Par Kevin Domas

Après presque un an éloigné des terrains, à chercher la solution à ses problèmes de genou, Eduardo Gurbindo remonte à la surface, petit à petit. Quelques minutes par ci, deux ou trois buts par là, le gaucher empile les petites victoires, match après match. Et la coqueluche de Beaulieu savoure son plaisir de retrouver des terrains dont elle a été si longtemps éloignée. “Le petit défi, pour moi, était de pouvoir enchainer les matchs sans douleur. Pour l’instant, tout va bien, alors on continue d’avancer” dit-il pudiquement, alors qu’on sent que moins on parle de ces soucis, mieux c’est. On tente quand même de lui demander si, dans un coin de sa tête, ce retour au Palau Blaugrana avait servi d’objectif à atteindre pendant ses longs mois de rééducation, mais lui balaye l’argument avec une vigueur qu’on ne lui connaissait pas : “Honnêtement, en ce moment, je m’en fous que je joue Zagreb, Istres ou Barcelone. L’essentiel, pour moi, c’est de reprendre du plaisir, de retrouver mes sensations.”

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Barcelone, des souvenirs à la pelle

Si la blessure, moins on en parle, mieux c’est, ce retour à Barcelone en revanche reste forcément un moment spécial pour Eduardo Gurbindo. Le natif de Pampelune a passé quatre ans sous le maillot blaugrana, de 2012 à 2016, faisant partie de cette équipe folle qui a régné en maitre sur le monde lors de la saison 2014/15. Six trophées en autant de compétitions disputées, dont la Champions League et le Super Globe, en passant par les quatre trophées domestiques, personne n’a encore fait mieux. “Même quand j’y repense, c’est incroyable. On avait une équipe folle, avec Nikola Karabatic, certains des meilleurs joueurs du monde. Mais les meilleurs souvenirs, ce sont les anecdotes quotidiennes, des trucs qu’il faut avoir vécu pour savoir de quoi on parle. Cette saison, c’est un des moments magiques d’une carrière” se souvient le gaucher.

Eduardo Gurbindo

Crédit: Getty Images

Mais la saison suivante, les pistes se brouillent. Le recrutement de Marko Kopljar pousse “Gurbi” sur l’aile, et si celui-ci prend cette nouvelle donne comme “une opportunité de m’améliorer dans un secteur différent, pendant une saison particulière”, le Navarrais quittera la Catalogne l’été suivant. Et le HBC Nantes, qui avait déjà sauté sur plusieurs opportunités hispaniques les saisons précédentes, flaire le bon coup. “Quand je le fais venir à Nantes, je me souviens avoir beaucoup insisté avec son agent sur ma volonté de remettre Eduardo à ce qui était, selon moi, son vrai poste. Il n’a jamais été un gros shooteur, même si je l’ai incité à le devenir un peu plus. Je lui avait même acheté des ballons lestés pour lui faire croire qu’il allait tirer plus fort !” se souvient Thierry Anti, son entraineur à Nantes pendant trois ans. Qui ne tarit pas d’éloge sur son ancien joueur : “Il est d’une intelligence rare, il un QI handball très élevé. Bosser avec lui, c’était un régal.”

Une adaptation à la vitesse grand V

Sur les bords de l’Erdre, Eduardo Gurbindo va, encore, monter en gamme. Son adaptation à une nouvelle culture se fait en un clin d’oeil, avec l’aide de ses compatriotes déjà présents sous le maillot du H tandis que, sur le terrain, son association avec Nicolas Claire fait fureur. Valero Rivera et David Balaguer, deux joueurs passés eux aussi sous le maillot barcelonais par le passé, lui servent de guide. “Quand tu vois l’évolution de ces deux joueurs, avec celle d’Alberto, dans le club de Nantes, quand tu y signes, tu as moins peur. J’ai parlé avec Valero au moment de venir à Nantes, il ne m’a dit que du bien. Et une fois que tu as un ou deux Espagnols installés, ça facilite le mouvement pour les suivants” sourit-il.

Et c’est aidé par ses compatriotes, entre autres, que Gurbindo a remonté la pente, dans une dernière année qui l’a vu osciller entre espoir et désespoir. Avant qu’il ne voie la lumière au bout du tunnel en ce début 2021, sous la forme d’un retour réussi sur les parquets. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, Gurbi deviendra papa dans quelques semaines. Encore un nouveau défi pour celui qui en a surmonté un paquet ces derniers temps. “Ca va changer ma vie ! On a essayé de tout bien préparer mais bon, c’est notre premier et je crois que maman est plus prête que moi !” rigole-t-il. Heureux, tout simplement.

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