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Et maintenant, place à la reconquête

Et maintenant, place à la reconquête

Le 27/01/2019 à 21:06

CHAMPIONNAT DU MONDE - En ne parvenant pas à conserver sa couronne mondiale, l’équipe de France a encore lâché un titre à une nation rivale. L’hégémonie française n’est plus, mais les Bleus sont bien décidés à relancer un nouveau cycle dès 2020, à l’Euro et surtout aux J.O.

Après l’Espagne lors de l’Euro 2018, le Danemark a succédé à la France au palmarès d’une compétition internationale ce dimanche. Trois ans après la finale des Jeux Olympiques remportée à Rio contre les Tricolores, les Danois sont devenus champions du monde devant leur public, deux jours après avoir battu les Bleus. Et voilà que la France ne détient plus aucun titre, une première depuis 2006. À force de survoler son sport, cela devait forcément arriver, mais cela pose effectivement la question : serait-ce le signe d’un déclin des Experts ?

"Les Experts, c'est fini"

C’est ainsi qu’ils se sont souvent fait piéger, et ce fut fatal en demi-finale. « Le grand public s’attend à ce que l’on gagne tous les ans », tentait de relativiser Valentin Porte avant le match pour la 3e place face à l’Allemagne, sur le site de la fédération. « Il y a eu des départs et l’équipe est en reconstruction », faisait justement remarquer le Montpelliérain. Ils étaient effectivement 6 à avoir moins de 24 ans, dont certains disputaient leur première compétition en équipe nationale. Le départ de joueurs comme Daniel Narcisse ou Thierry Omeyer, et les blessures qui ont freiné ou stoppé d’autres cadres de cette génération dorée du handball français (Nikola Karabatic, Cédric Sorhaindo) plaide en sa faveur. Appelé à la dernière minute, l’homme aux trois titres de meilleur joueur du monde n’a pu donner la plénitude de son talent en Allemagne et au Danemark. A part dimanche, il n’a jamais été vraiment lui-même, en retrait sur le terrain et au nombre de minutes jouées.

Nikola Karabatic lors de France-Croatie / Mondiaux 2019

Nikola Karabatic lors de France-Croatie / Mondiaux 2019Getty Images

Et c’est justement son leadership, cette façon de sentir le jeu, l’accélérer ou le poser selon les circonstances, et sa faculté à faire les bons choix, qui ont manqué aux sextuples champions du monde. « L’équipe de France devait trouver son identité, les Experts c’est fini. Aujourd’hui, ce sont des jeunes qui doivent apprendre à jouer des demi-finale », a appuyé Didier Dinart après le match face à l’Allemagne (26-25) dimanche, en affirmant haut et fort qu’une page s’était tournée pour la sélection hexagonale. L’entraîneur, qui a estimé que « le Mondial (était) réussi », a aussi été visé par certaines critiques, notamment sur sa manie des changements de joueurs :« Comment vous voulez qu’on existe dans une compétition sans faire de rotation, afin que les joueurs arrivent avec un état de fraîcheur à tout épreuve ? », a-t-il réagi.

Objectif Tokyo 2020

Les yeux rivés sur la dernière étape de son immense carrière, Michael Guigou a d’ailleurs expliqué d’emblée dimanche : « On part dans un combat d’un an et demi, des victoires comme celle-là (face à l’Allemagne) sont importantes. On est dans une phase de transition, il faut repartir de zéro, la victoire de ce soir (dimanche) est un bon départ pour ce qu’il nous reste à atteindre ».

« C’est de mieux en mieux mais il faut nous laisser le temps de travailler, explique de son côté Porte avec optimisme. Nous nous sommes servis de l‘Euro l’an passé pour arriver plus fort sur ce Mondial mais on constate qu’au moment d’aborder les matches cruciaux, il nous reste beaucoup à apprendre pour être à la hauteur ». L’axe principal de progression pour la France qui, dans le creux de la vague, continue tout de même de faire partie du gotha mondial. Elle a surtout pour elle une vague de jeunes joueurs talentueux, promis à une éclosion prochaine au plus haut niveau, dont Richardson, Mem ou Fabregas sont les plus en vue. Déjà pas si gris, le ciel promet de s’éclaircir à nouveau dans les années à venir.

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