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"Regagner ce titre, c'est surréaliste"

"Regagner ce titre, c'est surréaliste"

Le 15/04/2019 à 00:22Mis à jour Le 15/04/2019 à 16:51

MASTERS 2019 - Vainqueur dimanche pour la 5e fois à Augusta, Tiger Woods a enlevé le 15e Grand Chelem de sa carrière. Sans doute le plus spécial, avec le tout premier, conquis au même endroit. Une victoire partagée en famille, notamment avec ses enfants.

L'avait-il envisagé, ce moment ? Ou même seulement rêvé, à défaut de l'ambitionner ? Tiger Woods a retrouvé le chemin de la victoire en Grand Chelem dimanche à Augusta. Il n'avait plus connu ce parfum-là depuis près de onze ans. Vu d'où il est reparti, vu où il était tombé, il peine à mesurer pleinement ce qu'il vient d'accomplir. "Regagner ce titre, vingt-deux ans après mon premier sacre ici, c'est surréaliste, je ne peux pas être plus heureux, je n'ai pas de mots pour décrire ce que je ressens", a-t-il reconnu après avoir endossé pour la 5e fois la fameuse veste verte.

Lors de la longue conférence de presse qui a suivi son succès, l'Américain est presque apparu sous le choc de sa propre victoire. "C'est clairement l'une des victoires qui a été la plus dure à aller chercher après tout ce qu'il s'est passé ces dernières années, juge-t-il. C'est spécial, il a fallu faire preuve de patience lors des dernières années, mais aussi durant ces trois derniers jours. C'est comme si la boucle était bouclée." Woods l'avoue, il s'estime "chanceux" d'avoir pu à nouveau jouer au golf au plus haut niveau après ses problèmes au dos qui l'ont tenu éloigné du cercle des vainqueurs pendant des années.

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Le calme puis l'explosion

Cette 15e victoire en Grand Chelem est pour le moins spéciale en raison de ce contexte et de son aspect improbable, mais elle l'est aussi pour le scénario de ce Masters 2019. Lors de ses 14 premiers titres majeurs, Tiger Woods avait toujours abordé le dernier tour en tête. Pour la première fois, il est revenu de l'arrière. Pas loin, certes, puisqu'il n'était qu'un petit coup derrière Francesco Molinari à l'issue du 3e tour, samedi soir. Mais le symbole est fort. Il est même plus qu'un symbole : un témoignage de la résilience du Tigre.

Au trou numéro 11, Woods pointait même à trois longueurs de Molinari, avant que l'Italien ne se tasse pendant que lui sortait ses griffes. A l'entame du 18, à moins de vivre une Jean Vandevelde, plus rien ne pouvait lui arriver. Avec deux coups d'avance, il pouvait se permettre de concéder un bogey, ce qu'il a fait, en toute conscience. "Sur le dernier trou, explique-t-il, j'ai essayé de rentrer en cinq, rien de plus." Arrivé sur le green en trois coups sur ce par 4, il avait deux putts pour le titre, et les a utilisés. Calmement. Puis ce fut l'explosion.

" Aujourd'hui, le père, c'est moi "

Après ce 275e et dernier coup du week-end en forme de libération, Tiger Woods s'est tourné vers la foule pour exulter. "Après le dernier putt, dit-il, je ne sais pas trop ce que j'ai fait, mais j'ai hurlé". Puis ce fut la cérémonie, l'heure de retrouver cette veste verte. Une première depuis 2005. Dans la "Butler Cabine", où se tient la traditionnelle passation de pouvoir, il a reçu la veste des mains du vainqueur 2018, Patrick Reed. Après l'avoir enfilée, Woods a souri : "elle me va."

S'il mesure l'impact de sa victoire sur le temps, dont il est le maître, c'est en regardant les siens. Son clan, vêtu de rouge comme lui, attendait au bord du 18 sa gloire retrouvée. Il y avait là sa mère, déjà présente en 1997 lors de sa première victoire. Son père, Earl, mort en 2006, n'est plus là. "Il y a vingt-deux, mon père était à mes côtés, aujourd'hui, le père, c'est moi", a-t-il évoqué. Sam avait un an lors du dernier titre majeur du paternel, en 2008. Charlie n'était même pas née. "Mes enfants ont été très importants pour moi ces dernières années, et c'est spécial de vivre ça avec eux, de partager cette victoire. J'espère qu'ils sont fiers de leur père. Je pense qu'ils sont fiers."

Tiger Woods à Augusta en 2019.
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