Par Kevin Domas
“Le maitre-mot de cette saison, c’est l’adaptabilité.” La phrase est signée Franck Maurice, l’entraineur de l’USAM Nîmes Gard, et elle résume bien le dilemme face auquel lui et ses confrères entraineurs se trouvent. A peine quatre jours après la finale du Championnat du monde, les clubs européens sont de nouveau sur le pont, et les Français ne font pas exception. Nantes en Champions League ce jeudi, Paris samedi à Szeged, l’EHF a tenu à ce que les clubs rattrapent le retard accumulé en première partie de saison, et a mis tout le monde en marche forcée. Ignorant l’avis des joueurs et des clubs, qui auraient aimé une adaptation plus souple du calendrier.
“A un moment, il va falloir qu’on soit sage et qu’on s’adapte. Certes, c’est une année particulière, mais il ne faut pas faire n’importe quoi”, pestait le capitaine de l’équipe de France Michaël Guigou, dimanche dernier. La fédération européenne a imposé que toutes les rencontres des phases de groupe de la Champions League et de l’European League soient terminées avant le début du mois de mars, la date de fin prévue. Sous peine de points de pénalité.
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En conséquence, tous les clubs ou presque vont devoir jouer trois fois par semaine au moins une fois dans le mois à venir. “A un moment, on frise la folie, en deux semaines, certains joueurs vont avoir huit matches en deux semaines. En fait, c’est comme un championnat du monde, mais avec les voyages en plus”, continue Franck Maurice.

La réserve sur certains matches ? Pas une option

Alors, il va falloir composer. Et, surtout, ne pas commencer à penser à ce qu’il va se passer demain. “Je ne sais pas ce que je vais faire comme séance cet après-midi, alors dans dix jours… L’équation est la suivante : j’ai quatre matches dans les huit prochains jours, je dois tous les gagner. A moi de me débrouiller” sourit Patrice Canayer. Mettre les joueurs au repos quelques jours de plus cette semaine ? C’est ce que le Paris Saint-Germain a réussi à faire, grattant deux jours grâce au report de son match prévu à Chambéry samedi.
Envoyer une équipe réserve certains soirs ? Ca, les clubs français s’y refusent. D’autant plus que des inconnues demeurent. “On ne sait pas quelle va être la position de l’EHF sur les matchs que ne pourront pas être joués, et donc l’impact sur le classement. Une chose est sûre, on défendra nos intérêts”, explique Thierry Omeyer, le manager général du Paris Saint-Germain. Dans l’obscurité, les clubs vont donc avancer tête baissée, prêts à empiler les matchs jusqu’à la nausée.
Mais quand on voit que, déjà, le Paris Saint-Germain a vu sa rencontre prévue à Elverum la semaine prochaine reportée à cause de quarantaine obligatoire à l’arrivée en Norvège, on se dit que le schéma mis en place par l’EHF, ou plutôt imposé aux clubs par l’EHF, risque bien de ne pas faire long feu. “On voit qu’il nous reste deux matches à reprogrammer avant début mars [les déplacements à Skopje et Elverum, ndlr] et qu’on joue trois fois par semaine, je me dis que ça va être très compliqué de tout boucler” continue Omeyer.
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Priorité sera donc donnée au repos et à la récupération, physique comme psychologique. Pour des joueurs qui ont eu un programme aussi chargé depuis la fin décembre, replonger aussi vite dans le bain, à un rythme aussi soutenu, menace les organismes. Mais aussi les têtes.“On est cloitré depuis le 27 décembre à l’hôtel. C’est beau, mais ce n’est pas facile à vivre. Quand on revient à la maison, on prend une claque dans la tête. Quelle va être notre capacité à rebondir de suite ?” s’interroge le Montpelliérain Valentin Porte. Lui, comme ses collègues mondialistes, n’auront pas forcément de temps à accorder à l’entrainement, et enchaineront matchs, voyages et séances de récupération quasiment exclusivement. “Il va falloir, via notre staff technique et médical, accompagner les joueurs de manière individuelle pour prévenir les blessures. Qui dit plus de fatigue, dit plus de risque, et donc plus de prévention. Si les joueurs vont être très sollicités, les kinés vont l’être tout autant !” appuie Thierry Omeyer.

Les "petits" ne veulent pas être lésés

La Ligue Nationale de Handball, si elle a choisi de programmer des matches dès cette semaine, et même dès jeudi, a en revanche pris une décision forte : aucune des rencontres reportées en première partie de saison ne sera jouée avant le tournoi de qualification olympique, prévu à la mi-mars. Car le calendrier n’est pas extensible et, paramètre également important à prendre en compte, tout le monde doit être satisfait, y compris les non-européens.
“Je suis prêt à aider les clubs européens, mais il va falloir être attentif à l’équité du championnat et à ce que les “petits clubs” ne soient pas la variable d’ajustement du championnat. Faire des efforts, aucun souci, mais quelle contrepartie avons-nous en retour ?” prévient Pascal Léandri, le directeur sportif de l’US Ivry. Lui aussi aurait du voir Linus Persson jouer ce jeudi, à Cesson, trois jours après la finale du Mondial. Le Suédois sera finalement absent pour cause de blessure. Mais le problème reste finalement identique : le calendrier des clubs européens sur cette deuxième partie de saison rime avec overdose de handball. Mais entre matches reportés et adaptation du calendrier, même les non-européens ne seront pas épargnés.
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