"Evidemment, quand on a un gardien comme ça qui fait des 'partasses' comme ça, tout devient plus facile." Patron d'une défense redevenue intraitable, Luka Karabatic félicite à sa façon Wesley Pardin, élu logiquement homme du match France-Norvège (28-24) jeudi après ses 18 arrêts sur 40 tirs norvégiens, soit un fantastique ratio de 45%. Le lancement idéal de la mission "reconquête" des Bleus lors du Mondial égyptien doit beaucoup à la prestation du Martiniquais aux longues dreadlocks.
Une surprise ? Pas vraiment pour ceux qui suivent la Starligue (championnat de France, NDLR) dont il a été élu meilleur joueur du mois de décembre. En quatre rencontres avec Aix-en-Provence, Pardin n'est jamais descendu sous les 15 arrêts. Pourtant, quand l'éternel réserviste a appris, "juste avant l'échauffement", qu'il débuterait le choc du premier tour face à la star norvégienne Sander Sagosen, il a d'abord cru à une erreur. "Je me suis concentré pour être efficace dès le début et ça a fonctionné", explique-t-il dans un grand sourire, et sans se mettre la pression. "Je me suis préparé comme si c'était un match de club, avec mon style de jeu, avec beaucoup de vitesse, de hargne, d'agressivité."
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En Bleu depuis 2013, mais second couteau jusqu'ici

Convoqué avec Vincent Gérard et Yann Genty pour partir en Egypte, Pardin a gagné le droit de disputer son premier match dans un Mondial, et pas des moindres, après avoir marqué des points lors du déplacement en Serbie (27-24), dix jours auparavant. "Notre envie de voir débuter Wesley (s'explique) par l'impression qu'il nous avait laissée sur les dernières séquences, sur le bout de match qu'il a avait livré en Serbie", explique le nouveau sélectionneur Guillaume Gille dont le pari individuel s'est avéré gagnant. "La dynamique sur laquelle Wesley était méritait, pour nous, de lui donner l'opportunité de débuter cette première rencontre."
Enfin, pourrait dire à 31 ans l'ancien gardien de Toulouse, débarqué en métropole à l'âge de 16 ans. Si sa carrière avec les Bleus démarre dès 2013 à l'époque de Claude Onesta, il n'y a jamais eu le grand rôle, barré par Thierry Omeyer, Cyril Dumoulin et Vincent Gérard. Successeur d'Onesta, Didier Dinart met trois ans à lui offrir une nouvelle sélection en 2019. Entre-temps, l'Antillais a quitté Toulouse pour la Provence, perd des kilos (105 pour 1,95 m) et devient de plus en plus régulier dans ses performances.

Wesley Pardin face à Petter Overby lors de France - Norvège au Mondial le 14 janvier 2021 à Ville-du-6-Octobre

Crédit: Getty Images

Gérard reste numéro 1, mais Pardin a marqué des points

Celle de jeudi se situe donc "dans la continuité de ce qu'il fait à Aix depuis quasiment deux saisons, il fait des prestations assez incroyables", estime le capitaine des Bleus Michaël Guigou. "Avec Nîmes, on a malheureusement goûté à sa performance, il a fait plus de 50% (d'arrêts) et on a pris plus de 10 buts à Aix. Il est en très grande forme en ce moment." Au point d'être qualifié, après 20 sélections seulement, comme faisant partie "des grands gardiens internationaux", avance Luka Karabatic. Au point de prendre la place de N.1 à Vincent Gérard pour la suite du Mondial ?
Négatif, répond Gille. Si "aucun poste n'est attribué de manière définitive à quelqu'un, Vincent, au regard de ses performances dans ses dernières compétitions, reste la référence de ce collectif sur ce poste de gardien de but. Notre envie, dans ce début de compétition, était de lancer Wesley. Cela ne présage en rien de la suite de la compétition, ni d'un bouleversement de positions ou de statuts." A Pardin de le faire changer d'avis.
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