Getty Images

Nantes ou Montpellier ? Il n'en restera qu'un

Nantes ou Montpellier ? Il n'en restera qu'un

Le 26/05/2018 à 23:26Mis à jour Le 26/05/2018 à 23:58

LIGUE DES CHAMPIONS - Nantes et Montpellier, qui s’affrontent tous deux à Cologne dimanche (18h00) en finale de Ligue des champions, sont surtout, depuis quelques saisons, deux rivaux sur la scène nationale. Entre ces deux entités qui se connaissent bien, la lutte pour le titre continental s’annonce farouche.

Si l’on observe leur histoire, tout les oppose. Le plus vieux, Nantes (créé en 1953), n’a qu’un "petit" palmarès, composé de coupes nationales. Montpellier (né en 1982), lui, est l’ogre qui a dominé pendant une (très) grosse décennie le handball français, et compte, en plus de ses 13 coupes de France, de ses 10 coupes de la Ligue et de ses 14 titres de champion de France - qu’il était si proche de voir lui revenir pour la 15e fois cette saison - la seule Ligue des champions de l’histoire du hand tricolore.

C’était en 2003, avec Karabatic, Anquetil, Dinart, Omeyer, Martini et Guigou, toujours là 15 ans après, comme le coach Patrice Canayer, au CV aussi lourd que la pression qui va s’abattre sur les deux équipes à l’heure de se retrouver ce dimanche en finale.

Après la journée des exploits samedi, pour Nantes face à Paris et pour le MHB face au Vardar, ceux qui étaient venus dans la peau des outsiders vont se retrouver plus près que jamais du trophée. Et il le sera difficile de le voir repartir dans les bras d’un autre, comme à la fin d’une danse qui nous a fait tant rêver. Surtout parce qu’ils le méritent autant l’un que l’autre.

Car la dynamique s’est inversée ces dernières années, et alors que Montpellier s’est fait contester son hégémonie nationale par Paris depuis l’arrivée de QSI en 2012, Nantes, champion de deuxième division en 2008, avant son rachat par Gaël Pelletier, qui en a fait le "H" majuscule d’aujourd’hui, s’est mis à gagner de plus en plus, et de plus en plus loin, depuis 2011 et sa première qualification en Coupe d’Europe.

Etroitement liés

Depuis, HBC et MHB sont étroitement liés. Il y a cette amitié indéfectible entre Michael Guigou et l’emblématique joueur de Nantes, Rock Feliho, ou le gardien Arnaud Siffert, qui a déjà joué sous les couleurs des deux clubs, déjà. Ces confrontations à l’enjeu si important en championnat, ensuite, dont la dernière jouée dans l’Hérault, il y a dix jours, ressemblait à la dernière étape de montagne pour Montpellier (victoire 33-28) pour la course au titre. Avant Saint-Raphaël donc. L’aller déjà, avait été fondateur pour les Montpelliérains selon Anti, qui décryptait la défaite des siens (27-30) comme l’élément déclencheur de la si belle saison de Montpellier. C’était une revanche en tout cas, suite à la victoire des siens en finale de la Coupe de France en fin de saison dernière (37-32).

Alors ce dimanche, pour gagner une rencontre qui, quoi qu’il arrive sera historique, tout sera permis entre les deux meilleurs ennemis. Depuis toujours, Anti répète que "Montpellier a une culture de la gagne que nous [Nantes] n’avons pas encore parce que le club est très jeune". Un état d’esprit qu’a démontré l’ailier montpelliérain Valentin Porte après la rencontre face au Vardar où son équipe a été héroïque : "C'est beau le sport. Après le match de mardi (défaite contre Saint-Raphaël 25-26, NDLR), on avait le moral dans les chaussettes. Le coach a trouvé les bons mots pour transformer la déception en rage. On se donne le droit de gagner un titre pour récompenser notre saison". Des déclarations qui font écho aux propos de Melvyn Richardson, 21 ans et encore décisif en demi-finale : "C'est un truc de malade. On a fait un match génial, toute l'équipe a été soudée jusqu'au bout. On n'a pas douté une seule fois".

Une assurance qui se dégage aussi côté nantais, dont personne ne se doutait qu’il pourrait renverser le PSG et son effectif démentiel : "Pour nous, ce n'est pas une surprise. Le PSG a écrasé tout le monde en Europe, mais contre nous, ils ont toujours eu beaucoup de mal. On avait les dents qui rayaient le parquet", lâchait l’arrière Olivier Nyokas, après une rencontre où celui qui s’est fait marcher dessus n’était pas celui qu’on attendait.

Pour cette finale de Ligue des champions, la meilleure défense de Lidl Starligue (Montpellier), affrontera la meilleure attaque (Nantes). Deux mondes semble-t-il à l’opposé, mais que l’abnégation va rassembler dimanche. Avant que l’un soulève le trophée, et que joie et déception ne les séparent. La nouvelle page d’une rivalité qui devient petit à petit un classique.

0
0