Mercedes a le vent en poupe depuis trois meetings. A Mexico, Sao Paulo et Losail, l'équipe allemande a dominé les séances de qualification, hors pénalité "moteur" ou disqualification pour DRS non conforme. Au Mexique, au Brésil et au Qatar, les septuples champions du monde ont imposé le rythme à Red Bull Racing, plutôt habituée à faire la loi sur le tour chrono jusque-là.
Cette triplette traduit un véritable sursaut de la firme à l'étoile en termes de vitesse pure, au moment où on ne l'en croyait plus capable, la preuve qu'elle n'est pas condamnée à subir jusqu'à la fin de ce championnat. Et par conséquent y laisser ses titres.
Saison 2021
"Hamilton est capable de garder son sang-froid dans des situations très complexes"
18/11/2021 À 23:00
Si la firme à l'étoile a "réussi" à perdre une course gagnée d'avance au Mexique - la passivité de Valtteri Bottas au départ restera pour toujours un mystère -, elle a ensuite infligé deux revers d'envergure à sa rivale Red Bull grâce à son artiste Lewis Hamilton.
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Mexico, un essai non transformé mais un avertissement

Une fois seulement sur la piste, le Britannique et son coéquipier finlandais avaient été capables d'aligner trois pole positions : à Imola, Portimao et Montmelo, en début d'année. Elle vient de refaire le coup et ce regain marque une véritable tendance dont s'inquiète le staff de Red Bull, au point d'en devenir très nerveux.
D'abord, que s'est-il passé à Mexico, où les flèches d'argent (noires encore cette année mais qui redeviendront grises l'an prochain) ont verrouillé la première ligne ? Les usines de Brackley et Brixworth sont parvenues à optimiser le setup des W12 et Bottas a fait un tour d'enfer en profitant de températures plus élevées en Q3. Dans le même temps, Max Verstappen et le local "Checo" Pérez se faisaient "Tsunoder" par le Japonais d'AlphaTauri, maladroitement rangé sur la bande d'arrêt d'urgence en fin de Q3. Enervé, MV33 avait parlé de qualifications "épouvantables" - il n'avait lui-même pas été très bon - et surtout d'un équilibre de voiture "plus aussi bon" qu'aux essais.
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Hamilton renverse la table en 24 heures

Dans un faux fuyant, Red Bull avait plaidé l'accident, un concours de circonstances qui s'est depuis reproduit, et pas plus tard que samedi dernier à Losail. Faisant penser que Mercedes avait gagné une nouvelle constance dans l'exploitation de son matériel, que Red Bull Racing, parfois sauvée par la puissance de son Honda, n'avait plus de quoi dissimuler ses options parfois approximatives.
Là, impossible de se cacher. "La faute est de notre côté, a tranché Helmut Marko, le conseiller spécial de Red Bull Racing. Nous étions 0"4 devant lors des essais libres 1. Puis nous avons perdu le fil. De l'autre côté, Hamilton a progressé graduellement, en réglant la voiture de la façon dont il avait besoin. Pour nous, cela a été l'opposé. Nous n'avons jamais été en mesure de reproduire ce démarrage parfait. Lors des essais libres 3, nous avons soudainement perdu 0"3 dans le premier virage." La RB16B musardait aussi dans le n°6, le virage le plus lent du circuit. La leçon donnée par Lewis Hamilton fut d'autant plus difficile à digérer que le Britannique venait de renverser la table en 24 heures. Vendredi, il s'était fait embarquer sur un setup erroné et personne n'imaginait le voir 0"455 devant son meilleur ennemi au bout de la Q3. A commencer par lui. Mais plus qu'une perf' de la Mercedes, c'était un exploit du pilote au n°44, en atteste son avance de 0"651 sur Bottas.
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"Un changement de catégorie de vitesse en ligne droite"

Et puis, évidemment, il y a eu cet entre-deux irréel de Sao Paulo, piste la plus favorable à la RB16B "sur le papier" selon Helmut Marko. Avec son V6 n°5, installé à moindre frais - 5 places de pénalité sur la grille - avec l'intention de marquer trois points dans la course sprint. Renvoyé en fond de peloton, LH44 avait finalement remonté 24 places de grille en deux jours. Une démonstration fascinante à coups de DRS, indécence pour Red Bull.
"Depuis la Hongrie, il y a eu un changement de catégorie de vitesse en ligne droite, ça va de plus en plus vite et c'est à nous de trouver en quoi, a exposé Christian Horner, le week-end dernier. Il suffit de voir les deux dernières courses : 14 km/h plus vite que nous au Mexique et 27 km/h au Brésil." De cet écœurement, Milton Keynes est ressortie confortée par l'idée que l'adversaire roulait avec un aileron arrière illégal (DRS compris), ce qui a motivé ses pressions auprès de la FIA.
"L'aile arrière de la W12 a passé 14 fois le contrôle de la FIA", a contredit Toto Wolff, au Qatar. L'Autrichien sait que tout ça est de bonne guerre du moment que ça ne vire pas à l'acharnement. En début de saison, il avait poussé à la FIA de durcir le contrôle de flexibilité de l'aileron arrière. Quelle équipe avait été obligée de renforcer son appendice aérodynamique ? Red Bull, bien sûr !
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Faiblesse du DRS de la Red Bull

Alors, évidemment, il y a eu l'épisode de la disqualification de Hamilton à Sao Paulo. Qui a pris en défaut Mercedes sans remettre en question sa probité, comme l'a souligné la FIA. L'espace ouvert par le DRS entre les deux lames horizontales arrière avait dépassé les 85mm pour 0,2mm à cause de "deux vis mal serrées sur l'aileron arrière", a révélé le manager autrichien.
Les contrôles effectués dans les garages Red Bull et Mercedes, en pleines séances de roulage, ont fini de calmer le staff de Red Bull. "Les Vmax (entre les voitures) étaient similaires", a noté le manager anglais samedi, qui avait parlé la veille "d'une solution plus intelligente" sur l'aileron arrière de la Mercedes, et posé la question de la légalité.
Dans cette recherche du meilleur rendement aéro appui versus traînée, Mercedes a bien pris l'avantage lors des derniers courses face à Red Bull Racing, d'autant que l'équipe d'Adrian Newey a affiché des faiblesses. Au Qatar, on a vu le vendredi le volet supérieur des RB16B s'ouvrir plus que les 85mm réglementaires. "Une erreur de montage" selon Helmut Marko qui cachait en vérité un problème de solidité du mécanisme DRS, que l'équipe a assuré avoir réglé définitivement.
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Hamilton "dans la zone"

Assurément, Red Bull Racing a poussé au maximum le développement ces derniers mois pour suivre la cadence de Mercedes en rencontrant quelques revers. Qui s'explique peut-être par le départ de Dan Fallows, son aérodynamique en chef, en juin dernier. "C'est un euphémisme de dire que Dan nous manquera car il a joué un rôle important durant ses (15) années chez Red Bull Racing", avait déclaré Christian Horner.
A la lumière de ce qui s'est passé entre Mercedes et Red Bull depuis Mexico, la chevauchée de Bottas à Istanbul, où Hamilton avait pris une pénalité moteur de 10 places, était bien plus qu'un avertissement, et Max Verstappen n'avait fait que nier cette évidence en gagnant brillamment à Austin, puis à Mexico.
Aujourd'hui, les patrons des équipes allemande et autrichienne sont au moins d'accord sur un point : il est impossible de prédire l'issue de ce championnat et la façon dont il basculera. "Nous sommes derrière et nous l'étions encore plus, rappelle Toto Wolff, pour qui Lewis Hamilton est "dans la zone" en ce moment. Si nous gagnons, ce sera incroyable. Si nous perdons, alors les autres auront mérité de gagner."
Chris Horner espère qu'au bout du compte les pilotes trancheront la question. "Ils sont au-dessus du lot, de la tête et des épaules. C'est l'affrontement de deux titans. Je pense que c'est du 50-50, vraiment", confie l'Anglais. Ce serait effectivement bien que les pilotes reprennent toute leur place dans cette explication finale, sur la piste et pas en dehors.
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