Des salles neuves mais vides de public, des bulles sanitaires dont l'efficacité reste à prouver et des favoris moins préparés que jamais : le Mondial masculin de handball qui débute mercredi en Egypte s'annonce indécis à tous points de vue jusqu'à la finale le 31 janvier.

Ce 27e Championnat du monde, le deuxième en Egypte après 1999 et le 5e hors Europe (Japon 1997, Tunisie 2005, Qatar 2015), s'annonce exceptionnel par la combinaison de deux facteurs : c'est la première édition à 32 équipes, contre 24 auparavant, et elle est maintenue malgré la pandémie de Covid-19 qui déboussole la planète depuis pile un an.

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Les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo, repoussés de l'été 2020 à l'été 2021, devraient regarder d'un oeil attentif ce premier Mondial d'un sport collectif majeur depuis le début de la pandémie, à six mois de leur échéance.

Maintenu coûte que coûte

Le pouvoir égyptien, directement impliqué dans l'organisation de l'événement - le Premier ministre Mostafa Madbouly chapeaute le comité d'organisation, et la Fédération internationale présidée par un Egyptien, Hassan Moustafa, ont tout fait pour maintenir cette vitrine malgré les énormes difficultés logistiques liées au contexte sanitaire.

Guillaume Gille, le sélectionneur de l'équipe de France de hand, le 5 janvier 2021

Crédit: Getty Images

Quitte à sacrifier les spectateurs au dernier moment - une jauge à 30 puis 20% était prévue jusqu'à dimanche, avant de basculer vers le huis clos - alors que 3 des 4 enceintes ont été construites pour l'occasion : la salle de la nouvelle capitale (7.500 places) à l'est du Caire, celle de la Ville du 6 Octobre (5.200), autre banlieue située à l'ouest de la gigantesque mégalopole, et celle d'Alexandrie (5.000).

"Etre capable de maintenir une compétition à 32 pays dans ce moment que la planète traverse peut paraître un projet assez fou", a reconnu le sélectionneur français Guillaume Gille. "Et en même temps, c'est une formidable réussite."

Des failles dans le protocole

Pour chacun des sites, un gigantesque hôtel capable de loger huit équipes, les organisateurs et les rares médias accrédités a été érigé en bulle sanitaire. Mais les failles dans le protocole étaient visibles dès les premières arrivées massives dimanche, que ce soit dans l'organisation des tests PCR ou le respect des gestes barrière.

Devant ces conditions incertaines, Hendrik Pekeler, Patrick Wiencek et Steffen Weinhold, les cadres allemands tout juste sacrés champions d'Europe avec Kiel, ne doivent pas regretter d'être restés à la maison, eux qui ont fait, au coeur de la deuxième vague du coronavirus, le choix de ne pas quitter leur famille.

Mikkel Hansen lors du match opposant le PSG à Veszprem, lors du Final Four de la Ligue des champions, le 29 décembre 2020

Crédit: Getty Images

Ce sera pour eux l'occasion de se ressourcer dans une saison rendue infernale par les quarantaines, reports liés aux confinements ou cas de Covid-19, et par les enchaînements entre les compétitions. Les internationaux impliqués dans le Final Four de la Ligue des champions n'ont même pas eu une semaine, au Nouvel An, pour réintégrer leur sélection et disputer les qualifications pour l'Euro 2022, et partir dans la foulée pour l'Egypte... et Tokyo se profile au bout de ce long chemin, tout sauf droit.

D'autres favoris dans le même cas que les Bleus

Dans ce calendrier chaotique, l'élargissement du plateau est finalement une bonne nouvelle pour les favoris qui, avec des adversaires néophytes (RD Congo, Uruguay, Cap Vert) et la réintroduction de quarts de finale, auront plus de marge pour se roder.

Sauf la Norvège, finaliste des deux dernières éditions, et la France, nation la plus titrée (6 fois) mais redescendue de son piédestal depuis 2017, qui croisera le fer dès jeudi. Le perdant n'aura plus le droit à l'erreur lors du deuxième tour pour lequel les points acquis au premier seront conservés.

Serbie-France en qualifications pour l'Euro-2022 de handball

Crédit: Getty Images

Le Danemark, passé comme la France à la trappe lors de l'Euro 2020, l'Espagne et la Croatie, finalistes de ce dernier tournoi et dont les retrouvailles en match de préparation à Madrid ont été sabotées par la tempête de neige, n'ont pas plus de certitudes que les Français, incapables de battre la Serbie la semaine passée.

Même chose pour la Slovénie, outsider séduisant mais accroché dimanche par les Pays-Bas (27-27), pourtant absents en Egypte. Quant à cette dernière, souvent compétitive mais jamais médaillée, elle devra faire sans son public mais espère tout de même rallier les quarts. C'est l'objectif pour tous car ensuite, tout est possible.

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