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La Chine impériale

La Chine impériale
Par Eurosport

Le 13/08/2008 à 02:04Mis à jour

Comme lors du concours masculin, la Chine s'est adjugé, mercredi, le titre olympique par équipes féminin, le premier de son histoire. Emmenées par Deng Linlin, les Chinoises ont devancé les Etats-Unis et la Roumanie, tenante du titre. La France termine 7e

La razzia chinoise en gymnastique est en marche. Première des qualifications chez les hommes et les dames, la Chine a déjà fait tomber deux médailles d'or dans son escarcelle à l'issue des deux concours par équipes. Deux titres en attendant que ses gymnastes illuminent les concours individuels, où Yang Wei est le favori chez les hommes et Yilin Yang, la rivale numéro un des Américaines.

Dans une ambiance proche de l'hystérie qui avait accompagné le premier titre par équipes des Américaines à Atlanta en 1996, les Chinoises se sont offert leur première couronne olympique, sans jamais vraiment trembler lors des quatre rotations, mercredi. Soutenues par près de 18 000 spectateurs, elles ne pointaient pourtant qu'en 3e position après leurs débuts au saut de cheval, leur agrès "le plus faible" (46,350 pts), derrière la Russie et déjà les Etats-Unis, au même agrès. Excusez du peu: les trois notes ne descendaient néanmoins pas en dessous de 15,100, l'entraîneur national ayant eu l'idée de remplacer Jiang Yuyuan par Deng Linlin (15,250) au dernier moment.

Championne du monde en 2006, la Chine avait surtout à coeur d'oublier sa déconvenue d'Athènes (7e) et de récupérer son titre mondial dont elle fut délestée l'an dernier par... les Américaines. Le duel annoncé tournait rapidement court. Dès la deuxième rotation aux barres, les envolées de Jiang Yuyuan (15,975), Yang Yilin (16,800) et He Kexin (16,850), les trois gymnastes dont l'âge (14 ou 16 ans) fait toujours débat, donnaient le ton et une avance confortable sur les Etats-Unis (+1,125). La Roumanie et la Russie savaient déjà qu'elles se disputeraient la médaille de bronze.

La Roumanie déchue, mais satisfaite

La chute de Fei Cheng à la poutre redonnait un maigre espoir à Shawn Johnson et ses compatriotes, revenues à un tout petit point. Mais les Américaines allaient connaître une terrible désillusion au sol. Après un programme moins bien réalisé à la poutre, Alicia Sacramone se ratait totalement sur le praticable, récoltant un maigre 14,125 pour sa prestation. "J'étais nerveuse sur la poutre et aussi au sol. Je me suis dit :'Je ne peux pas le croire, je suis tombée' , commentait la Bostonienne à l'issue du concours. C'est ma faute et je me suis excusée auprès de mes équipières". La voie était désormais royale pour les Chinoises qui bouclaient la rotation en connaissant les résultats de leurs rivales.

Sur des musiques traditionnelles, Yilin, Yuyuan et Cheng enflammaient le palais omnisport et apportaient à la Chine sa toute première médaille d'or par équipes, après deux récompenses en bronze (1984, 2000). "Cette première médaille d'or par équipe féminine n'est pas seulement importante pour la Chine, elle l'est aussi pour l'histoire de la gymnastique. J'espère qu'elle attirera beaucoup de jeunes à pratiquer notre discipline et que nous serons encore plus forts à l'avenir", a déclaré leur entraîneur, Lu Shunzhen.

Comme en 2004, les Américaines se contentent de l'argent en attendant l'or très probable de la jeune prodige Shawn Johnson ou d'Anastasia Liukin en individuel. Reléguée à plus de sept points de la Chine, la Roumanie, triple championne olympique par équipes (1984, 2000, 2004), complète néanmoins le podium, poursuivant sa série ininterrompue de médailles depuis 1976 (3 or, 4 argent, 2 bronze). "Nous sommes heureux avec cette médaille de bronze car on ne pouvait pas faire mieux", soulignait-on dans le camp roumain. Les Française ont, quant à elle, dû se contenter de la 7e place devant le Brésil, bien loin de la bataille pour les médailles (13,625 pts de retard sur la Chine), mais un peu mieux que leurs homologues masculins (8e).

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