Guillaume Gille en a désormais l’habitude. Mais il n’a pas dû beaucoup souffler, depuis le bord du terrain, lors de la victoire de son groupe, toujours invaincu en Egypte, face à l’Islande (26-28). Comme depuis le début du Mondial, les Bleus ont manqué de tuer le match à plusieurs reprises, et se sont fait peur jusqu’au bout avant de gagner, comme lors de leurs 4 précédentes sorties. Une constance dans les résultats malgré une inconstance dans le jeu qui permet aux Français d’espérer aller plus haut, pour l'instant.

Mem-Genty, héros du soir

Il y avait eu Wesley Pardin face au Danemark, Jean-Jacques Acquevillo et Vincent Gérard, notamment, face à l’Autriche, Gérard à nouveau et Guigou face à la Suisse… A chaque match dans ce Mondial ou presque, de nouveaux héros font la différence côté français. Si des joueurs comme Ludovic Fabregas ou Kentin Mahé sont constamment dans les bons coups, d’autres brillent par intermittence, à l’image de Dika Mem ou Yann Genty face à l’Islande.
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Auteur de 5 parades après son entrée en fin de partie, pour ses premiers pas, dans le jeu, dans ce Mondial après la blessure de Wesley Pardin face à la Suisse, ce dernier a permis à la France de se remettre la tête à l’endroit en fin de rencontre : "Je ne sais pas si j’ai été décisif, mais on a gagné et c’est le principal, a raconté, humble, Yann Genty au micro de beIN Sports à la fin de la rencontre. Le sélectionneur nous l’a dit, on est 20 (dans le groupe de l’équipe de France), même les mecs qui sont en tribunes, on pense à eux. Tous ceux qui sont en tribunes, comme moi en début de compétition, sont prêts à rentrer. Il faut savoir faire la bascule rapidement pour entrer vite dans la compétition parce que les gars ont besoin de nous. Cette fois c’était mon tour, c’est bien, mais je ne m’en satisfais pas, je veux aller plus loin", a-t-il aussi affirmé.

Dika Mem le poing levé lors du match opposant l'équipe de France à l'Islande, au championnat du monde 2021

Crédit: Getty Images

Utilisé, lui, à tous les matches mais auteur d’un début de Mondial timide, loin de ses standards au Barça, Dika Mem a lui aussi brillé ce vendredi, après un match déjà maîtrisé face à l’Algérie (4/5 au tir). Auteur de 7 buts, l’arrière droit a retrouvé ses shoots dévastateurs qui ont souvent fait du bien aux Bleus : "Au début de la compétition, j’étais un peu en-dedans parce que je n’étais pas bien en rythme, maintenant c’est le cas, j’ai réussi à trouver mes marques et à développer ce jeu rapide, et j’espère qu’on va continuer comme ça avec l’équipe, parce que ça peut être une de nos grandes forces". Jusqu’ici, celle des Bleus a surtout été sa capacité à multiplié les menaces.

Des trous d’airs mais une volonté de fer

Cette équipe de France en reconstruction connaît, logiquement, souvent des passages à vide, offensivement notamment, qui l'empêchent de se rassurer. Les débuts de rencontres ratés face à l’Algérie et la Suisse, avaient été édifiants sur ce point. Mais les fins de périodes sur un fil comme face à l’Islande ce vendredi, sont aussi souvent pointées du doigt. "Ce sont les rapports de forces dans un match de hand, c’est rare qu’on soit sur des courbes linéaires où une équipe prend le dessus, appuie et continue de dérouler son jeu, se défendait le sélectionneur Guillaume Gille après-match, toujours au micro de beIN Sports. On n’utilise pas bien le ballon par moment et on se fait sanctionner. Ces trous d’airs font partie d’un match".
Dika Mem, lui, plaidait plus pour l’habituel temps d’adaptation nécessaire à cette jeune équipe pour trouver un équilibre : "Je ne sais pas si on doute, mais par moment, ce n’est pas notre jeu de jouer toutes les montées de balles. Donc parfois on peut avoir des hésitations sur les projections de balles vers l’avant, puisque certains joueurs préfèrent calmer le jeu. A nous de trouver ce juste milieu là pour pouvoir bien se coordonner et savoir alterner, quand il faut, montées de balle ou gestion".

Jean-Jacques Acquevillo et Lenny Rubin lors de France - Suisse au Mondial le 18 janvier 2021 à Ville-du-6-octobre

Crédit: Getty Images

Si les Bleus parviennent malgré tout à souvent reprendre le dessus, c’est aussi car ils ne lâchent jamais rien, à l’image d’un Jean-Jacques Acquevillo régulièrement capable de mettre son corps à l’épreuve pour déstabiliser les défenses adverses, ou du duo Karabatic-Fabregas souvent solide derrière. "On le voit, notre groupe est soudé et solidaire, a souligné Luka Karabatic. On voit pendant les matches qu’on a des phases où on fait de bonnes choses, ce sont des erreurs techniques et des pertes de balle qui font que, parfois, au tableau d'affichage, on se retrouve, au lieu d’être à +3 ou +4, à -1. On pourrait être plus tueurs, mais je pense qu’il y a de bonnes choses". S’ils n’ont pas été sanctionnés jusqu’ici, les Bleus pourraient toutefois payer leur inconstance lors des matches couperets qui s’annoncent.

Des adversaires souvent trop gentils jusqu’ici

Car jusqu’ici, la France a aussi été remise à flot grâce aux erreurs ou à la méforme de ses opposants. La Norvège était, aussi, dans un jour sans, lors de l’entrée en lice victorieuse des Bleus, la Suisse manquait d’un collectif aussi fourni que les Tricolores et avait été trop dépendante, comme souvent, de son demi-centre Andy Schmid, tandis que l’Algérie avait enchainé les erreurs techniques et tactiques en fin de match, avec notamment une double-supériorité numérique totalement gâchée, pour sanctionner des Bleus inconstants. L’Islande n’a pas dérogé à la règle, en multipliant les phases offensives ratées autour de la 46e minute, à un moment de la partie où les joueurs de Gudmundur Gudmundsson étaient passés devant au tableau d’affichage.
Alors que l’adversité devrait s’élever dès dimanche, face à des Portugais déjà tombeurs des Bleus l’an passé à l’Euro, puis normalement en quart soit face à la Hongrie ou l’Espagne, la France pourrait dès lors payer ses prestations sur courant alternatif. Surtout, malgré le turn-over effectué par Guillaume Gille depuis le début de saison, les Français auront-ils autant de répondant, après plusieurs matches passés à s’arracher jusqu’à la sirène ? "Forcément, on puise dans nos réserves, a reconnu Luka Karabatic. Après, c’est aussi un moyen d’être prêt et, quand les matches deviendront plus dur, on arrivera en ayant bataillé à chaque match et on ne sera pas surpris par l’adversité et l’intensité". "Dans la construction de cette équipe et dans cette nouvelle configuration, ce sont des matches qui font grandir, et je pense qu’on a besoin encore de grandir", abondait son sélectionneur. Réponse dès dimanche.
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