C’est une habitude dont le PSG se serait bien passé. Cette année, encore une fois, le club de la capitale revient de Cologne, théâtre du Final Four de la Ligue des champions, avec la médaille de bronze. C’est la quatrième fois, pour sa cinquième participation au dernier carré de la C1, que Paris atterrit sur la dernière marche du podium, après 2016 et 2018 et la deuxième fois de suite après le Final Four 2020.
C'est vrai que l'échec a fait mal, cela a été dur à encaisser. C'est toute une saison qui s'arrête d'un coup, alors que c'était faisable
Certes, ce dimanche, les joueurs de Raul Gonzalez ont démontré leur capacité de réaction en allant dominer une équipe de Nantes (28-31) désireuse de faire tomber l’octuple champion de France en titre. Mais n’allez pas demander aux Parisiens de sourire, après cette victoire, à l’image de l’ailier gauche Mathieu Grébille : "C'est sûr que ce n'est pas pour ça que l'on vient au Final Four, avouait le Français en zone mixte après la rencontre. Mais cela montre qu'à chaque fois Paris a été capable de rebondir après un échec. C'est vrai que l'échec a fait mal (la défaite face à Aalborg en demie, NDLR), cela a été dur à encaisser. C'est toute une saison qui s'arrête d'un coup, alors que c'était faisable".
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Faisable, oui. Car Paris, qui impressionne souvent en phase de groupe, ne s’est fait surprendre qu’une fois avant les demies lors des six dernières saisons et a réussi sa double confrontation face au champion d’Europe en titre Kiel lors du quart de finale cette saison, a l’effectif pour. Mikkel Hansen et Nikola Karabatic, trois fois chacun meilleurs joueurs du monde, des jeunes français prometteurs ou déjà bien installés (Remili, Prandi, Nahi, Kounkoud, Luka Karabatic), des internationaux solides (Sole, Kristopans, bien que décevant pour sa première saison) et même une bonne surprise recrutée en cours d’année (Steins), le PSG n’a pas à rougir face à des mastodontes comme Barcelone, Veszprem, Kiel ou Kielce.
Et cela depuis de nombreuses années. Mais les échecs s’accumulent, parfois d’un cheveu comme face au Vardar en 2017, et cette défaite d’un but en finale, mais trop souvent dans une position de grand favori mal gérée, comme cette année face au néophyte danois. "Il y a quand même une force de caractère dans cette équipe, s’est défendu Grébille. Maintenant, il faudrait que ce soit utile la prochaine fois pour aller chercher cette Ligue des champions. D'autres équipes galèrent aussi", explique le Parisien.
Je ne sais pas si on fait un blocage (...). Cette compétition est à part, il y a toujours des rebondissements
Veszprem, par exemple, malgré trois finales, n’a jamais réussi à soulever le titre, et Kielce n’y est parvenu qu’une fois. Mais le fait que Montpellier, un club qu’il domine sur la scène nationale depuis huit ans, ait décroché son deuxième titre européen en 2018 lors d’un Final Four qui tendait les bras aux Parisiens, montre surtout que les partenaires de Vincent Gérard, pointé du doigt avec son binôme Yann Genty dans les cages après l’élimination cette année, ne parviennent pas à prendre leur destin en main. "Je ne sais pas si on fait un blocage mais cette compétition est à part, dixit Grébille. Il y a toujours des rebondissements depuis plusieurs années".

Les frères Karabatic après la victoire du PSG sur Nantes lors de la petite finale du Final 4

Crédit: Getty Images

La Lanxess Arena, terre de surprises, ne se refuse pas non plus aux favoris, et Barcelone, qui a lui aussi connu 6 années de galère avant de reconquérir l’Europe cette année, a montré que les gros pouvaient aussi faire respecter leur statut. Sauf qu’à force de vendanger des occasions, le PSG risque de laisser passer le train de l’Histoire.
Car le groupe puissant constitué ces dernières années va vivre un grand chamboulement dans les années à venir. Hansen, légende du club, toujours à la poursuite de son premier titre dans la compétition, va partir en 2022, et Nikola Karabatic, 37 ans, qui sort d’une blessure au ligament croisé cette saison, ne va pas durer éternellement. En plus du départ de Viran Morros, Dylan Nahi, auteur de plusieurs prestations de grande classe offensivement cette saison, va faire ses valises, pour Kielce, cet été. Il pourrait être rejoint par Nedim Remili et Benoit Kounkoud dans un an, tandis que le départ de Vincent Gérard à Saint-Raphael en 2022 est acté.
Une page va se tourner et c’est désormais une dernière chance qui se présente à ce groupe, bien déterminé à en profiter : "Il faut garder en mémoire cet échec pour la saison prochaine", a réagi Luc Steins, le demi-centre Néerlandais. En écho, Grébillle a lui aussi voulu sonner la révolte : "Ce n'est jamais fini ! Cette compétition est incroyable à vivre parce qu'il peut tout se passer". Et Paris aimerait, qu’enfin, elle réalise son rêve le plus fou.
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