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Saison 2020

Pourquoi Mercedes laisse la porte ouverte à Vettel

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Sebastian Vettel (Ferrari) lors des essais de pré-saison, à Barcelone, le 21 février 2020

Crédits Getty Images

ParJulien Pereira
23/05/2020 à 21:36 | Mis à jour 24/05/2020 à 10:51
@Jap_Pereira

SAISON 2021 – Au contraire de Red Bull, Mercedes n'a pas totalement écarté la possibilité de s'offrir Sebastian Vettel, mis sur le marché par Ferrari. Et il y a plusieurs explications à cela.

Elles lui ont toutes fermé la porte. Toutes ? Sauf une. Depuis que Ferrari a officialisé le départ de Sebastian Vettel à la fin de la saison 2020, seule Mercedes s'est effectivement réservée la possibilité d'accueillir l'Allemand. Dès le 13 mai dernier, au lendemain de l'annonce du divorce faite par la Scuderia, Toto Wolff avait précisé à l'agence de presse DPA que l'écurie, dont il est le patron, ne pouvait "ignorer la disponibilité" du pilote de 32 ans. Depuis, le dirigeant a maintenu cette position. Car les intérêts sont nombreux.

Toto Wolff, directeur de l'écurie Mercedes

Crédits Getty Images

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Mercedes garde un atout dans sa manche pour se prémunir. Même si, par l'intermédiaire de son directeur d'écurie, le constructeur a toujours clamé sa volonté de reconduire son duo, les négociations contractuelles pour prolonger le bail de Lewis Hamilton seront certainement plus difficiles à mener, compte tenu de la crise économique qui fragilise le microcosme de la F1. Et en sa qualité de vainqueur de Grand Prix, Valtteri Bottas est un profil susceptible d'intéresser d'autres écuries, y compris Renault. En cas de départ de l'un ou de l'autre, la firme allemande pourrait difficilement trouver meilleur recours que le quadruple champion du monde.

D'autant que les enjeux ne sont pas seulement sportifs. Ils sont aussi économiques. Cette semaine, plusieurs rumeurs ont fait état de pressions effectuées par des dirigeants de Daimler, maison-mère de Mercedes, afin de favoriser l'arrivée de Vettel. Aucune déclaration officielle ou déguisée n'a été faite en ce sens, mais on peut tout de même l'envisager. En 2016, la firme avait attaché énormément de valeur au titre de Nico Rosberg, premier Allemand sacré au volant d'une voiture allemande, dans toute l'Histoire de la Formule 1.

Vettel, un beau coup marketing ?

Au contraire de Ferrari, entreprise pour laquelle la F1 est une raison de vivre, ou de Renault, engagée pour le progrès technologique, Mercedes fait la course pour son image. Il y a plusieurs mois, Wolff avait avoué que bénéficier du "soutien de toute une nation", comme la Scuderia, était une "ambition" du constructeur. C'est en partie ce qui l'avait motivé à accueillir Michael Schumacher lors de son étonnant retour, après trois années sabbatiques, en 2010.

"Vettel ? Ce serait une grosse perte pour ce sport"

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Bien sûr, Vettel n'a pas l'aura du septuple champion du monde mais son palmarès conférerait un prestige supplémentaire aux Flèches d'Argent. Réunir tous les pilotes titrés lors de la décennie écoulée et encore en activité est un argument dont le poids n'est absolument pas négligeable pour une entreprise. Mine de rien, elle a le bon rôle ; elle attire un multi-couronné, et pas l'inverse.

"Ce serait un beau coup marketing" a admis Wolff à la radio ORF. Même si, aux yeux des sponsors, la valeur de Vettel n'a rien de comparable à celle d'Hamilton. En 2019, "King Lewis" a généré près de 10 millions d'euros de revenus de sponsoring, contre "seulement" un peu plus de 250000 euros pour le pilote Ferrari.

Vettel pour protéger Russell ?

En réalité, l'hypothèse d'une "Dream Team" associant les deux champions est, pour Mercedes, une perspective plus intéressante que le simple transfert du pilote d'Heppenheim. Notamment pour accroître, encore, la valeur publicitaire de la marque, passée, grâce à la F1, de 70 millions de dollars en 2012 à... 4,5 milliards, comme l'a récemment assuré Wolff à nos confrères de Sky Sports. Libre à chacun d'accorder du crédit à la véracité de ces chiffres.

Sebastian Vettel (Ferrari) et Lewis Hamilton (Mercedes) en marge du Grand Prix d'Australie, le 12 mars 2020

Crédits Getty Images

Au-delà de ces considérations, l'arrivée de Vettel pourrait aussi permettre à Mercedes de gagner du temps. Jusqu'ici, l'écurie a toujours refusé de promouvoir George Russell, qu'elle couve depuis des années mais qu'elle a placé chez Williams. L'installer aux côtés de Lewis Hamilton, qui exerce une pression incommensurable sur ses coéquipiers, est un risque : Rosberg avait pris sa retraite exténué et Bottas a admis que la cohabitation réclamait "beaucoup d'énergie mentale".

Le constructeur n'aura pas à le prendre s'il tente le pari Vettel. La question de l'avenir du jeune pilote britannique est centrale. Car les rivaux Ferrari et Red Bull ont blindé leurs prodiges respectifs, à savoir Charles Leclerc et Max Verstappen. Entre présent et avenir, Mercedes a un équilibre à trouver. Vettel peut l'aider à compléter l'équation.

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