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Prost sur le nouveau réglement : "Cela risque de ne pas être évident d'attirer les jeunes"

Prost sur le nouveau réglement : "Cela risque de ne pas être évident d'attirer les jeunes"
Par AFP

Le 04/11/2019 à 12:09

Alain Prost, quatre fois champion du monde de F1 (1985, 1986, 1989 et 1993), aujourd'hui directeur non-exécutif de Renault F1, analyse les nouveaux règlements qui vont la régir à partir de 2021.

Pensez-vous que les nouveaux règlements pour 2021 vont vraiment changer la donne et apporter des courses différentes ?

Alain Prost : Pour les voitures qui se suivent, les turbulences, ce qu'on appelle "l'air sale", cela peut être un énorme pas en avant. Ensuite, il y a plein de choses qu'on ne peut jamais maîtriser dans la course automobile tellement les gens sont ingénieux et les voitures vont progresser à nouveau après. Il y a deux éléments très positifs, celui-là et le plafonnement des coûts qu'il faut vraiment considérer comme un début. C'est la tendance vers laquelle il faut aller en dehors de la redistribution des droits commerciaux. Après, il y a des choses qu'on ne peut pas trop changer comme le poids des voitures. Ce sont des voitures hybrides, il y a le halo (arceau de sécurité au-dessus du pilote), la sécurité optimale des roues plus grandes...

Il y a eu ces 20 dernières années beaucoup de champions à répétition comme Schumacher, Vettel, et Hamilton. Ce nouveau règlement pourrait-il permettre de revenir à une F1 plus disputée ?

A.P : Des cycles, il y en a toujours eu dans l'histoire de la F1. Aujourd'hui, les règlements sont encore plus resserrés, il y a moins de surprise possible et les grandes équipes qui dominent ont toutes, directement ou indirectement, un pilote N°1, donc c'est toujours le même qui gagne. Moi, avec Senna, avec Mansell, avec Rosberg, il n'y avait pas de pilote N°1. Aujourd'hui, on va plus vers une tendance de cycle entre voiture et pilote. Schumacher, plus N°1 que lui cela n'existait pas car les autres n'avaient même pas le droit de passer devant lui. On ne peut pas l'interdire et quand on voit aujourd'hui le processus avec Ferrari et comment ils vont devoir le gérer l'année prochaine, c'est complexe. La seule manière d'y remédier c'est quand la compétition est plus ouverte. S'il y a un problème avec le pilote N°1 et que le pilote N°2 gagne une course ou deux, il y a un moment où on est obligé de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.

Le nouveau règlement prévoit un maximum de 25 courses et quand vous avez commencé en F1, il y en avait moins d'une quinzaine. Est-ce trop ?

A.P : Pour un pilote je ne pense pas que cela va changer fondamentalement son travail. Nous faisions des essais toutes les semaines. On fera c'est vrai plus de voyages. Mais pour les mécanos, le reste de l'équipe, 25 courses cela devient vraiment difficile. En même temps, il y aura en principe plus de revenus donc plus de redistribution, même si la F1 c'est toujours un peu la poule et l'oeuf. Cela risque de ne pas être évident d'attirer les gens, et les jeunes, vers la F1 quand cela sera aussi fatigant. Et cela risque d'être coûteux s'il faut mettre en place des doubles équipes.

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