Le hasard fait bien les choses, et ce ne sont surtout pas les joueuses du Brest Bretagne Handball ou de Metz Handball qui vous diront, du moins cette semaine, le contraire. Les clubs de l’ouest et de l’est de la France, principaux concurrents pour le titre de champion de l’Hexagone, et représentants tricolores en Ligue des champions, n’en finissent plus de voir leurs chemins comme reliés par une force invisible.
On a peut-être un destin lié, qui sait ?
En effet, les joueuses des deux entités, dont les internationales se sont croisées ou ont collaboré sous les mêmes couleurs, notamment les Françaises, tout le mois de décembre lors de l'Euro, ont démarré l’année 2021 par un choc au sommet : la réception, à la Brest Arena, de Metz. Et comme si cela ne suffisait pas, Messines et Brestoises affronteront, chacune de leur côté, un club russe (respectivement Rostov et le CSKA Moscou) ce week-end pour le compte de la 10e journée ! "Effectivement, on a peut-être un destin lié, qui sait ?", en rigole l’arrière gauche de Metz Orlane Kanor.
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Un choc qui a laissé des traces

Si l’objectif est le même, gagner, c’est dans un état d’esprit tout à fait différent que les deux clubs tricolores vont aborder ces matches. Car le choc Brest-Metz a laissé des traces. Pour la première fois, Brest s’est imposé très largement (30-19) face au club aux 23 titres de champion de France, qui a passé seulement 3 saisons à une autre place que la première depuis la saison 2007-2008. La deuxième mi-temps, remportée par 18 buts à 7 par les Brestoises, a particulièrement marqué les esprits. "Forcément, après une telle victoire, on ne peut être que sur un petit nuage", nous a ainsi confié Pauletta Foppa, pivot brestoise, le lendemain de ce succès.
Tout l’opposé de l’état d’esprit de sa partenaire en équipe de France : "C’était un match auquel on ne veut plus penser. Je ne comprends toujours pas ce qui a pu se passer, mais on essaye de trouver avec les filles et le staff la réponse pour ne pas reproduire cela". Après avoir profité d’une courte pause pendant les fêtes pour retrouver la famille et repartir sur une nouvelle année chargée, les deux joueuses ont vite replongé dans leur quotidien à trois matches par semaine, avec un choc sur la scène nationale donc, mais aussi deux rendez-vous de taille pour commencer l’année en C1.

Une coup d'accélérateur avant la pause et Brest a pu gérer face à Podravka Vegeta

D’ailleurs, Kanor et Foppa ont toutes deux utilisé le même terme au moment de décrire leur adversaire : "une équipe très complète", avec, à chaque fois, "des joueuses de talent à tous les postes". "C’est un club nouveau mais avec beaucoup de qualités et d’ambitions, il nous ressemble un peu", détaille Foppa à propos du CSKA Moscou, troisième du groupe B à trois longueurs du BBH, 2e, mais avec deux matches de moins. Et seule formation à avoir réussi à faire tomber les filles de Laurent Bezeau cette saison ! "C’est sûr qu’on a toutes un sentiment de revanche. On avait fait un match où on n’a jamais dominé, on avait été tout le temps à réaction", raconte la joueuse de 20 ans à propos de la défaite concédée en octobre dernier. "La victoire contre Metz nous a redonné un peu plus de confiance, le collectif commence à s’affirmer, si on continue comme ça je pense qu’on aura un très bel avenir ensemble", poursuit-elle.
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Une victoire ce samedi (16h), et Brest ferait une première différence dans la course aux deux premières places, directement qualificatives pour les quarts de finale, même si Foppa, qui s’est levée tôt vendredi pour prendre l’avion direction Moscou, avant de connaître, avec ses partenaires, quelques désagréments à son arrivée (voir plus bas) avoue ne pas y penser tout de suite : "Si on gagne, ça peut nous ouvrir des portes oui. Mais on pense déjà à remporter le match, et si on parvient à se qualifier directement en quart ensuite tant mieux !". Pour Metz, le calcul sera plus long. Le club mosellan, 3e du groupe A, compte trois longueurs de retard, mais deux rencontres de moins, que Bucarest, le deuxième. Comme leurs homologues brestoises, les Dragonnes avaient également perdu le match aller, chez le champion de Russie en titre et finaliste de la C1 en 2019, désormais leader avec 5 points d’avance sur les jaune et bleu.
Faire déjouer Rostov et proposer une défense homogène
Kanor fait de ce match une question d’honneur : "On a déjà perdu le match de mercredi. Metz n’a plus enchaîné deux défaites depuis un petit moment, le président (Thierry Weizman) nous l’a encore rappelé. On ne doit pas perdre et on ne perdra pas, en tout cas pas dans les conditions dans lesquelles on a pu perdre mercredi, c’est une évidence". "On connaît Rostov, on doit essayer de les faire déjouer, décrypte la joueuse originaire de Guadeloupe. Il nous faudra surtout proposer une défense homogène, qu’on y aille toutes ensembles au combat pour pouvoir contrecarrer notamment Makeeva", la pivot russe qui constituera une solide menace pour la troupe d’Emmanuel Mayonnade. Lequel vient de prolonger l'aventure dans l'Est d'un an. Un des autres danger côté russe, ce sera l'ex-icône du club, la demi-centre Grace Zaadi, qui fera, ce dimanche (16h) son retour aux Arènes de Metz : "Ca va être particulier, surtout pour elle", pense sa partenaire de la ligne arrière chez les Bleues.
Comme chaque week-end, Messines et Brestoises devraient suivre la rencontre de l’autre, mais pas dans un esprit de rivalité exacerbé, nuance Kanor : "On ne regarde pas seulement Brest ! J’aime beaucoup voir du handball, j’aime ce sport, donc quand il y a des matches de Ligue des champions, peu importe qui joue, si je connais des personnes dans l'équipe ou que c’est un adversaire direct, je regarde".

Orlane Kanor en défence face à Coralie Lassource lors du choc entre Brest et Metz (30-19) en championnat - Janvier 2021 (Crédits photo : O. Stephan/BBH)

Crédit: From Official Website

Foppa précise qu’entre Brestoises et Messines, "on échange plus sur la Ligue des champions que le championnat. Quand on se retrouve (avec l’équipe de France) à la maison du handball, on aime bien débattre sur les matches de Ligue des champions des unes et des autres, sur nos ressentis… mais c’est vrai qu’on discute moins sur le championnat". Et Kanor de conclure : "On ne parle pas trop de notre rivalité, on sait très bien que les unes ont envie de battre les autres, ça c’est une évidence, mais c’est tout". Les échanges se tariront peut-être si Metz et Brest parviennent au Final Four à Budapest, fin mai. D’ores et déjà, joueuses des deux camps se donnent déjà rendez-vous, en championnat, pour la finale, dans cette saison chamboulée par le Covid avec une nouvelle formule pour finir. "Sans oublier de penser d’abord aux matches à venir !", rappelle Orlane Kanor.
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