Cédric Sorhaindo est la preuve vivante qu'on peut venir au monde avec des tibias tordus et devenir sportif professionnel. "Quand j'étais jeune, j'ai longtemps vécu avec ce handicap. Cela m'a empêché de marcher et de courir convenablement jusqu'à l'âge de trois ans", nous a expliqué "Tchouf", dimanche, à la veille du match de l'équipe de France contre la Norvège. Déjà opéré à trois reprises, dont une en 2001, où les médecins ont dû briser son tibia pour le redresser et le fixer avec une plaque, le pivot tricolore déplore un lourd passif. Celui-ci a vite resurgi lundi quand il s'est écroulé en milieu de seconde période, contre la Hongrie.

"Juste après avoir pris une béquille, je ne sens plus mon genou. Je crois même qu'il est parti, que les ligaments ont sauté", raconte le pivot de Barcelone. A la 46e minute, après avoir tenté de percer la défense hongroise, Sorhaindo s'écroule violemment puis se tord de douleurs, le pire en tête : "S'il y avait eu rupture, je pense que j'aurais arrêté le handball. Ces blessures appartiennent à mon passé, mais c'est trop traumatisant. Sincèrement, j'ai pensé que ma carrière se terminait contre la Hongrie". Finalement, le docteur de l'équipe de France le rassure rapidement quand il rejoint le banc tricolore. La douleur devrait s'estomper d'ici deux ou trois jours. Un moindre mal pour celui qui estime "n'avoir jamais été aussi bien physiquement dans une compétition de cette importance".

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Au restaurant avec Messi

Claude Onesta compte tout de même sur lui, jusqu'à la finale. Remplaçant de Bertrand Gille, le massif Martiniquais a accepté depuis longtemps ce rôle de doublure. En six matches, il n'a passé qu'une heure et vingt minutes sur le parquet (contre trois heures et quarante cinq minutes à Gille), pour neuf buts inscrits (en 13 tentatives). "Pendant deux ans, il n'a pas été là et j'ai toujours dit que j'étais en CDD en équipe de France. Bertrand est de retour et il fait un grand Mondial pour l'instant. C'est lui le numéro un, explique-t-il. Moi, je prends les minutes que me donne Claude pour faire souffler Bertrand. C'est le sélectionneur qui décide." La rivalité n'existe pas entre les deux hommes. Lui s'abreuve des conseils que peut lui promulguer son aîné. A 26 ans, il continue d'apprendre.

Depuis quelques jours, quand Sorhaindo n'est pas sur un terrain de handball, l'homme s'exerce derrière le manche d'une guitare. Comme Bertrand Gille, Luc Abalo et Samuel Honrubia d'ailleurs. "J'ai décidé de m'y remettre en début de compétition. J'ai acheté la guitare lors du tour préliminaire. Le meilleur d'entre nous ? Là encore, Bertrand reste le numéro un", sourit-il. Evoluant à Barcelone depuis six mois, le pivot tricolore avoue également sa passion pour le basket et le foot : "C'est obligé quand on habite ici. Je vais régulièrement au Nou Camp. J'ai d'ailleurs rencontré quelques joueurs. Ce n'était pas dans le cadre du club, mais au restaurant". Et de rajouter : "J'avais vu Lionel Messi. Mais je suis quelqu'un de discret, je n'étais pas allé le voir. Je ne le connais pas du tout". Sans le vouloir, le pivot tricolore et le récent Ballon d'or, né lui aussi avec une maladie hormonale ralentissant la croissance de ses os, sont assez proches l'un de l'autre.

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