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Le Masters du siècle ?

Le Masters du siècle ?

Le 05/04/2018 à 09:37

MASTERS – Augusta est en émoi. Comme tous les ans début avril, certes. Mais à l'aube de cette édition 2018, qui débute jeudi, il souffle un petit supplément d'exaltation sur les links du plus célèbre parcours de la planète. De Woods à McIlroy, de Johnson à Thomas, de Rose à Garcia, chacun a de quoi écrire une page d'histoire inoubliable.

Le Masters est toujours une source d'excitation. Parce qu'il s'agit du premier tournoi majeur de l'année et parce que son cadre demeure absolument incomparable, le rendez-vous d'Augusta est de ceux qui mettent l'eau à la bouche en toutes circonstances. Mais cette année, l'impatience est décuplée par la présence d'un tableau hors normes et par la conjonction d'ambitions naissantes, persistantes, ou brusquement ranimées.

"Je ne crois pas qu'il y ait un favori clairement identifié", juge Tiger Woods, lequel contribue largement au pouvoir d'attraction de ce Masters 2018. A lui seul, le retour au premier plan du Tigre suffit à générer une attente particulière. Après avoir fait forte impression en mars, notamment au Valspar Championship où il a flirté avec sa première victoire en cinq ans avant de finir à une probante deuxième place, l'ancien numéro un mondial est très attendu à Augusta. Par tout le monde, qu'il s'agisse de ses adversaires, des médias ou du public, qui lui a fait un accueil triomphal mardi lors d'une partie d'entraînement en compagnie de son vieux compère et rival Phil Mickelson.

McIlroy pour le Grand Chelem en carrière

Woods, en quête d'un 15e Grand Chelem, qui serait son premier en une décennie, constitue en amont de la compétition l'histoire la plus saisissante de ce Masters. Mais il n'est pas la seule. Rory McIlroy, vainqueur du Arnold Palmer Invitational il y a deux semaines, arrivé lancé. Le Nord-Irlandais peut entrer dans l'histoire puisque le Masters est le seul des quatre tournois du Grand Chelem qui manque encore à son palmarès. "Je me sens en confiance, mon jeu est bien en place, je ne pense pas que je pourrais aborder l'épreuve dans de meilleures conditions", a-t-il prévenu.

Rory McIlroy, vainqueur du Arnold Palmer Invitational 2018

Rory McIlroy, vainqueur du Arnold Palmer Invitational 2018Getty Images

"Chaque fois que Rory va venir à Augusta, ce sera une des histoires du tournoi puisqu'il ne lui manque que ça, mais cette année, vu son niveau de jeu, c'est encore plus intrigant", souligne Justin Rose, héros malheureux de l'édition 2017 puisqu'il avait été battu en playoffs par Sergio Garcia. Un Justin Rose qui, lui aussi, pourrait être à surveiller de près tant il aime Augusta. En douze participations, il n'a jamais manqué le cut et fini dans le Top 10 ces trois dernières années. Le N.5 mondial, modèle de constance, a fini huit fois parmi les cinq premiers lors de ses quatorze derniers tournois à cheval sur 20147 et 2018. Attention à lui.

Et ça ne s'arrête pas là. Le numéro un mondial, Dustin Johnson, a lui aussi une histoire particulière à faire valoir. Il y a un an, alors qu'il marchait sur l'eau et les greens, il s'était blessé au dos la veille du premier tour en tombant dans les escaliers de sa maison de location. Un vrai crève-cœur alors qu'il semblait intouchable. C'est nettement moins le cas ces derniers temps, mais une revanche dimanche en Géorgie n'en serait que plus savoureuse.

Thomas, le vrai favori ?

Mais c'est surtout vers son dauphin dans la hiérarchie mondiale que les regards se tournent. C'est lui qui remporté le dernier Majeur en date, l'USPGA, l'été dernier. Sa prise de pouvoir semble n'être qu'une question de temps. Le natif de Louisville a manqué une occasion en or de s'installer sur le trône lors du récent Championnat du monde de match-play.

Justin Thomas

Justin Thomas Getty Images

S'il triomphe à Augusta, Thomas deviendra automatiquement numéro un mondial. "C'est un horizon important pour moi, mais en même temps, je sais que si je continue à bien jouer et à être à la lutte pour des victoires, cela va venir de soi-même", tempère-t-il, comme pour ne pas se tromper d'objectif. Vainqueur du Honda Classic, 2e du Championnat du Mexique, 4e du Championnat du monde de match-play, Thomas est en forme. Son putting est le meilleur du circuit et son drive est en mode automatique. S'il fallait désigner un favori, ce serait peut-être lui.

Entre le comeback de Woods, la revanche de Johnson, le Grand Chelem de McIlroy, le trône pour Thomas ou les rêves de double presque impossibles (seuls Woods, Nicklaus et Faldo ont réussi à conserver leur titre en Géorgie) de Sergio Garcia, sans oublier tous les autres (on pense, comme ça, à Jordan Spieth, Jon Rahm ou Bubba Watson, trois clients potentiels) l'avant-propos de ce Masters peut déboucher sur un inoubliable roman. "Il y a tant de joueurs qui jouent bien au même moment, c'est ce qui fait de ce Masters 2018 un rendez-vous tellement exaltant", résume Woods. Alors, messieurs, ne vous gênez pas. Régalez-nous.

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