Voilà Charles Leclerc vice-champion du monde. Le Monégasque a remporté dimanche à Abu Dhabi le duel ultime qui l'opposait à Sergio Pérez pour la place de dauphin de Max Verstappen. Un verdict sportif logique pour une récompense méritée compte tenu de la physionomie de la saison et des données chiffrées, au-delà du simple total de points amassés, et acquise au bout d'une course maîtrisée de sa part, audacieuse du côté de son équipe.
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23/11/2022 À 11:15
Distancé par les Red Bull n°1 et n°11, le pilote de la Principauté a récité sa partition à la perfection, en poussant ses pneus "medium" 21 tours dans son premier relais, soit six boucles de plus que "Checo" Pérez, et une de plus que le leader néerlandais. A cet instant, il avait déjà un avantage notable par rapport au Mexicain, et la Scuderia a fait le reste du travail en piégeant le pit wall de l'écurie de Milton Keynes.

Un "arrêt fictif" qui a piégé Pérez

Au 33e des 58 tours, Xavier Marcos, l'ingénieur du Monégasque, a en effet fait croire au clan bleu marine que son pilote était prêt à rentrer une seconde fois. "Box, fais le contraire de Pérez !", lui a-t-il crié. Le coup de bluff était grossier, compte tenu de l'âge des gommes "dur" de la F1 75 n°16 (12 tours), mais qui a néanmoins fonctionné et tout fait basculer. Dès le 34e tour, Pérez s'est engouffré dans la voie des stands, pour engager une vaine remontée. Dans cette histoire, la clé était de tenir la position plutôt de courir après, et Pérez l'a compris trop tard dans le trafic.
"Nous l'avons piégé. Nous avons tout fait parfaitement et je suis très fier de notre exécution", a confirmé le Monégasque. Son patron, Mattia Binotto, s'est quant à lui réjoui d'avoir organisé un "arrêt fictif". Red Bull est tombé dans le panneau, et son homologue Christian Horner a reconnu avoir été persuadé que "Ferrari se préparait pour un undercut".

Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix d'Abu Dhabi 2022

Crédit: Getty Images

"Trop d'erreurs" en stratégie

Ce coup brillant a donné des regrets, montrant ce dont Ferrari aurait dû être capable plus souvent cette saison face aux stratèges de Milton Keynes. Charles Leclerc en a au moins profité, tout en reconnaissant dimanche que son équipe devrait travailler cet aspect opérationnel pour attaquer 2023 en champion(s) du monde en puissance. "Je pense que nous avons fait trop d'erreurs cette saison", a-t-il avoué, en évoquant la stratégie au rang des trois axes d'amélioration chez les Rouges. Les ratés improbables de Monaco et de Silverstone sont encore dans toutes les mémoires, Mattia Binotto et ses hommes le savent. "Aujourd'hui a été une bonne course mais nous avons eu de très mauvaises courses", a insisté "Charlot".
L'an dernier, Charles Leclerc et Carlos Sainz avaient montré une certaine solidarité en séparant leurs plans de course à plusieurs reprises pour couvrir les risques. Ferrari était en sérieuse difficulté et l'esprit d'équipe prévalait. Cette saison, la Scuderia a fait l'erreur de ne jamais installer le pilote de la Principauté dans le rôle de n°1, et elle a parfois laissé Carlos Sainz jouer sa carte personnelle. C'est un luxe qu'elle ne pourra se permettre l'an prochain, et elle doit profiter du statut de vice-champion du monde de Charles Leclerc, et même rappelé qu'elle l'a engagé en 2019 comme son "champion du futur", pour énoncer une hiérarchie claire, loin des ambiguïtés sur lesquelles l'Espagnol est toujours prêt à jouer pour exister.

Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix de Belgique 2022

Crédit: Getty Images

Comprendre les pneus, à chaque Grand Prix

Parmi les "trois éléments clés" de la progression de Ferrari en 2023, Leclerc a aussi cité dimanche la mécanique. "La fiabilité a été un problème à un moment de la saison, dont nous avons payé le prix plus tard avec des pénalités", a-t-il rappelé. Avec quatre retraits techniques (pour un total de neuf), la Scuderia a perdu pied face à Red Bull au fil de la saison, alors qu'elle l'avait démarrée avec une monoplace bien plus solide que la RB18, sujette à trois abandons lors des trois premières courses.
En conséquence, Maranello a dû rectifier le tir en remplaçant les groupes propulseurs défectueux, et introduire de nouvelles versions fiabilisées. Une double peine, en quelque sorte, soldée par l'utilisation de six blocs complets pour chaque pilote, contre un maximum de trois réglementaires, et donc une cascade de pénalités. Charles Leclerc a été rejeté trois fois en fond de grille (Montmelo, Montréal et Spa) et a perdu 10 places à Austin. Quant à Carlos Sainz, il est parti deux fois en dernière ligne (Castellet et Monza) et a essuyé 5 places de pénalité à Sao Paulo et Abu Dhabi.
Et puis, "Charlot" a pointé l'exploitation des pneus. Si Abu Dhabi a été une bonne expérience de ce point de vue, "nous ne semblons pas encore avoir compris comment avoir une bonne gestion tout le temps", a-t-il avoué.
S'il fallait pointer un autre domaine critique, il faudrait évoquer la gestion des pit stops, tant en termes de communication sur les tactiques mises en place que sur les exécutions au stand. Mais dans tout ça, Charles Leclerc reconnaît aussi qu'il doit mieux gérer la pression. "J'aurais pu moins forcer à certaines occasions, comme en France", a-t-il admis. Le Castellet peut effectivement être vu comme le tournant du championnat du monde. C'est là qu'il avait perdu le contact avec Max Verstappen.
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