (…) Il n'y a pas de grande différence entre une écurie de F1 et n'importe quelle autre société. Dans les deux cas, il peut y avoir des tensions entre les hommes, qu'il faut régler. Bien sûr, entre des pilotes, c'est plus visible à cause des médias, mais on doit aborder ce genre de situation de façon neutre et expliquer sa manière de voir les choses et sa façon de les régler. Avec des gars comme eux, vifs et conscients de ce qui se joue, ce n'est pas difficile du tout."

Le dimanche, les W05 rencontrent des problèmes de récupérateur d'énergie qui affectent les freins. Au moment d'attaquer son coéquipier et leader de la course, Hamilton doit renoncer. Rosberg gère ses difficultés mais doit laisser la victoire à Ricciardo (Red Bull). Mercedes ne considère pas que les deux pilotes ont couru à leur perte en durcissant la course. Cette défaite est mise sur le compte de la technique.

08-Grand Prix d'Autriche

Une tension persiste, l'ambiance se dégrade, Hamilton et Rosberg commencent à vouloir travailler dans leur coin... Wolff réagit immédiatement et confie à The Mirror : "Le cas s'est présenté lors de l'une des dernières courses au cours d'un briefing technique commun. Quand nous avons demandé à nos pilotes leur feed-back à propos de la voiture, tous deux n'avaient rien à dire. Pourtant, quand la réunion s'est terminée, ils ont directement entamé chacun de leur côté une discussion détaillée avec leurs ingénieurs ! C'est maintenant résolu."

Sixième doublé, sans histoire. Rosberg devant Hamilton.

09-Grand Prix de Grande-Bretagne

Hamilton avorte par erreur à son dernier tour en Q3 et dégringole de premier à sixième sur la grille pendant que Rosberg conquiert la pole position. Le dimanche, il remonte sur le leader Rosberg, lorsque ce dernier est contraint à l'abandon sur ennui technique. Hamilton gagne.

Un drapeau de supporters de Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de Grande Bretagne 2014

Crédit: Daimler AG

10-Grand Prix d'Allemagne

Lauda, avant les premiers essais : "Si nous voulions interférer dans la lutte pour le titre, nous aurions pu le faire dès le début du Championnat, mais nous ne l'avons pas fait. La bataille entre nos pilotes va s'intensifier, cela pourrait ne pas être bon pour mon cœur, mais ce sera fun à regarder !"

Sur ses terres, Mercedes veut donner des garanties supplémentaires d'équité et décide que les stratégies seront similaires : les pilotes devront faire le même nombre de pit stops.

On apprend qu'en fouillant dans la télémétrie avec son ingénieur, Nico Rosberg a trouvé comment Lewis Hamilton parvient à moins consommer que lui. Dur à avaler pour l'Anglais mais c'est un aspect de la transparence totale voulue par Mercedes. Dans la presse, il attaque Rosberg estimant ce dernier germano-finno-monégasque, et qu'à ce titre il ne court pas exactement à domicile ce week-end.

Pas de duel sur la piste. En Q1, Hamilton file dans le décor, disque explosé. Rosberg gagne sur son sol, le Britannique remonte troisième.

11-Grand Prix de Hongrie

Hamilton est encore mal servi matériellement : en Q1 sa voiture prend feu. Le dimanche, il part des stands pendant que son coéquipier s'élance en tête. Le mauvais timing de déploiement de la voiture de sécurité piège le leader allemand au tour 8, ainsi que ses poursuivants Valtteri Bottas (Williams), Sebastian Vettel (Red Bull) et Fernando Alonso (Ferrari). L'Espagnol se remettra bien de ce contretemps en ratant de peu la victoire. Pour Rosberg, l'affaire est plus compliquée et son passage sur trois pit stops nécessite de doubler Lewis Hamilton… Sur deux arrêts, l'Anglais devient un obstacle, et reçoit la consigne de laisser passer l'Allemand. Ce dernier fait pression à la radio, l'écurie répète l'ordre à Hamilton, qui signale que Rosberg n'est pas en mesure de l'attaquer. Hamilton ignore la demande, termine troisième, juste devant Rosberg.

"Pour Lewis, si Nico avait pu se rapprocher à moins d'une seconde de lui et utiliser son DRS, il l'aurait bien entendu laissé passer", assure Niki Lauda, président non-exécutif et triple champion du monde. "Mais Nico n'a jamais su se rapprocher.Donc, je comprends Lewis. Pourquoi aurait-il dû s'arrêter au milieu du circuit et laisser passer son équipier ? Il se bat pour le Championnat du monde, tout comme Nico. Donc, de mon point de vue, Lewis a eu raison.Pourquoi lui a-t-on demandé ça à la radio ? La décision a tout simplement été prise dans un moment de panique."

De son côté, Toto Wolff admet que la consigne était de trop, et que Hamilton défendait logiquement ses propres intérêts.

12-Grand Prix de Belgique

Suite à l'épisode hongrois, Toto Wolff a renoncé à imposer des consignes. Ses pilotes sont libres de se battre à condition de ne pas entrer en contact.

Pour la première fois depuis cinq courses, les Mercedes sont réunies en première ligne. Rosberg ne décolle pas bien de sa pole position et Hamilton file en tête. Dans le deuxième tour, l'Allemand pointe l'aileron avant de sa W05 au niveau du ponton de la n°44 aux Combes. La manœuvre n'a aucune chance d'aboutir mais le leader du Championnat se ravise tardivement. Le contact provoque une crevaison sur la voiture d'Hamilton et endommage l'aileron avant de celle de Rosberg. Cet accrochage met Ricciardo (Red Bull) sur le chemin de la victoire. Rosberg remonte deuxième et Hamilton abandonne en raison d'un faible rendement aéro.

Lewis Hamilton devant Nico Rosberg (Mercedes), au 2e tour du Grand Prix de Belgique 2014

Crédit: AFP

"C'est complètement inacceptable, incroyable", déplore Toto Wollf. "On en avait parlé souvent ensemble, et c'est arrivé. On n'essaie pas de doubler, le couteau entre les dents, au deuxième tour ". Niki Lauda abonde dans ce sens.

Sur le podium, Rosberg est hué.

Une réunion de crise est organisée. "Très tendue" avouera Wolff. Hamilton n'en restera pas là : il en ressort en s'exclamant : "Il (Rosberg) a dit, en gros, qu'il l'a fait exprès. Il a déclaré qu'il aurait pu éviter l'accrochage. Il a dit précisément :'Je l'ai fait pour prouver quelque chose'." Wolff rectifie en estimant que Hamilton n'a pas compris les propos de Rosberg. "Nico était sur sa trajectoire et ne voulait pas lâcher. Concernant Lewis, ce n'était clairement pas à lui de faire attention à Nico", dit-il.

Rosberg s'en tient au verdict des commissaires sportifs qui ont conclu à l'incident de course et le décrit comme tel. Sans exprimer de regrets, le lendemain dans son blog-vidéo : "Tout ce que je peux dire, c’est que ma version des faits est très différente de la sienne. Mais je pense qu’il est préférable que je ne vous donne pas mon opinion."

Le vendredi matin suivant la course, Toto Wolff, directeur d'équipe, Paddy Lowe, directeur de l'ingénierie, tiennent une réunion au siège de l'écurie, à Brackley, en Angleterre, en présence des pilotes. Nico Rosberg présence ses excuses à Lewis Hamilton, et les exprime dans un communiqué. "La règle numéro un pour nous, entre équipiers, est que nous ne devons pas nous accrocher mais c'est pourtant exactement ce qui s'est produit. Pour cette erreur de jugement, je présente mes excuses à Lewis et à l'équipe. Lewis et moi avons reçu des instructions claires nous expliquant comment nous pouvons nous battre entre nous", écrit-il.

Rosberg présente ses excuses à Hamilton

"Il y a encore une fondation solide qui existe pour travailler ensemble, Nico et moi, malgré nos temps difficiles et nos différences", assure le Britannique, conscient que les fans veulent voir un combat "propre jusqu'à la fin de la saison."

Hamilton : "Je peux encore travailler avec Rosberg"

L'écurie précise qu'elle leur autorise à se battre en piste à condition qu'il n'y ait pas de contact entre eux.

Grand Prix de Belgique
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Rosberg va s'expliquer avec Hamilton
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